BHL, candidat prophète

by Claude Berger on septembre 30, 2016

Bernard-Henri Lévy (photo : Olivier Roller)

Interviewé sur son essai L’esprit du judaïsme, Bernard-Henri Lévy a tenu des propos qui méritent d’être relevés ;  Laurent Fabius mis en cause puis innocenté dans l’affaire du sang contaminé ? Dominique Strauss-Kahn dans l’affaire du Sofitel ? Selon lui, des pièges possibles mâtinés d’antisémitisme ! Au vu de sa carrière, il ne semblait pas que Laurent Fabius ait subi des attaques antisémites à l’instar des Juifs qui vivent à Sarcelles. De même l’image donnée par  Strauss-Kahn dans d’autres affaires hôtelières n’avait nul besoin d’antisémitisme pour être dégradée, lui qui n’avait sans doute pas lu  La femme et le socialisme d’Auguste Bebel et moins encore son analyse de la prostitution « nécessaire » à la société capitaliste, marchande et « bourgeoise ».

On ne savait pas non plus que Spinoza méritait de se voir refuser un certificat de judéité par le « grand maître » alors que Théodore Herzl  déclarait à propos de Moses Hess, l’auteur « si oublié » de Rome et Jérusalem, qu’il était le « plus grand penseur juif depuis Spinoza » ! Mais  ces propos déplacés ne sont que les révélateurs d’un escamotage de la pensée déjà à l’œuvre avec une prétention inégalée dans ses écrits précédents.

A l’été 2008, la revue Le Meilleur des mondes publiait (dans son numéro 8), un article de Bernard-Henri Lévy intitulé Athènes, Rome et Jérusalem, aux sources de la pensée occidentale. Il y tenait déjà des propos consternants sur l’antisémitisme.

D’un seul trait, il y dédouanait la chrétienté de toute implication dans le façonnement des idéologies qui ont fomenté puis accompli l’extermination des Juifs, ne serait-ce que par un conditionnement propice à la pensée d’une solution finale et cela, autant dans l’histoire passée que dans ses fondements idéologiques. Mieux, dans le but de préserver la chrétienté, il en venait à affirmer que le malheur serait arrivé par une insuffisance de christianisation !

« On dit, on répète, que le christianisme, et, principalement le catholicisme ont pavé la voie du nazisme et acclimaté ses énoncés. Eh bien, je ne crois pas cela. […] il faut se résoudre à l’idée que le nazisme n’a été possible, au contraire, que dans une Europe et dans un pays qui avaient été […] mal labourés par le christianisme » (p.13).

Ces propos défient la vérité historique et toute analyse sérieuse. Jules Isaac, Poliakov ? Connais-pas ! Et l’ignorance ou le rejet ne tenaient pas du seul désir d’occuper la scène médiatisée du moment. Dix ans plus tôt, BHL les tenait à l’identique dans Le Testament de Dieu (p.165) Martelés avec constance, ils témoignent en quelle que sorte d’une « idéologie française » fabriquée par la marque BHL.

« L’idée d’extermination, qu’on le veuille ou non était proprement impensable, voire sacrilège, dans un univers monothéiste où l’Alliance nouvelle succédait à l’Alliance  ancienne,: elle devient possible, pensable, raisonnable, scientifique peut-être, dans le monde déchristianisé et voué aux grandes régressions païennes. » (p.130)

Le but est transparent. Il s’agit  de célébrer une « nouvelle alliance » entre Rome et Jérusalem par une réunion œcuménique, sous anesthésie, en occultant l’évidence, à savoir que la chrétienté fut « sûre d’elle-même et dominatrice » à l’égard du judaïsme… au moins jusqu’à Vatican II et qu’une réunion entre « amis » réconciliés ne saurait dispenser d’une mise à jour des différences hors de tout escamotage destiné à bricoler un « judéo-christianisme » qui a surtout brillé par la guerre de Rome contre Jérusalem. Il s’agit encore de faire reposer la Shoah sur une alliance de la pensée grecque et du paganisme et de ranger ainsi Rome du côté des victimes avec les juifs persécutés. Jules  Isaac qui savait, lui, de quoi il parlait, écrivait :

« Cette tradition reçue, enseignée depuis des centaines et des centaines d’années par des milliers et des milliers de voix était dans le monde chrétien comme la source première et permanente de l’antisémitisme, comme la souche puissante, séculaire, sur laquelle toutes les autres variétés étaient venues se greffer. » (Genèse de l’antisémitisme, p.337).

A cette affirmation de Jules Isaac : « Toutes les autres variétés » ne font que « se greffer » sur la matrice première. Léon Poliakov apportera sa méthode :

« On croit deviner les raisons pour lesquelles l’érudition du XXème siècle préfère se taire sur les diatribes anti-juives d’un Voltaire ou d’un Kant, d’un Proudhon ou d’un Marx. On peut […] se demander s’ils n’expriment pas une orientation essentielle de la pensée occidentale »

Et d’ajouter :

« C‘est à la théologie […] que revient le rôle primordial (celui d’une infrastructure si l’on veut) dans les mutations de gauche et de droite de l’antisémitisme » (Histoire de l’antisémitisme, avertissement, tome 3).

Les mots sont dits : théologie et mutations de droite et de gauche.

Théologie d’abord. La matrice culturelle chrétienne a formaté l’Europe sur les décombres de l’empire carolingien en répondant à sa façon aux questions qui se posent à toute société : son origine, ses règles de vie, ses codes, sa morale, la parentalité et l’encadrement de la sexualité et de la reproduction, tout comme la gestion de l’affectivité et de la spiritualité.

Pour décrypter les effets de cette matrice, Poliakov s’imposera

« avec précaution, et en évitant autant que possible tout dogmatisme, d’éclairer l’histoire de la société occidentale par la psychologie des profondeurs, car l’outil forgé par Freud, aussi imparfait qu’il soit, permet certainement mieux que tout autre d’explorer les fondements inconscients des croyances collectives. » (Le mythe aryen, introduction).

