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Coronavirus. Bientôt « l’Après » ?

by Claude Berger on avril 4, 2020

Rien ne sera plus comme avant : le confinement, les solitudes, les contaminations, l’explosion des incivismes et des délinquances, voire des émeutes dans les territoires perdus de la dite république, la crise sanitaire enfin, nous obligent à voir de face la fragilité et la réversibilité de nos sociétés.

Elles sont à la merci d’un virus. Le masque d’une mondialisation heureuse s’effondre avec la montée des crémations des aïeux. Est-ce la crise finale d’une société en dérive ?

Avant, il y avait la crise des gilets jaunes et encore avant la crise migratoire, la déperdition culturelle, le terrorisme islamiste, il faut, aujourd’hui, y rajouter la crise sanitaire : ces crises sont en lien étroit avec une crise qui les englobe toutes : il s’agit de la crise du salariat, la crise du travail salarié, la crise du travail-marchandise, c’est-à-dire du travail concurrentiel sur lequel sont fondées nos sociétés.

Mais voilà, il existe une gigantesque omerta sur le travail salarié, sur le salariat, sur la transformation du travail en marchandise. Une omerta de droite sacralisant la « compétitivité » du travail, une omerta de gauche sacralisant la lutte contre l’exploitation par la revendication et pour finir par l’étatisme. Ce qu’on a appelé « communisme » n’était qu’un capitalisme d’Etat donc un salariat d’Etat qui suivait les ordres de son dieu Lénine : « Le socialisme n’est autre chose que le monopole capitaliste d’Etat mis au service du peuple entier » (dans «  La catastrophe imminente »). « Tous les employés s’y transforment en salariés de l’Etat » (« dans L’Etat et la révolution »). Le dieu Mao suivra :

Russie et Chine, ou comment transformer par la terreur et le goulag les paysans en ouvriers salariés et dociles à bas prix sur le marché du travail, tout comme autrefois en Europe où le salariat s’était implanté par la force avant que les marchands n’inventent le « libre » marché du travail au XIVème siècle. Aujourd’hui les travailleurs chinois sont livrés clés en mains sur le marché. Premier marché du travail à Auxerre selon Fernand Braudel, en 1393. Rien d’éternel. Dès lors s’installe un jeu : les salariés, Mr Martinez en tête, revendiqueront contre l’exploitation et le capitaliste investisseur répondra par divers recours : à défaut d’augmentation sur place et de nouveaux droits, ce sera en premier lieu l’importation de mains d’œuvre moins chères puisées dans le monde entier et particulièrement dans l’ex-empire colonial où l’on parlait français compte tenu que le salariat, la transformation du travail en libre marchandise, ignore les cultures. L’autre recours de « l’investisseur » , ce sera  l’exportation de la fabrique – la délocalisation- qui donnera le goût de l’émigration aux autochtones et qui fonctionnera comme pompe aspirante pour les mains d’œuvre peu coûteuses et peu préparées. Ainsi s’enclenche la mondialisation du travail salarié-différente de celle des produits-mondialisation à l’origine de la crise migratoire, à l’origine de l’oubli qu’un migrant économique est aussi un migrant culturel. La déperdition culturelle engendrée par les migrations jouera aussi sur les religions à dogmes interpellées par la liberté de circulation des femmes sur le marché du travail. Il en va ainsi aujourd’hui pour l’islam radicalisé et violent, il en fut ainsi pour l’Inquisition lorsqu’apparut le marché du travail sur le continent européen : en 1404 l’inquisiteur Paramo comptabilisait avec fierté 30.000 femmes brûlées comme « sorcières ».

Pour ne pas enfreindre la « liberté » du marché du travail, il est de bon ton dans le parti des investisseurs et de leurs politiciens de masquer cette lutte culturelle et d’éviter le débat.

Le jeu du conflit entre les investisseurs et les salariés a donc mené à l’expansion mondiale du marché du travail, puis à la délocalisation. Il a aussi introduit d’autres facteurs : la robotisation, la financiarisation, la marchandisation de l’agriculture industrialisée, la phobie de la croissance suivies du dérèglement climatique, de la menace écologique, de la marchandisation du tourisme de masse et de la méconnaissance des cultures promenées sur des bateaux de plus de 3000 places, et enfin par la chute des frontières et des nations remplacées par le marché.