Pour illustrer sa pseudo-thèse, BHL sera contraint de se livrer à des mystifications : silence pudique sur l’inquisition et la torture instituée dans ses tribunaux par l’Eglise, silence sur les persécutions permanentes du Moyen Âge chrétien depuis cette année 1096, date de la première croisade. Silence sur les expulsions des Juifs d’Angleterre, du royaume de France de 1394 à 1791 (près de quatre siècles !), d’Espagne pour des motifs essentiellement religieux. A tel point que Joseph ha-Cohen, médecin juif d’Avignon qui recense, dès le XVe siècle, le martyrologue continu et non pas discontinu du peuple juif, note, dans son ouvrage, La vallée des larmes, à propos des croisades de 1096 que les Juifs

« virent se lever contre eux cette populace d’Allemagne et de France […] Elle disait : Vengeons notre Sauveur sur les Juifs, exterminons-les d’entre les peuples » (p.14).

Omission des massacres de Juifs lors de l’épidémie de la peste noire, des exécutions pour profanations d’hosties, pour meurtres rituels, omission des mêmes fantasmes commis  en Pologne à Kielce en 1946 ou des rumeurs d’enlèvements de femmes à Orléans, à Amiens après la Shoah, signe que l’inconscient culturel fonctionne encore et que  l’histoire des Juifs  jalonnée «  d’affaires », celles de Mortara, de Beilis, de Dreyfus, du complot des sages de Sion, du complot des blouses blanches inoculant le « poison » à défaut de peste,  n’est pas le fruit unique « des énoncés du nazisme » façon BHL mais une histoire de l’Occident !

Pour asseoir son propos partial,  BHL évoquera l’attitude conciliante de Luther en oubliant qu’elle ne dura pas et fut suivie d’une hargne sans concession à tel point que Poliakov le classe parmi les « pourfendeurs de Juifs » (Histoire de l’antisémitisme, du Christ aux Juifs de cour, p170) et rapporte que Luther le 31 décembre 1539, annonce à ses amis : « Je ne peux pas convertir les Juifs. Notre Seigneur le Christ n’y a pas réussi : mais je peux leur fermer le bec, de manière qu’il ne leur restera qu’à rester étendus  par terre ». « Trois années plus tard, ajoute Poliakov, il mettait ses projets à exécution ».

Curieusement BHL oublie de mentionner que Calvin et ses successeurs  à Genève optèrent pour une attitude conciliante avec le peuple du Livre dans la lignée du mouvement de la Renaissance qui opérait un double retour de civilisation vers la Grèce antique et la Bible contre l’Eglise catholique. Mouvement illustré en France par Claude d’Urfé dont son château de la Batie d’Urfé  matérialisait le propos humaniste en mêlant statues antiques et Psaumes de David sur les murs de son palais et de sa chapelle.

Autre abus d’écriture de BHL, sa référence élogieuse à Chrétien de Troyes, littérateur de talent et sans doute Juif converti,  oublie son propos théorique. Dans  son Roman du Graal popularisant la mythologie chrétienne, il écrit : « C’est vérité qu’il fut Dieu et homme, que la Vierge enfanta un fils conçu par le Saint-Esprit. » et, en conséquence, il ajoute : « Les mauvais Juifs dans leur haine – on devrait les tuer comme des chiens – firent leur mal et notre bien quand ils le mirent en croix ».

Utilité de la méthode de Poliakov : la projection  à l’origine et au ciel du  couple de la Mère vierge et du fils pur offre l’image d’un inceste céleste  qui place l’acte de chair et le Juif du côté de Satan. « Vous avez en vous les désirs du père et votre père, c’est le diable » est-il écrit dans Jean (8) à l’intention des Juifs.  Le Juif, exclu de la scène originelle, sujet d’un meurtre symbolique du père est donc à l’origine de la chute, il est ainsi déclaré dans les Épîtres de Paul, « ennemi du genre humain, hostile à Dieu ». Il est donc étranger, sale et visqueux comme le sperme du père hors du ventre de la mère, et il complote pour rétablir le pouvoir et le désir du père. Il est donc souhaitable d’éradiquer les Juifs « comme des chiens ». Ce dogme de la mère vierge et du fils pur a pour effet d’engendrer une pulsion de mort contre le Juif et chacun sait que le crime procure un plaisir au criminel qui satisfait là sa motivation inconsciente. Cela vaut aussi pour les crimes contre les Juifs qu’ils fussent commis de façon « artisanale » et pogromiste ou « industrielle » et « étatique ». Bien entendu cet aspect mortifère est contradictoire à l’aspect compassionnel et charitable qui se dégage de la même matrice culturelle chrétienne. Levinas dont BHL se réclame, a vécu cette contradiction  sans la théoriser pour une raison simple qu’il résume ainsi :

« Je dois la vie de ma petite famille à un monastère où mon épouse et ma fille furent sauvées […] Ce que je dois dépasse la gratitude, la reconnaissance va bien plus loin. » (A l’heure des Nations, p.191).

Ce qui ne l’empêchait pas a contrario de BHL de reconnaître, pour le déplorer, même avec regret, la prégnance de l’autre face et de ses effets en constatant :

« Le fait que tous ceux qui participèrent à la Shoah avaient reçu dans leur enfance le baptême catholique ou protestant : ils n’y trouvèrent pas d’interdits ! » (p.190)

Cette équation – le Juif à l’origine de la chute, le Juif sale et étranger, le Juif comploteur, le Juif qu’il faut éradiquer – se retrouve dans tous les antisémitismes et autres théories du complot  passés et actuels. C’est cette équation  sécularisée que Poliakov retrouve chez Voltaire qui qualifie les Juifs de « souillure », souhaite les expédier en Inde et regrette que les Romains ne les aient pas tous tués. (Des conspirations contre les peuples, celle des Juifs sous Trajan).

Donc contrairement au propos de BHL, ce n’est pas parce que Voltaire en veut aux Juifs de ne pas être grecs qu’il les hait mais bien parce qu’il sécularise la matrice culturelle chrétienne qui l’a vu naître et c’est cette sécularisation qui sera transmise par mutation chez Marx (« rendre le Juif impossible »),  chez Proudhon (« les exterminer ou les renvoyer en Asie »), chez Bakounine (« dissoudre ce peuple sangsue ») , et à droite chez les chrétiens germaniques précocement dénoncés par un Moses Hess visionnaire.