Pour finir l’effondrement des barrières immunologiques ! Pandémie, nous voilà ! Un rapport de la CIA l’avait prévue!*

Au final ; ceux qui croient « lutter contre l’exploitation » sans remettre en cause la marchandisation du travail sont les meilleurs agents du capitalisme qu’ils croient « combattre » et de la pandémie qui les attend !

Il est temps d’arrêter cette machine folle. Après diagnostic, la guérison ne peut survenir que par une stratégie de fin du salariat, par la contestation de la concurrence des mains d’œuvre qui fasse cesser le « privilège » accordé aux moins chères d’entre elles,  contestation qui devra être suivie de relocalisations des sites de production, contestation qui, dans un premier temps, doit exiger un même salaire pour un même travail dans le monde entier, Afrique, Europe, Amérique latine, Asie etc…

La motivation du travail dans « la boîte » structurée par le salariat défini par la concurrence des mains d’œuvre , c’est l’appât du salaire avec ses deux conséquences : le chacun pour soi et l’individualisme ainsi qu’une citoyenneté désolidarisée qui vient  en prolongement de la concurrence. S’ensuit une extorsion du pouvoir de décision tout comme une extorsion du pouvoir des individus au profit de l’Etat tentaculaire : tout le contraire d’une association dans l’existence, dans la production, dans l’organisation sociale selon des valeurs de solidarité et de partage.

Ces structures d’association ont d’ores et déjà été inventées. Elles ont déjà fait leurs preuves.

Les Kibboutz en Israël ont inventé dès 1909 une structure d’association non salariale. L’association d’existence y prime sur l’association de production et la motivation du travail ne repose pas sur le salaire mais sur le bien de la communauté. Les besoins de chacun sont couverts par la communauté de tous. Les inspirateurs de cette structure provenaient du judaïsme comme en témoignait Philon d’Alexandrie rapportant les propos  des Esseniens,  et comme l’exprimait Moses Hess critique du Marx antisémite en 1862. Cet état d’esprit provenait également du penseur anarchiste Kropotkine mais  aussi de la pensée de Tolstoï. Ce mouvement a subi une crise et la minorité d’entre eux soit 65 sur 273 a conservé la formule initiale, les autres étant retournés à la rémunération salariale et à l’individualisme. Mais sursaut, un nouveau mouvement s’est créé, celui des « kibboutz urbains » qui corrigent les défauts des premiers, à savoir celui d’être des villages clos qui délaissent la transformation de la société entière et notamment des villes. Ainsi leurs formules sont plus ouvertes, plus souples, plus évolutives, plus respectueuses de l’individu. L’autre défaut des kibboutz classiques était d’être au dehors d’eux-mêmes dépendants d’une culture étatiste propre à la gauche porteuse de l’omerta sur le salariat comme partout ailleurs. Enfin on ne saurait oublier que la pensée de Kropotkine a elle aussi donné naissance à une économie andalouse fondée sur les coopératives et la fédération et la solidarité avant d’être écrasée par les franquistes et les communistes dont le français Marty compagnon de Thorez et surnommé le boucher d’Albacète.

Créer des associations d’existence et de partage pour susciter d’autres moyens de produire et de consommer, promouvoir des rapports d’association dans l’entreprise, une révolution pacifique à l’horizon, un nouvel art de vivre est né. Le kibboutz urbain, le kibboutz en ville, créera des liens nouveaux entre ses « associés ».

Inciter à la diffusion de ces structures dans les pays peu développés, inciter à la critique des cultures dans une intention humaniste, préserver l’univers et nous protéger des pandémies, pensons dès aujourd’hui à l’après…

En 2005, j’invitais à penser à l’élaboration d’une formule kibboutzique dans les villes. On me fit part que la chose était née, il y en avait quatre en Israël qui n’est pas qu’une startup-nation , d ‘où l’article que je fis paraître dans la revue « Le Meilleur des mondes » : « le kibboutz est mort, vive le kibboutz urbain ! » Il y en a  200 aujourd’hui… De nouvelles solidarités naîtront en France.

*Alexandre Adler, Le rapport de la CIA (Robert Laffont)

L’héritage de la mère vierge

by Claude Berger on février 28, 2019

« C’est pourquoi je crois agir selon l’esprit du Tout Puissant, notre créateur, car en me défendant contre le Juif, je combats pour défendre l’œuvre du Seigneur ».

Cette phrase est tirée de Mein Kampf et son auteur, c’est Hitler. Il y affirme le lien entre sa foi chrétienne, qui lui a été transmise, et son antisémitisme radical.

S’il existe un sujet digne d’intérêt pour la compréhension des événements tragiques de l’histoire, des bûchers de l’inquisition au décret espagnol du sang impur et du port de la rouelle, à la Shoah, comptable d’un million cinq cent mille enfants assassinés, c’est bien la mise au jour et l’étude de la façon dont fonctionne ce lien.

Auparavant, Léon Poliakov avait démystifié l’omerta qui règne sur le sujet :

« On croit deviner les raisons pour lesquelles l’érudition du XXe siècle préfère se taire sur les diatribes antijuives d’un Voltaire ou d’un Kant, d’un Proudhon ou d’un Marx » et « de se demander s’ils n’expriment pas une orientation essentielle de la pensée occidentale ».

Poliakov concluait que:

« C’est à la théologie […] que revient le rôle primordial (celui d’une infrastructure si l’on veut) dans les mutations de gauche ou de droite de l’antisémitisme. » (Avertissement, Histoire de l’antisémitisme, t3)

Quelle est donc cette infrastructure qui va subir des mutations pour passer du nazisme au bolchévisme ? De l’inquisition à l’expulsion ? De la haine aux pogromes ?

Chaque peuple se cherche une origine et un chemin de vie, une conception de la parentalité, de la sexualité, de la reproduction, de la spiritualité et de la mort ; chaque peuple antique se trouve des dieux père et mère « à l’origine » ou bien des dieux multiples.

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Le grand avenir des gilets jaunes

by Claude Berger on décembre 7, 2018

Gilets jaunes - Philippe Debat

Il a suffi d’une taxe sur les carburants glissée sous le masque d’une intention écologique pour que la coupe trop pleine déborde : trop, c’était trop. Alors, la révolte spontanée des gilets jaunes contre l’arbitraire de cette décision a ouvert la voie à l’expression de multiples revendications toutes nées du mal-être ressenti par une majorité de la population.

La révolte populaire soutenue par plus de 80% des Français, désigne la baisse du pouvoir d’achat, la fiscalité injuste, la marginalisation par abandon des zones rurales et périphériques, la non-représentativité de la classe politique aveugle sur la crise sociétale que connaît le pays, et également l’arbitraire du pouvoir d’État qui s’exerce sur le peuple, la complaisance vis-à-vis des flux migratoires qui renforcent la dépense publique et la concurrence des mains d’œuvre sur le marché du travail, sans jamais rencontrer d’opposition des grands employeurs ou des maîtres de la finance.

Alors oui, il s’agit d’une révolte « contre le système » en crise et contre ses présidents récents de si peu d’envergure.

Mais de quel système s’agit-il ? Or là, force est de constater que droite et gauche entretiennent ensemble une omerta sur ce qui fait le fondement de nos sociétés, à savoir le salariat, c’est-à-dire la transformation du travail en marchandise concurrentielle qui conditionne la recherche permanente de mains d’œuvre moins chères, le chacun pour soi des salariés et la citoyenneté désolidarisée qui pérennise leur concurrence sur le plan sociétal au profit de L’État.

Or ce système, né selon Fernand Braudel au 14ème siècle et qui résulte de l’appropriation du travail par les marchands, ce système est à bout de souffle. La revendication contre l’exploitation a poussé le capital à rechercher des mains d’œuvre moins chères et la mondialisation du marché du travail qui suit verse des millions d’individus en surnombre sur ce marché.