Cette même trame se retrouve chez les nationaux-socialistes et chez Hitler qui écrit dans Mein Kampf :

« Le juif […] est et demeure le parasite-type […] Il empoisonne le sang des autres »

Et dans le même ouvrage, il se vantait de continuer le combat du Christ :

« C’est pourquoi je crois agir selon l’esprit du Tout-Puissant, notre créateur, car en me défendant contre le Juif, je combats pour défendre l’oeuvre du Seigneur. » 

Le Coran n’altérera pas ce schéma parental initial (Mahomet épouse une femme qui pourrait être sa mère) et maintiendra les mêmes quatre thèmes antisémites nés de la matrice culturelle chrétienne. On les retrouvera par ailleurs tels quels dans les discours d’Ahmadinejab , de Rohani ou dans les propos de Mikis Théodorakis qui avait décrété que les Juifs étaient « à la racine du mal » !

Là encore, BHL emploie une formule mystificatrice lorsqu’il évoque « un islam des Lumières » opposé à l’islamisme. Or il n’y a pas de frontière hermétique entre les deux islams surtout lorsque l’hégémonie sociétale assurée par l’islam traditionnel s’effondre avec la mondialisation du marché du travail.

Le choix, on peut le regretter, dans les pays musulmans, oscille entre une dictature islamiste et une dictature militaire incarnant l’hégémonie sociale par la force. L’islam, tout comme la chrétienté du Moyen Âge recourant à l’inquisition face à la naissance du marché du travail, s’effraie de la liberté soudaine de circulation des femmes dans les économies modernes globalisées et réagit à son tour par la violence, par crainte de sa propre disparition. Faire tomber les dictateurs, c’est presque à coup sur tendre le pouvoir aux islamistes.

Ne pas l’avoir su pour BHL en Libye ne l’autorise pas à se prendre pour un double du prophète Jonas ou pour un Juif répondant à la morale et au devoir de la pensée de Jérusalem de secourir Ninive. N’est pas Jonas qui veut et par autoproclamation.

Encore que Jonas qui rechigne n’est pas Isaïe qui déclare d’emblée que la maison de prières sera une maison pour toutes les nations. BHL n’est pas plus en droit de présenter un esprit du judaïsme qui n’est en fait que son détournement vers un judéo-christianisme réducteur du judaïsme. Certes le judaïsme se doit de sortir du ghetto où l’avait placé la persécution et se doit d’affirmer une spiritualité non totalitaire et pour laquelle le commentaire, et non le dogme, est la règle.

Première règle, le judaïsme ne projette pas de schéma familial à l’origine et au ciel qui soit source de dogmes. Dieu a le statut de l’infini, de l’intemporel et de l’inimaginable. Il répond à l’interrogation d’Einstein : l’incompréhensible, c’est que le monde soit compréhensible. Les ancêtres hébraïques n’ont rien de divin, des êtres en quête de justice et de morale.

Autre principe essentiel : « J’ai placé devant vous la vie et la mort vous choisirez la vie ». Cette parole  est un acte de naissance de la psychanalyse qui reprend à son compte les  niveaux de lecture des textes selon la Cabale, le littéral, le symbolique, le commentaire par association et le décryptage du sens caché. Là encore BHL, confondant Juif de naissance,  judéité et philosophie du judaïsme n’intègre pas Freud dans la maison du judaïsme ni dans la critique de l’Eglise théologique et historique.

Autre principe : « Vous serez un peuple de saints et de prêtres » ! Ce qui n’autorise aucun Juif à justifier ses erreurs ni à tirer le judaïsme vers ce qui fut une maladie du monde occidental. Le judaïsme se doit de réaffirmer son mode de pensée et non se contenter de dénoncer l’antisémitisme, d’affirmer donc une spiritualité sans dogmes et son vœu que les chemins des peuples convergent vers un même univers messianique de fin de toutes formes d’esclavage.

Nice : la niaiserie officielle

by Claude Berger on juillet 29, 2016

Dessin signé Mesia, publié sur Twitter suite à l'attentat de Nice (détail)

Article publié par l’agence Menapress le 26 juillet 2016.

« Il s’est radicalisé très récemment et très rapidement »… c’est la nouvelle niaiserie offerte par le Ministre de l’Intérieur et répétée à longueur d’onde à propos du criminel islamiste de Nice.

Autrement dit, badauds et futurs électeurs, la conclusion s’impose : vos dirigeants, Cazeneuve, Hollande, Valls sont hors de cause, il était impossible de prévoir le passage à l’acte de quelqu’un qui n’était pas fiché et qui selon un fidèle « ne fréquentait pas la mosquée et ne suivait pas le ramadan » !

Autre conséquence, il faut donc vous habituer, Français,  à votre sort de cibles permanentes, à domicile comme pour le couple de Magnanville ou dans vos festivités comme celle du 14 juillet !

En vérité, ce propos du ministre est révélateur de l’aveuglement de la pensée des dirigeants politiques  face à l’islam et à l’islamisme et  face au terrorisme qui s’en réclame. D’une part, même repérés par les services de renseignements, les terroristes islamistes qui ont sévi à Toulouse, à Paris, à Bruxelles ont pu circuler sans problème et opérer à leur guise. D’autre part, on ne peut plus faire « comme si » il n’y avait pas de problème avec l’islam confronté avec l’extension mondiale du marché du travail.

Un marché qui implique notamment une liberté de circulation des femmes et la perte de la mainmise religieuse sur l’hégémonie sociale au profit de l’Etat républicain. Les bombardements ciblés sur Daesh ne règlent pas le problème du basculement des cités à forte implantation musulmane dans la marginalisation insurrectionnelle d’une partie des populations nourries de l’islam.

Ce problème est mondial et concerne également tous les pays musulmans. Ne pas avoir vu ce phénomène témoigne de l’aveuglement qui a présidé à l’importation massive de mains d’œuvre sans tenir compte des matrices culturelles qui les ont formatées.

Or nos sociétés sont fondées sur la transformation du travail en marchandises sur un marché concurrentiel. L’oublier, l’ignorer c’est aller droit vers une crise du salariat par le surnombre sur ce marché et c’est provoquer les crises identitaires non seulement chez les nations importatrices mais aussi chez les populations migrantes. A terme c’est semer les germes d’une guerre civile. Le discours anti-islamophobe ou anti-amalgame veut taire ce conflit et ne fait que servir la cause de l’islamisme.

Il est temps de reconquérir les territoires perdus de la République en démantelant les contre-cultures islamistes qui s’y sont développées. On ne saurait oublier de ce point de vue qu’avant de devenir compatible avec la République, l’Eglise inquisitoriale  dut subir la contrainte révolutionnaire et la lutte anticléricale puis, après la seconde guerre mondiale , faire un travail sur elle-même pour se démarquer d’un antijudaïsme ayant pu alimenter l’antisémitisme exterminateur.