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Un antisémitisme peut en cacher un autre

by Claude Berger on novembre 15, 2018

La décence après la tragédie de Pittsburgh – un acte antisémite odieux – eût été de ne pas en attribuer la responsabilité à Donald Trump, un président à la fois proche du peuple juif et d’Israël. Un président qui ose affronter le consensus anti-israélien porté par le courant Démocrate et les gauches en général, qui prétendent dénoncer les « populismes » et les « nationalistes » en prônant un large accueil des migrants.

Cette utilisation à des fins électoralistes, lorsqu’elle est le fait de Démocrates se prévalant de leur origine juive pour s’attribuer une légitimité au nom d’une idéologie, est proprement scandaleuse.

Ne soyons pas dupes, ce qui est désigné sous le vocable « populiste » a pour vocation de laisser entendre « qu’il y a du fascisme là-dessous », alors qu’en fait, dans leur majorité, les populations réagissent à la perte identitaire qui suit les flux migratoires, tout en souhaitant le contrôle des frontières, et réagissent aussi à la concurrence déloyale des migrants sur le marché du travail.

A ce sujet, ce qu’on appelle crise migratoire n’est que l’aspect le plus visible d’une crise de nos sociétés fondées sur le salariat, c’est-à-dire sur la transformation du travail en marchandises concurrentielles, conjointe à la négation des cultures qui va de pair.

Crise migratoire, non ! Crise certaine du système salarial où chacun travaille pour soi dans le cadre d’une citoyenneté désolidarisée, crise du salariat, oui !

La mondialisation du marché du travail, qui oppose à la revendication permanente la recherche des mains d’œuvre les moins chères, crée des appels d’air dans les pays moins développés, privés de chemins de vie attrayants, où le prix de la main d’œuvre concurrentielle est au plus bas. La perte culturelle joue aussi de ce côté-là. C’est une menace pour le monde entier, un véritable problème de civilisation et de disparition des valeurs au profit d’une marchandisation des mœurs.

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Israël : peuple de trop, pays de trop ?            

by Claude Berger on mai 25, 2018

L’offensive du Hamas contre la frontière de Gaza avec Israël était destinée à y pénétrer et y commettre des crimes dans la lignée de son programme terroriste : chasser les Juifs et rayer Israël de la carte. Cette offensive est venue à point nommé au secours du président Macron,  prompt à condamner l’Etat juif pour la défense de son territoire et de ses citoyens et pour la nomination de Jérusalem.

En effet, les derniers attentats islamistes survenus en France (dont un effectué à Paris au moment de l’offensive du Hamas), s’ajoutant au nouveau pas franchi de l’antisémitisme : l’assassinat de Juifs à leur domicile, et la diabolisation croissante d’Israël dans les médias, auraient dû le contraindre à revoir ses positions idéologiques à l’égard de l’Etat juif et de ses ennemis qui affichent leur volonté de le détruire : l’Iran des mollahs, le Hezbollah et le Hamas qui rêvent d’un nouvel holocauste.

La convergence d’un antisionisme de gauche et d’un antisémitisme terroriste d’origine musulmane, ajoutée à une politique gouvernementale réduite à la défense de ses intérêts économiques, ponctuée de votes anti-israéliens dans les instances internationales, laisse craindre qu’on assiste à la mise en place de l’union de deux discours : l’un contre le « peuple de trop » par l’islamisme, l’autre contre celui de « pays de trop » par l’antisionisme.

D’où cette réticence  chez certains politiciens à nommer l’islamisme par son nom, qu’il soit commandité ou qu’il soit spontané, sous prétexte de ne pas céder à l’islamophobie au nom du « vivre ensemble » et des exigences de l’état de droit.

Or les deux formes de l’islamisme, l’une commanditée, l’autre spontanée, sont les manifestations d’un unique terreau, l’islam, qui face à sa confrontation avec la société du marché du travail et la libre circulation des femmes qu’elle implique, réagit par la violence pour ne pas perdre puis pour activer son ambition hégémonique sur l’univers entier.