L’islam repose également sur un dogme clivant : Mahomet est le Prophète et ne pas y croire rejette du côté des mécréants. S’ensuit une obligation de convertir l’univers.

Mais le schéma parental et sexuel sous-jacent resté sans analyse implique une oppression des femmes et une pulsion de mort dirigée contre les Juifs et des chrétiens. Pulsion qui trouve sa jouissance dans la mort des mécréants. Soumettre la volonté de spiritualité et de morale affichée dans l’islam à l’instar des autres religions mais contredite par la violence, à une mise sur le divan est une nécessité. Introduire la critique de cette violence conquérante dans les lieux d’éducation est un devoir.

D’autant que les matrices culturelles  ne façonnent pas qu’un islam rituel qui peut se radicaliser par le littéralisme , elles façonnent également un islam culturel qui lui aussi se radicalise, ce que semble ignorer le ministre. Aucun des tueurs des différents attentats n’était expert en commentaire coranique ! Cet islamisme culturel opère sur le sol français, il est dans l’air que respirent nos jeunes. Il est dans la haine de la culture française. Il se diffuse dès le plus jeune âge peu ou prou dans ce qui se transmet par l’inconscient culturel. Or il n’y a pas de frontière hermétique entre l’islam dit modéré et l’islamisme qui se veut violent.

Un autre combat est à mener : en finir avec le marché du travail qui fait sans cesse appel d’air de migrants qui ne sont pas seulement des « migrants économiques » mais des migrants culturels. Rappel : en 2015 , sur une embarcation chargée de cent douze migrants et menaçant de sombrer, une quinzaine de musulmans jettent douze chrétiens à la mer.

Il reste donc à inventer une société associative qui programme la fin du salariat. Or la gauche, longtemps adepte du capitalisme d’Etat donc du salariat d’Etat, s’est ralliée pour moitié au salariat libéral et à l’illusion d’une meilleure distribution dans l’ignorance des cultures fussent-elles mortifères. C’est le second volet de l’aveuglement.

Unesco : le vote de la honte

by Claude Berger on mai 4, 2016

Mur des lamentations

Le 16 avril dernier, la France représentée par Laurent Stefanini a voté à l’Unesco une résolution proposée par l’Algérie, l’Egypte, le Liban, le Maroc, Oman, le Qatar, le Soudan. Elle proclamait, sans nuance, le seul caractère musulman du site de la mosquée Al-Aqsa. Ce site repose pourtant sur le Mont du Temple, celui de Salomon, et domine le Mur dit des Lamentations où les Juifs n’ont jamais cessé de prier depuis près de deux mille ans, de la destruction du Temple en 70 jusqu’à nos jours.

Cette résolution n’obéit qu’à un seul but : transformer Israël en puissance colonisatrice « étrangère » qui serait donc illégitime, diaboliser son existence et entretenir le désir de son éradication. Ce négationnisme de la culture juive et du lien continu des Juifs avec la terre d’Israël est le pendant obligé de l’antisémitisme qui n’accorde aucune place aux Juifs dans les pays de la dispersion. A l’antisémitisme qui a œuvré dans le passé, succède et quelques fois s’adjoint celui qui œuvre dans le présent et qui se nourrit de l’islamisme quand ce n’est pas du gauchisme, un gauchisme qui n’a jamais mesuré les effets de l’antisémitisme des pères fondateurs de la gauche, Marx, Proudhon, Bakounine, Fourier sur sa propre mythologie. On passe ainsi du peuple de trop à pays de trop et inversement. Ce n’est pas tant le nombre des attentats et des actes antisémites commis en France qui mine les Israélites de l’Hexagone, que ce sentiment d’une nouvelle exclusion qui les ostracise comme représentants d’un Etat étranger et les pousse vers la sortie.

Une fois déposées les lunettes de la diabolisation d’Israël et des Juifs, c’est l’islamisme naissant qui en 1947 se révèle la source du conflit israélo- palestinien. Dirigé par le Mufti proche d’Hitler – qui sera épargné par la France d’une arrestation par la Grande Bretagne- le camp palestinien obnubilé par le seul refus islamique d’un Etat juif rejette tout partage et ne songe même pas à construire son Etat dans la partie qui lui est dévolue et qui sera occupée par les Jordaniens vingt ans durant. L’ensemble des media convertis à la diabolisation d’Israël participera à la manipulation des opinions publiques par une sémantique appropriée. On ne parlera plus de Judée et de Samarie mais de « Cisjordanie ». On évoquera des territoires occupés et non pas disputés, pour cacher que ces territoires ont été repris, en 1967, par Israël aux Jordaniens, qui les occupaient depuis 1948. Et que la ligne dite de 67 correspond à une ligne de cessez-le-feu et non pas à une frontière négociée entre Israéliens et Palestiniens. Dans le même temps, les Juifs étaient chassés des pays musulmans suite aux défaites des armées arabes à l’issue des guerres de 1948 et de 1967, dont l’unique but était d’éradiquer le nouvel État d’Israël. Israël dont 20% de la population est arabe est donc confronté à l’islamisme depuis sa création mais fait nouveau la France est désormais elle aussi confrontée au même islamisme que ce soit celui de Daesch, celui qui fait trembler l’Afrique ou celui qui s’agite dans les cités assassines. Un islamisme porté à la négation de l’autre. Ménager l’islamisme aux portes d’Israël et maintenant aux portes de l’Egypte et prétendre le combattre ici témoigne d’une faiblesse, d’un aveuglement ou pire d’une lâcheté. Le vote de la résolution de l’Unesco, ce vote de la honte, a été commis au nom du peuple français et ne fait qu’alimenter l’idéologie islamiste, chiite ou sunnite, qui ne connait pas de frontières. Tant que la France ne changera pas de politique à l’égard d’Israël, on peut légitimement douter du bien-fondé de son action pour la sécurité des Français, Juifs ou non, désormais confrontés au même terrorisme que les Israéliens.

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Le délit d’antisionisme, crime contre l’humanité ?

by Claude Berger on février 7, 2016

Manuel Valls

Article publié par l’agence Menapress le 3 février 2016.