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L’islam, l’islamisme et les aveugles

by Claude Berger on avril 3, 2018

Il faut désormais s’habituer à vivre sous la menace permanente d’attentats islamistes réputés « imprévisibles », tel est l’aveu d’impuissance que délivrent les dirigeants du monde occidental face aux attentats récents qui ont endeuillé la Grande Bretagne, la Belgique, la France, l’Allemagne, l’Australie, l’Iran, l’Egypte, l’Afghanistan…

Impuissance, incompréhension et aveuglement face au profil des terroristes assassins qui, pour une bonne part, sont classés dans la case des « déséquilibrés » agissant sans lien direct avec le terrorisme organisé de Daesh ou d’Al-Qaïda.

C‘est ignorer gravement qu’il n’y a pas de frontière hermétique entre l’islam ordinaire dit « modéré » et l’islamisme violent, tout comme il n’y a pas de frontière hermétique entre le terrorisme islamiste commandité et le terrorisme islamiste spontané.

Cette ignorance, cet oubli témoigne d’une déficience sévère dans l’analyse des cultures de la part des politiques qui, obéissant au seul credo de la soumission au marché libre et concurrentiel du travail, prônent un modèle multiculturel sans garde-fous.

De ce point de vue, nos sociétés sont inconscientes d’elles-mêmes.

C’est une histoire qui remonte à la Révolution française lorsqu’elle adopte dans le même élan les droits de l’homme, l’interdiction des corporations et la suprématie du libre marché du travail réduit à une marchandise concurrentielle sans tenir compte de la culture des postulants, fût-elle mortifère.

La même erreur sera reconduite par Marx qui, tout en s’insurgeant contre le système du marché du travail, réduira la culture, chrétienne et plus particulièrement juive à une position et à une idéologie de classe.

De nos jours, cette même inconscience, de droite ou de gauche, oubliera ainsi que les migrants dits « économiques » sont aussi des migrants culturels. Le triste exemple d’un évènement survenu en 2015 est là pour nous le rappeler : sur une embarcation chargée de cent douze migrants et menaçant de sombrer, une quinzaine de musulmans jettent douze chrétiens, surpris en train de prier, à la mer.

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Léon Poliakov, visionnaire et méconnu

by Claude Berger on janvier 26, 2018

Léon Poliakov, historien et analyste de l’antisémitisme décédé en 1997, fut un membre actif du tout premier Centre de Documentation Juive Contemporaine.

Auteur du « Bréviaire de la haine » , de « L’étoile jaune », d’une « Histoire de l’antisémitisme » en quatre volumes, de plusieurs essais sur « La causalité diabolique », « La désinformation », « Le mythe aryen », « Les totalitarismes du XXe siècle », il nous a légué, outre ses « Mémoires », un héritage quelque peu délaissé dans l’air du temps embrumé par un refus du fait juif issu de la conjugaison de l’islamisme et d’une diabolisation d’Israël qui n’a d’antisioniste que le nom.

Poliakov est à la fois un éclaireur et un visionnaire dérangeant. Premier critère, l’antisémitisme ne provient pas de ce qu’induit l’existence des Juifs réels au sein des nations mais d’une projection liée à la matrice culturelle des deux religions issues du judaïsme et qui lui sont radicalement opposées, le catholicisme, religion d’Etat depuis Constantin, et l’islam. Il notera d’ailleurs que l’antisémitisme n’a pas sévi dans les pays situés hors de l’influence de leurs textes.

Preuve de la projection ? Paris est une ville sans Juifs depuis l’expulsion de 1394. Un meurtre y est commis à Paris en 1627 : le fils de Malherbe est tué. Le père accuse la synagogue. Autre crime commis en 1652. Il ne peut être que l’œuvre des Juifs !  On n’en trouve point ? Alors que l’on cherche des chiffonniers car les chiffonniers ne peuvent être que Juifs, criminels  et cachés !