Manuel Valls, le Premier ministre français, s’efforce de rassurer la communauté juive et ceux qui, en dehors d’elle, s’inquiètent de la banalisation de l’antisémitisme et de l’augmentation des agressions antijuives. Mais le Premier ministre n’a pas vu que la donne a changé : si l’antisémitisme identitaire se conjuguait jusqu’ici avec l’islamisme, l’islamo-gauchisme et le vieux tiers-mondisme pour nourrir l’antisionisme, c’est désormais la diabolisation d’Israël et l’antisionisme qui nourrissent l’antisémitisme, faisant des Juifs des représentants d’un pays étranger, voire « illégitime », qui n’auraient pas leur place ici.

A tel point qu’il devient méritoire d’afficher en public une simple évocation positive d’Israël, un pays confronté à l’islamisme depuis l’origine de son existence. Alors qu’auparavant, après la Shoah et la culpabilisation des propos antisémites, on a évolué inconsciemment de peuple de trop à pays de trop pour condamner Israël ; on passe désormais de pays de trop à peuple de trop pour ostraciser les Juifs. Ce n’est pas tant le nombre des attentats et d’actes antisémites commis en France qui mine les Israélites de l’Hexagone, que ce sentiment d’une nouvelle exclusion qui les met en porte-à-faux et les pousse à partir.

M. Valls n’a sans doute pas remarqué que c’est son propre gouvernement, encadré par ses mouvances de gauche, qui mène une stratégie de diabolisation d’Israël en ne s’opposant pas à des démarches caricaturalement hostiles à l’État hébreu, auprès de l’UNESCO ou au sein de l’ONU. Des démarches  allant jusqu’à islamiser des sites historiques juifs dans le seul but de faire porter la responsabilité du conflit par Israël,   accusé « d’occupation » et de « répression » de façon à l’assimiler à un État colonial et partant, illégitime.

L’ensemble des media convertis à la même obédience participe à la manipulation des opinions publiques par une sémantique appropriée. On ne parle plus de Judée et de Samarie mais de « Cisjordanie ». On évoque des territoires occupés et non pas disputés, pour cacher que ces territoires ont été repris, en 1967, par Israël aux Jordaniens, qui les occupaient depuis 1948.

Initialement destinés par l’ONU, en novembre 1947, à l’installation de deux pays, les forces arabes et les Arabes de Palestine, obnubilés par leur seul refus d’un État juif, n’ont jamais songé à y constituer le leur, pendant que les « territoires » étaient occupés, vingt ans durant, par les Jordaniens.

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Marx, Mahomet et l’islamo-gauchisme

by Claude Berger on décembre 19, 2015

Karl Marx

L’inquiétude ressentie par la population est fondée : ce n’est pas avec des Rafales lancés sur l’Etat islamique en Syrie et en Irak qu’on éliminera les cellules dormantes de l’islamisation de la France. Son programme ? La charia pour tous ou la mort violente.

Dans notre roman national, il a fallu la contrainte violente imposée par la révolution française puis la lutte anticléricale pour obliger l’Eglise inquisitoriale à ne plus gérer l’hégémonie sociale sur la base de ses dogmes. Et ainsi à privilégier son discours d’amour de l’humanité. Elle devint alors compatible avec la république. Or, aujourd’hui, c’est autant l’islam qui se veut paisible que l’islam qui se veut violent qui affichent chacun à leur façon cette même ambition dogmatique d’hégémonie sociale et aucune frontière hermétique ne les sépare. L’islam radical prolifère sur la base de l’islam paisible. Tant qu’une volonté combative tant dans les pouvoirs publics que dans la population musulmane elle-même ne se manifeste pas pour contraindre l’islam à la réforme, il est illusoire de s’attendre à la rémission du fascislamisme qui s’est développé sur le sol de France parmi la jeunesse des cités.

Que ce fascislamisme trouve des complaisances dans une extrême gauche ou profite de l’aveuglement d’une gauche qui établit de manière simpliste une équation entre chômage et radicalisation dans l’espoir d’y trouver un anticapitalisme et des prolétaires de substitution , c’est certain. Mais de là à y voir une « alliance opportune entre le Coran et le Capital, entre Mahomet et Marx », comme l’écrit Ivan Rioufol (Le Figaro du 27 novembre 2015), le propos est simpliste et le cliché ne permet pas d’élever le lecteur quant aux rapports entre l’oeuvre de Marx et la gauche lénino-stalinienne d’abord, puis la social-démocratie actuelle divisée entre libéraux, frondeurs et anticapitalistes archaïques. Leur « marxisme » n’a rien à voir avec le texte de Marx qui le fustigeait déjà à son époque. Leur erreur suprême réduit le capitalisme à l’exploitation au lieu de le faire reposer sur la transformation du travail en marchandises concurrentielles sur un marché, celui du travail. Cette lecture-censure, cette première omerta opérée par la gauche, toutes tendances confondues, perdure.

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Islamisme : une matrice culturelle mortifère

by Claude Berger on décembre 2, 2015

Fillettes en prière en Malaisie

Article publié par l’agence Menapress le 21 novembre 2015.

Mercredi 11 novembre 2015, le ministre français de l’Intérieur entonne un cocorico. Ses services ont déjoué un attentat dirigé contre la base maritime de Toulon. Il bombe le torse : admirez notre efficacité ! Le vendredi suivant, six attentats coordonnés déciment la population parisienne et révèlent l’imprévoyance coupable des autorités. C’est un carnage : 130 morts, 352 blessés dont 99 au pronostic grave et incertain.

Dimanche, la foule parisienne tient à manifester son émotion en dépit de l’interdiction de se réunir mais elle cède à la panique et se bouscule à la suite d’une rumeur de tirs infondée. Apeurée, elle a compris instinctivement qu’elle n’était pas protégée, qu’un nouvel attentat pouvait survenir à tout moment, et pire, que la classe politique au pouvoir, quelle que soit son orientation, est dépassée par un phénomène qu’elle est amenée à combattre sans le comprendre.

Déjà les « élites » politiques veillent à ce que les médias n’évoquent que des « terroristes » sans les qualifier d’ « islamistes ». Huit millions de musulmans, ça pèse énormément, électoralement parlant. Et puis, ce serait reconnaître que l’islamisme qui assassine en France naît et recrute en France (10.500 individus fichés comme radicalisés). Ce serait avouer que chaque ville possède au moins une zone radicale et sa mosquée salafiste, que les recrues tueuses peuvent aussi provenir, comme on pouvait le prévoir, des flux migratoires venus d’Orient ou d’Afrique. Ce serait admettre, enfin, que c’est par un double aveuglement que la vieille mère France a laissé s’installer sur son sol une culture islamiste qui souhaite son éradication. Mais nos sociétés ne contrôlent pas leur conscience.

Premier aveuglement, nos sociétés ne reposent pas seulement, comme elles le croient, sur les « droits de l’homme et du citoyen », proclamés lors de la Révolution française. A la même époque furent aussi légitimés les droits du marché du travail par la loi Le Chapelier, au détriment du servage et de la corporation.

Impact d’un marché libre : le travail y est une marchandise concurrentielle, qu’on achète ou qui se vend au meilleur prix. C’est le système du salariat. C’est l’Etat qui, dominant la société civile, incarne alors l’hégémonie et prolonge cette concurrence par une citoyenneté désolidarisée : il ne connaît que des citoyens – par ailleurs marchandises sur ce marché du travail.

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L’inconscient culturel et l’intifada des couteaux

by Claude Berger on octobre 30, 2015

L'inconscient culturel et l'intifada des couteaux

Article publié par l’agence Menapress le 23 octobre 2015.

Une décapitation au couteau commise en France, une autre, en Algérie, sur un Français, tout être « normal », choqué, désigne l’ennemi : le djihadisme, qui prend sa source dans l’islam. Tout comme les bûchers de l’Inquisition, qui poursuivaient les Juifs, les chrétiens « déviants » et les « sorcières », puis les protestants, trouvaient leurs origines dans la démonologie et le pouvoir de l’Eglise moyenâgeuse.

Or aujourd’hui, un président d’une république portant le nom de France, et un ministre des Affaires qui lui sont étrangères, osent prétendre que les attentats de janvier à Paris contre Charlie Hebdo et une épicerie juive, n’ont « rien à voir » avec l’islam.

On voudrait nous convaincre que la décapitation d’Hervé Cornara est un fait divers sans conséquences et sans suites.

Conséquemment, lorsqu’il s’agit de l’Intifada des couteaux, dirigée contre la population d’Israël, des assassinats commis au cri d’ « Allahou Akbar » (Dieu est grand), la présentation médiatique en amoindrit volontairement le choc, et inverse les responsabilités : ce ne sont plus les assassins fanatiques qui sont coupables de ces actes mais la domination, voire « l’occupation » israélienne de la Judée et de la Samarie, ou même l’existence d’Israël qui en sont responsables.

Parce que cette démocratie israélienne, dont 20% de la population est arabe, musulmane ou chrétienne, transformerait les Palestiniens en peuple martyr, ce qui justifierait toute forme de révolte et tous les assassinats.

Si certains désignent la « frustration politique » des jeunes Palestiniens devant le blocage d’une solution de partage et de réconciliation, ils oublient – ignorance, aveuglement ou bêtise – la phobie antijuive de l’Islam et des pays musulmans, qui, pour la plupart, n’ont d’ailleurs à ce jour pas accepté le principe de l’existence d’Israël.

En 1947, c’est le chef du mouvement palestinien, le Grand mufti de Jérusalem, collaborateur d’Hitler et de son plan d’extermination des Juifs, deux ans en poste à Berlin avant d’en être exfiltré par la France, qui rejette toute solution de partition en deux Etats après l’échec de la guerre d’éradication de l’Etat d’Israël, Etat proclamé en vertu d’un plan de partage onusien.

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« Le fascislamisme se fabrique devant nous comme autrefois le nazisme »

by Claude Berger on avril 2, 2015

Entretien publié par le magazine suisse Revue Juive en avril 2015.

Itinéraire d'un Juif du siècleClaude Berger est un penseur politique iconoclaste, auteur notamment de « Marx, l’association, l’anti-Lénine » (1974) et de « Pourquoi l’antisémitisme ? » (2013). Quelques semaines après les attentats meurtriers de Paris, il analyse ici les ressorts du « fascislamisme » et les causes de l’antisémitisme. Entretien.

Né à Paris en 1936 dans une famille de Juifs pauvres originaires d’Europe de l’Est, Claude Berger a porté l’étoile jaune et frôlé la déportation pendant la Seconde Guerre mondiale. Cet ancien militant communiste et anticolonialiste a été un dentiste social avant d’ouvrir un restaurant ashkénaze dans le quartier du Marais. Sa critique de la société salariale a influencé notamment Otelo de Caravalho, le meneur de la Révolution portugaise de 1974. Grand alpiniste, amoureux de poésie française et de chanson yiddish, Claude Berger vient de faire paraître Itinéraire d’un Juif du siècle aux Editions de Paris. Une autobiographie qui est l’occasion de présenter une pensée singulière arrachée à une vie tourmentée qui traverse le XXe siècle juif et européen.

Revue Juive : Le lendemain de la tuerie de Charlie Hebdo, vous avez écrit un article intitulé « Honorer la mémoire des victimes, c’est dire la vérité ». D’après vous, quelle est cette vérité que l’on ne dit pas ?

Claude Berger : L’assassinat des caricaturistes, c’est l’affirmation de l’islamisme, impitoyable et totalitaire. L’assassinat des Juifs, c’est l’affirmation de son fantasme final : leur élimination en tous lieux : Toulouse, Bruxelles, Paris, Israël… Au-delà de l’émotion, la manifestation parisienne lui a opposé la libre expression sans évoquer son but et sans voir sa genèse dans un islam assoupi plutôt que modéré alors qu’aucune frontière ne les sépare. Et elle a négligé le projet de tuerie des Juifs : les « je suis Charlie » se sont peu transformés en « Je suis Juif ». Dire la vérité, c’est ne plus s’aveugler face au « fascislamisme » : il se fabrique devant nous comme autrefois le nazisme. C’est dévoiler l’inconscient culturel européen plutôt indifférent au sort des Juifs et diabolisant volontiers Israël. C’est aussi voir que l’islamisme est à l’origine du conflit israélo-palestinien, le mufti de Jérusalem, proche collaborateur d’Hitler, sauvé par la France, ayant refusé le partage pour ne pas accepter d’Etat juif.

Pour vous l’islamisme est donc une nouvelle menace totalitaire aussi dangereuse que le furent le nazisme et le stalinisme ?