Deuxième point de la méthode de Léon Poliakov, il faut rechercher la source de cette projection dans la théologie d’abord chrétienne pour ce qui concerne l’antisémitisme européen, celui du passé médiéval mais aussi pour celui  apparemment déchristianisé de l’époque contemporaine :

« Ainsi, on ne trouvera pas dans notre travail une étude systématique de la part prise par les Juifs au développement de la société industrielle ; à peine y trouvera-t-on un bref chapitre dans lequel nous disons pourquoi  la notion d’ « antisémitisme économique » nous paraît dénuée d’une réelle valeur explicative, dans un domaine où c’est à la théologie qu’à nos yeux revient le rôle primordial (celui d’une «  infrastructure » si l’on veut) ».

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Macron, Chateaubriand et Jérusalem

by Claude Berger on décembre 22, 2017

En 1806, le grand Chateaubriand, de retour de Jérusalem, écrivait :

« Pénétrez dans le demeure de ce peuple, vous le trouverez dans une affreuse misère, faisant lire un livre mystérieux à des enfants qui, à leur tour, le feront lire à leurs enfants. Ce qu’il faisait il y a cinq mille ans, ce peuple le fait encore. Il a assisté dix-sept fois à la ruine de Jérusalem ; et rien ne peut le décourager ; rien ne peut l’empêcher de tourner ses regards vers Sion. Quand on voit les Juifs dispersés sur la terre, selon la parole de Dieu, on est surpris, sans doute : mais pour être frappé d’un étonnement surnaturel, il faut les retrouver à Jérusalem ; il faut voir ces légitimes maîtres de la Judée esclaves et étrangers dans leur propre pays ; il faut les voir attendant, sous toutes les oppressions, un roi qui doit les délivrer. Si quelque chose, parmi les nations, porte le caractère du miracle, nous pensons que ce caractère est ici. » [Chateaubriand, Itinéraire de Paris à Jérusalem]

En 2017, Macron, devenu président, nous fait part de sa « préoccupation » que Jérusalem fût enfin reconnue, de plein droit, propriété de « ces légitimes maîtres de la Judée esclaves et étrangers dans leur propre pays » par un président américain réaliste entérinant une situation d’unification de Jérusalem qui remonte à 1967, situation qui assure dans les faits le libre accès aux lieux saints des trois cultes concernés. En s’informant, le président – petit ? – pourrait découvrir que lorsque la Jordanie s’empara de la partie est de Jérusalem de 1947 à 1967, les Juifs n’avaient plus accès au Mur et des synagogues et des cimetières furent alors détruits.

Il pourrait alors s’abstenir de prôner la « négociation » sous des auspices internationales, alors que celles-ci, en majorité, n’eurent jusqu’ici pour autre but que de faire pression contraignante sur Israël afin d’abonder dans le sens palestinien de ne pas reconnaître d’État du peuple juif et d’empêcher toute présence de Juifs dans un futur État, tout comme il est de règle dans de nombreux pays arabo-musulmans.

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L’esprit kibboutz, une nouvelle politique ?

by Claude Berger on septembre 18, 2017

Il n’est pas fréquent qu’un homme politique, ici Roger Karoutchi, sénateur Républicain des Hauts-de-Seine, ait le mérite d’évoquer la méthode des kibboutz pour l’apprentissage de la langue et l’intégration des populations de différentes cultures et propose de s’en inspirer en France face à l’échec  du « contrat d’intégration républicaine ». En Israël, note-t-il, « l’oulpan de jour permet aux immigrés de suivre cinq heures de cours, cinq jours par semaine pendant cinq mois » alors qu’en France ne sont prévues que 200 heures de cours au maximum, étalées sur un an « en l’absence de sanction réellement dissuasive en cas d’échec ». Il faut ajouter au propos du sénateur que la réussite de cette méthode doit surtout au sens du collectif qui anime l’esprit kibboutz.

La spécificité de la formule du kibboutz, inventé à Degania en 1909, consiste à  ne plus reposer sur le salariat, système où chacun travaille pour soi et « pour le salaire », chapeauté par l’Etat qui gère une citoyenneté désolidarisée, et de le remplacer par le sens communautaire et le partage, ce qui implique un changement de mentalité et une éthique de solidarité.