La menace de l’islamisme se déduit de ses crimes : imaginez des armes nucléaires aux mains des djihadistes sunnites et des ayatollahs chiites ! Violence et projet totalitaire, charia conquérante et conversion ou mort des « mécréants »: rien à envier aux totalitarismes précédents. Le totalitarisme naît d’une pensée totalisante qui, dans des circonstances précises, devient totalitaire. On affirme des dogmes puis on divise le monde en deux: les Aryens et les Juifs, les progressistes et les réactionnaires… L’Eglise avec l’Inquisition et la Contre-Réforme, suivit cette voie lorsque naquit le salariat qui signifie la libre circulation des hommes et des femmes sur un marché du travail, une liberté antagoniste à son hégémonie. L’islam immuable sur ses dogmes, affronté au salariat concurrentiel, opère son passage du totalisant au totalitaire. Pourquoi l’islam de la majorité nourrit-il le radicalisme ? Sa crainte de la perte identitaire laisse filer la violence qui est au cœur de ses dogmes.

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Charlie Hebdo : honorer la mémoire des victimes, c’est dire la vérité

by Claude Berger on janvier 8, 2015

Je suis Charlie, Strasbourg, 7 janvier 2015 © Claude Truong-Ngoc / Wikimedia Commons

Dire la vérité : après les meurtres de Cabu, de Charb, de Wolinski, de Tignous, d’Honoré, de Bernard Maris, de deux policiers, de plusieurs membres du personnel de Charlie Hebdo dont j’ignore le nom et à qui je rends hommage, c’est la leçon donnée par Philippe Val, lui qui eut le courage de publier la charte du Hamas en place à Gaza. Dire la vérité, c’est cesser pour les politiciens de s’aveugler et pour les journalistes d’aveugler sur la fabrication de l’idéologie islamiste, sur son expansion, sur sa finalité : détruire les démocraties, détruire Israël, tuer les Juifs, installer la charia dans le monde entier et croire au précepte coranique :

« Face à l’armée ennemie […] ce n’est pas vous qui les tuez, c’est Dieu »

Dire la vérité, c’est cesser de diaboliser Israël, de confondre le peuple palestinien avec les islamistes qui les dirigent, de ne faire aucun lien entre les multiples feux génocidaires allumés par l’islam radical non seulement aux portes d’Israël mais au Yémen, au Nigéria, au Mali, en Libye, au Pakistan, en Irak, en Syrie, en Algérie, en Afghanistan, en Indonésie, mais aussi par l’islamisme chiite au Liban avec le Hezbollah, en Iran des ayatollah, un pays rythmé par ses deux pendaisons quotidiennes. Il est temps de rétablir les faits : le conflit israélo-palestinien est né du fait même de l’islamisme qui dès 1948 refusait tout Etat juif sans même songer à faire le sien. Islamophobie ? Alignons les victimes de l’islamisme radical depuis les trois mille morts des tours de New-York, non seulement aux Etat-Unis, en Australie, au Canada, en France, en Europe : les victimes de Merah, de Nemouche, du gang des Barbares : une idéologie totalitaire et conquérante se fabrique devant nous comme s’est fabriquée il y a moins d’un siècle le totalitarisme nazi, inséparable de l’extermination des Juifs, et le totalitarisme bolchevique et ses myriades de camps. L’ « islamophobie » n’a d’autres sources que les crimes commis au nom de l’islam. L’importance des populations d’origine musulmane en Europe ne témoigne pas d’une arabophobie raciste.

Il est de temps de voir, et d’agir. Il est temps de dire la vérité, temps de désigner l’islamisme au cœur de l’Islam sans qu’aucune frontière hermétique ne les sépare. Ce n’est pas rendre service aux musulmans que de cacher que l’islam est source de violence, d’intolérance, de mépris tout comme la chrétienté le fut à l’époque des croisades et de l’inquisition jusqu’au jour où elle accepta de ne plus s’imposer à la société civile et de renier son ambition politique. Jusqu’au jour où elle accepta de se réformer lors de Vatican II, éprouvant de la culpabilité et prenant conscience d’une certaine responsabilité dans la fabrication des idéologies antisémites de droite et de gauche.

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Sortir du capitalisme ou sortir du salariat ?

by Claude Berger on décembre 29, 2014

La pollution c'est le salariat

« D’ici à trente ans, le capitalisme va disparaître » prophétise Jeremy Rifkin1. Le chantre de l’économie collaborative envisage « un projet hybride de l’Etat, du marché et des communaux ». Le même avait prédit il y a près de vingt ans « la fin du travail ». La réalité lui a opposé un démenti cruel : il n’y a jamais eu autant de travail salarié sur terre avec la mondialisation du salariat et du chômage dans le cadre d’une demande gigantesque sur tous les continents !

Le mirage rêvé perpétue l’erreur d’analyse que la gauche commet, toutes tendances confondues, depuis plus d’un siècle. Elle définit le capitalisme par l’exploitation et par la suprématie d’une classe sur une autre et elle censure le fait qu’il repose sur le salariat, soit la transformation au XIVe siècle du travail en marchandise concurrentielle sur un marché afin de l’acheter au meilleur prix. Le développement du salariat brise les communautés rurales ou tribales. Puis l’Etat pérennise cette concurrence individualiste motivée par l’appât du salaire par une citoyenneté désolidarisée sous sa coupe. Il est alors censé incarner l’hégémonie de la société. Tout le contraire d’une association dans l’existence, la production, le pouvoir.

Pour son omerta, la gauche a censuré Turgot d’abord, Marx ensuite, les découvreurs de la logique du salariat. Et elle a fabriqué le projet d’un capitalisme d’Etat donc d’un salariat d’Etat au bout d’une lutte permanente contre l’exploitation par la revendication. Un salariat d’Etat qui fut dictatorial dans les grands empires paysans, en URSS comme en Chine, partout improductif et démotivé, bien pire que le salariat privé. Tout compte fait, il ne fut qu’un mode d’installation du salariat par la violence afin de transformer les paysans en salariés livrables sur le marché.

« Le capital et le salariat sont liés l’un à l’autre et disparaîtront ensemble. Il est donc absurde de parler de capitalisme sans salariat » énonçait Marx qui raillait l’étatisme et la vanité de la revendication d’un salaire « équitable » au détriment d’un mouvement pour la fin du salariat. Ce Marx-là a été censuré par les lecteurs « absurdes » de gauche, il est donc déplacé de les qualifier de « marxistes », ce qu’a encore fait Manuel Valls à l’égard de ses frondeurs accrochés à la revendication et à l’étatisme. Pour opérer son passage du capitalisme d’Etat à la social-démocratie et à la compétitivité du travail qui sont au fond des querelles de la gauche, il pourra s’appuyer sur un « expert » : Thomas Piketty. Lui aussi, après feu Hessel et Morin, veut réguler le capitalisme privé – désormais accepté – afin de « l’humaniser ». A son tour, il le définit par l’exploitation, d’où son programme « socialiste » pour le conserver en atténuant les inégalités : l’augmentation des impôts !