Aujourd’hui, si de nombreux kibboutz sont retournés à la rémunération par le salaire, il en reste un grand nombre, autour de 70,  qui ont conservé la formule initiale. Mais un phénomène nouveau est apparu, celui des kibboutz en ville, ou kibboutz urbains, qui reposent  sur la constitution d’une association à la fois économique et existentielle.

C’est cet esprit collectif qui imprègne ces lieux d’apprentissage de la langue et de la citoyenneté évoqués par Roger Karoutchi dans son rapport. Or il se fait que cet esprit  et cette formule du kibboutz urbain sont dépositaires à terme d’un projet de régénération de nos sociétés, menacées par les contradictions explosives d’une société reposant sur le salariat mondialisé, avec pour conséquences la persistance du chômage, la déperdition culturelle, la chute de la ruralité, l’individualisme, la violence, l’antisémitisme, l’obsession de la croissance, la montée des flux migratoires d’Afrique et des pays musulmans, l’islamisation de la France et de l’Europe et le terrorisme de l’islamisme spontané de ceux qu’on prétend « pathologiques » et de l’islamisme organisé et commandité par Daesch.

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Le refus du fait juif en terre d’islam et en terre d’Occident

by Claude Berger on juillet 20, 2017

Aliza Bin-Noun, ambassadrice d’Israël en France, rappelle dans un article publié par Le Figaro (21 juin 2017) que « c’est le rejet systématique d’Israël en tant qu’État-nation du peuple juif » qui fait « obstacle à la paix ». Derrière ce rejet, c’est en effet le refus manifeste du fait juif dans l’islam et dans l’islamisme qui est à l’œuvre. La preuve en est que ce rejet est conjugué avec le refus de toute présence juive dans l’État palestinien revendiqué, tout comme il en est ainsi dans tous les pays arabo-musulmans d’où les Juifs ont été chassés ou poussés vers la sortie. Et cela, alors même que près de vingt pour cent de la population d’Israël est d’origine arabe et de culte chrétien ou musulman.

En 1948, le mouvement palestinien dirigé par le mufti Husseini, qui fut deux ans en poste à Berlin près de son ami Hitler, s’ancrait dans le refus du fait juif et d’un État juif sans même songer à faire son propre État sur la partie qui lui était dévolue, ce qui a déclenché l’expulsion et l’exil des Juifs des pays arabo-musulmans, un exil dont l’évocation seule est refoulée.  C’était la naissance de l’islamisme. Aujourd’hui, celui-ci s’en prend au monde occidental, aux chrétiens, aux coptes, aux musulmans modérés qui en sont aussi les victimes. Mais dans sa majorité, le monde européen qui a enfanté le fantasme final d’élimination  du peuple juif « peuple de trop » est aveugle sur l’islamisme, qui pourtant le menace, voire complaisant avec son fantasme et sa diabolisation du « pays de trop ».

Cette ignorance, cet oubli témoignent d’une déficience sévère dans l’analyse des cultures de la part des politiques qui, obéissant au seul credo de la soumission au marché libre et concurrentiel du travail, prônent un modèle  multiculturel  sans garde-fous. De ce point de vue, nos sociétés sont inconscientes d’elles-mêmes. C’est une histoire qui remonte à la Révolution française lorsqu’elle adopte dans le même élan les droits de l’homme, l’interdiction des corporations et la suprématie du libre marché du travail réduit à une marchandise concurrentielle sans tenir compte de la culture des postulants, fût-elle mortifère. La même erreur sera reconduite par Marx qui, tout en s’insurgeant contre le système du marché du travail, réduira la culture, chrétienne et plus particulièrement juive, à une position et à une idéologie de classe.

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L’agonie de la gauche, Macron et la crise du salariat

by Claude Berger on juin 2, 2017

Macron à l'usine Whirlpool

C’est un coup de maître d’Emmanuel Macron, celui d’avoir compris que la gauche vivait son agonie et que conséquemment l’opposition gauche-droite qui précédait l’élection présidentielle et qui façonnait la vie politique jusque-là, n’était plus viable.