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Docteur Zemmour au chevet du Maréchal : un manichéisme en vaut un autre

by Claude Berger on octobre 16, 2014

« Il a sauvé des Juifs français, oui… presque à 100% »

Pour soutenir son propos sur le Maréchal Pétain, Eric Zemmour prétend s’appuyer sur une dénonciation du manichéisme. Cette pensée facile, une pensée « pour tous », ignore en effet que des nationalistes antisémites ont rejoint, les premiers, la résistance gaulliste aux côtés de Juifs, et que des politiciens de gauche, ralliés à la « Révolution nationale », sont passés à la collaboration. Mais la ficelle est grosse qui voudrait établir un lien entre la lutte contre le manichéisme et le brevet de sauvetage indûment accordé au Maréchal.

Le manichéisme sévit certes à gauche depuis longtemps. Par exemple, lorsque Paris-Soir claironne après la rafle du 15 mai 1941 : « Plus de trois mille juifs arrêtés en une nuit à Paris… En route vers les camps de concentration », le PC ne dit mot mais tire fierté de la grève des mineurs déclenchée peu après « pour les revendications », avant la rupture par l’Allemagne du pacte germano-soviétique. Mais plus tard, il fera mine de confondre la lutte contre le nazisme avec la solidarité envers les Juifs traqués, tout en se targuant d’être à lui seul « la Nation ». « Mon parti m’a rendu les couleurs de la France » chantera un Aragon qui se voulait national.

On ne le dira jamais assez : le manichéisme de gauche a sa source dans l’omerta qui règne sur la volonté d’en finir avec les Juifs chez les pères fondateurs, Marx, Proudhon, Bakounine, Fourier… « Rendre le Juif impossible » pour le premier, « les exterminer ou les renvoyer en Asie » pour le second, « les dissoudre » pour le troisième. Bref, un antisémitisme qui a pour origine la sécularisation de la matrice culturelle chrétienne avec pour effets de produire une mythologie progressiste qui ne cesse d’agir, notamment en diabolisant Israël. Ainsi hier, l’URSS stalinienne avait activé la théorie du « complot juif », celui des blouses blanches, et l’antisionisme. Ainsi de nos jours, des trotskistes atteints de la même maladie croient voir leurs nouveaux messies prolétariens chez les islamistes, pauvres « victimes colonisées » du sionisme et de l’impérialisme. Et d’autres après feu Hessel, en viennent à soutenir le Hamas aussi islamiste que « l’Etat » massacreur en Irak ou que l’Iran chiite des mollahs qui affiche ses deux pendus par jour sur ses potences.

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Quelle place pour les Juifs et dans quelle France?

by Claude Berger on septembre 10, 2014

ll a fallu la décapitation d’un journaliste par un djihadiste britannique, puis les massacres de chrétiens et de Yazidis ajoutés à ceux des soldats officiels de l’Irak exécutés au-dessus des fosses par les barbares de l’ « État islamique » pour que les yeux des dirigeants de l’occident s’ouvrent enfin sur la réalité : il y a une offensive de l’islamisme radical dans le monde entier. Sa dangerosité est génocidaire, elle s’étend du Nigéria au Mali, au Yémen, au Soudan, au Pakistan, en Afghanistan… et n’oublions pas l’Iran aux mains d’une dictature théocratique, misogyne et antisémite. Elle menace l’occident et ne saurait être traitée au cas par cas sous le coup de l’émotion suite à un égorgement ou des viols en masse.

Lorsque les mouvements islamistes disposeront d’armes de destruction massive, nucléaires ou autres, ces adeptes d’une religiosité de la mort n’hésiteront pas à les manier. Le pape lui-même appelle la classe politique à réagir militairement. Mais curieusement, lorsqu’il s’agit du conflit entre Israël et le Hamas islamiste, l’aveuglement politique le plus courant y verra le combat d’un pays « sûr de lui et dominateur », surpuissant et colonialiste, contre les « pauvres Palestiniens » enfermés dans Gaza, animés d’une « juste révolte » ! Le Hamas est pourtant un mouvement terroriste spécialisé dans les attentats, les tirs de roquettes et de missiles à partir de lieux médicaux et scolaires, un mouvement qui exécute en public ceux qu’il soupçonne de « traîtrise » et qui utilise sa propre population comme bouclier humain dans le seul but de « détruire Israël », qu’importe !

On taira qu’Israël combat l’islamisme à ses portes pour évoquer un conflit « israélo-palestinien ». On taira que l’islamisme est à l’origine du conflit par son refus de tout État juif lors du plan de partage de 1947. On taira que ce refus était dicté par son dirigeant, le mufti de Jérusalem proche collaborateur d’Hitler, adepte convaincu de son projet d’élimination des Juifs. Cette censure a pour effet de qualifier les manifestations pro-islamistes de « pro-palestiniennes » et de ne voir dans leur haine affichée des Juifs qu’une « importation du conflit moyen-oriental» au lieu tout simplement de voir la réalité : l’islamisme, antioccidental, antisioniste, antichrétien et anti-juif a fait souche en France.

N’oublions pas que parmi les sept morts de Toulouse, les trois premiers étaient ciblés comme militaires français, n’oublions pas les drapeaux français brûlés lors des émeutes anti-juives de Paris. En inversant la réalité, cette censure idéologique devra trouver une « violence israélienne, là-bas » et dans la foulée en trouver une « ici » ! Miracle, on dénichera un groupuscule, la LDJ et on laissera entendre qu’il existe une « violence juive » en France ! Fait qui ne tient pas du hasard, le jour même où le CRIF appelle à soutenir Israël par une manifestation pacifique à Paris, on dénoncera « un massacre » et un « carnage » commis à Gaza par Israël et on annoncera l’interdiction prochaine dudit groupuscule, au lieu de pourchasser et d’interdire les réseaux islamistes en France. Résultat, Israël et les Juifs sont désignés comme ayant une part de responsabilité dans les manifestations anti-israéliennes et anti-juives.

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