La gauche « socialiste » au pouvoir était fracturée entre d’un côté, les tenants de l’anticapitalisme verbal et de la lutte des classes à l’ancienne et de l’autre, les libéraux mondialistes ralliés au diktat de la compétitivité du travail sur un marché concurrentiel, le tout assorti du fantasme du plein emploi, de la fin du chômage et d’une distribution équitable.

La droite était autant fracturée. D’un côté, les tenants d’un conservatisme moral et national et de l’autre, ceux qui, s’inclinant devant le diktat de la mondialisation du marché du travail et la marchandisation des mœurs, fermaient les yeux, à l’instar des libéraux de gauche, devant la montée des flux migratoires quand ce n’est pas devant l’islamisation de la France et se résignaient devant le terrorisme qui s’en réclame en refusant d’en affronter les fondements sur le sol européen. Les uns et les autres usaient pour cela de la référence aux droits de l’homme et aux avantages prétendus d’un multiculturalisme sans limites raisonnables, abstraction faite des cultures parfois inassimilables des migrants.

Il y avait donc une base objective de réunion des libéraux de droite et des libéraux de gauche, quels que soient les risques conséquents en termes de déperdition culturelle et de terrorisme. La stratégie Macron opère donc sur ce terrain réel.

Les rejetés de la nation, ceux de la ruralité et de ce qui reste de la classe ouvrière malmenée, de la jeunesse inquiète et des adeptes d’une idéologie socialiste moribonde, n’avaient plus qu’à se rabattre sur les extrêmes de droite ou de gauche pour espérer du protectionnisme, des nationalisations, un capitalisme d’Etat à la vénézuélienne ou à la cubaine et des frontières moins ou plus poreuses.

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De la Sainte Gauche et de la pensée-goulag

by Claude Berger on mars 10, 2017

La pensée-goulag

Le 8 février, à l’initiative de la Confédération des Juifs de France amis d’Israël (Cjfai) s’est tenue à Paris une rencontre avec deux représentants du Front National, Gilbert Collard et Louis Alliot qui, soumis au questionnement, ont clairement dénoncé la présence de personnages connus pour leur antisémitisme ou leur antisionisme au sein du FN. Le journal Le Monde a donc titré justement « Gilbert Collard et Louis Aliot s’en prennent à Frédéric Chatillon ».

Cette initiative, qui alimente une controverse apparemment interne au FN, s’inscrit dans une démarche du Cjfai qui soumettra au même questionnement tous les candidats à l’élection présidentielle, dont Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon. La position de ces derniers est connue, elle est anti-israélienne. Elle vise à contester la légitimité d’Israël dans la guerre inaugurée par les représentants des Palestiniens menés dès 1947 par leur chef nazi, le grand mufti de Jérusalem, une guerre perpétuée jusqu’à ce jour. Elle voudrait masquer que l’antisémitisme et le refus du fait juif, répandus de façon culturelle autant que cultuelle, sont à l’origine de l’antisionisme dans le monde arabo-musulman.

Or, chacun devrait savoir que l’autorité palestinienne refuse toujours tout Etat juif et toute présence juive, ce qui est déjà le cas dans les pays arabes et chacun devrait avoir en mémoire que le Hamas et Daesh présents à Gaza, tout comme l’Iran chiite à Téhéran, tout comme le Hezbollah en Syrie et au Liban, affichent clairement leur projet d’éradication d’Israël.

La rencontre du Cjfai relève donc d’un souci citoyen et démocratique, même si le FN que l’on sait en quête de dédiabolisation, abrite quelques diables en son sein (sans responsabilités nous assurent les deux invités). Cette rencontre a pourtant fait l’objet de pressions de la part de certaines institutions juives, dont le CRIF et le Consistoire, qui semblent avoir la mémoire sélective. D’autant que ce qui menace physiquement les Juifs aujourd’hui, c’est la montée du fascisme islamiste. Et ce qui menace Israël, c’est la montée de l’antisionisme, c’est la campagne de boycott et la complaisance de la politique de la France avec « la cause palestinienne », c’est la montée en puissance du Hezbollah et de l’Iran.

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