Charlie Hebdo : honorer la mémoire des victimes, c’est dire la vérité

by Claude Berger on janvier 8, 2015

Je suis Charlie, Strasbourg, 7 janvier 2015 © Claude Truong-Ngoc / Wikimedia Commons

Dire la vérité : après les meurtres de Cabu, de Charb, de Wolinski, de Tignous, d’Honoré, de Bernard Maris, de deux policiers, de plusieurs membres du personnel de Charlie Hebdo dont j’ignore le nom et à qui je rends hommage, c’est la leçon donnée par Philippe Val, lui qui eut le courage de publier la charte du Hamas en place à Gaza. Dire la vérité, c’est cesser pour les politiciens de s’aveugler et pour les journalistes d’aveugler sur la fabrication de l’idéologie islamiste, sur son expansion, sur sa finalité : détruire les démocraties, détruire Israël, tuer les Juifs, installer la charia dans le monde entier et croire au précepte coranique :

« Face à l’armée ennemie […] ce n’est pas vous qui les tuez, c’est Dieu »

Dire la vérité, c’est cesser de diaboliser Israël, de confondre le peuple palestinien avec les islamistes qui les dirigent, de ne faire aucun lien entre les multiples feux génocidaires allumés par l’islam radical non seulement aux portes d’Israël mais au Yémen, au Nigéria, au Mali, en Libye, au Pakistan, en Irak, en Syrie, en Algérie, en Afghanistan, en Indonésie, mais aussi par l’islamisme chiite au Liban avec le Hezbollah, en Iran des ayatollah, un pays rythmé par ses deux pendaisons quotidiennes. Il est temps de rétablir les faits : le conflit israélo-palestinien est né du fait même de l’islamisme qui dès 1948 refusait tout Etat juif sans même songer à faire le sien. Islamophobie ? Alignons les victimes de l’islamisme radical depuis les trois mille morts des tours de New-York, non seulement aux Etat-Unis, en Australie, au Canada, en France, en Europe : les victimes de Merah, de Nemouche, du gang des Barbares : une idéologie totalitaire et conquérante se fabrique devant nous comme s’est fabriquée il y a moins d’un siècle le totalitarisme nazi, inséparable de l’extermination des Juifs, et le totalitarisme bolchevique et ses myriades de camps. L’ « islamophobie » n’a d’autres sources que les crimes commis au nom de l’islam. L’importance des populations d’origine musulmane en Europe ne témoigne pas d’une arabophobie raciste.

Il est de temps de voir, et d’agir. Il est temps de dire la vérité, temps de désigner l’islamisme au cœur de l’Islam sans qu’aucune frontière hermétique ne les sépare. Ce n’est pas rendre service aux musulmans que de cacher que l’islam est source de violence, d’intolérance, de mépris tout comme la chrétienté le fut à l’époque des croisades et de l’inquisition jusqu’au jour où elle accepta de ne plus s’imposer à la société civile et de renier son ambition politique. Jusqu’au jour où elle accepta de se réformer lors de Vatican II, éprouvant de la culpabilité et prenant conscience d’une certaine responsabilité dans la fabrication des idéologies antisémites de droite et de gauche.

Alors cessons de ne pas désigner les choses par leur nom, cessons de nous aveugler sous prétexte fallacieux de ne pas « stigmatiser » les populations musulmanes en France et en Europe à moins comme il semble que le souci de ménager les électeurs l’emporte sur la vérité. Cessons de voir des malades mentaux au lieu de voir des terroristes au volant de voitures-béliers ici quand on décrète que là-bas à Jérusalem, il n’y a que des conducteurs « victimes ». Exiger de l’Islam en France qu’il prenne le chemin du concordat, sévir contre tout déni de la France, cesser les immigrations porteuses d’islamisme, adopter des juridictions contraignantes s’il le faut, pour éradiquer le terrorisme ne doit pas rester un vœu pieux.

Enfin, ouvrir dans les écoles des réflexions sur les cultures religieuses pour neutraliser les violences et les volontés hégémoniques qu’elles peuvent induire. La laïcité telle qu’elle est conçue aujourd’hui est une hypocrisie. Sous prétexte de respecter les croyances, elle ne soumet pas à critique les matrices culturelles qui formatent les individus, en dehors même des textes, dans leur inconscient et par les gestes du quotidien. Procéder à la psychanalyse des matrices culturelles, cela veut dire démonter les schémas familiaux et la gestion de la sexualité par les mythologies qui inaugurent les religions ayant fait ou faisant preuve de violence. La mythologie de la mère vierge et du fils pur suscitait le tabou sur l’acte de chair et favorisait une pulsion de mort contre le Juif symbole du diable confondu avec le père absent et contre les femmes libres, déclarées sorcières et épouses de ce même diable. Le schéma familial latent dans l’islam engendre aussi une telle pulsion source d’une certaine jouissance, la découvrir pour la neutraliser, c’est aussi aider à respecter la spiritualité commune à toutes les religions et les inciter à converger vers une morale pacifique de la solidarité. Les caricatures de Mahomet dans Charlie Hebdo, c’était déjà le refus de cette violence. Honorer la mémoire des journalistes assassinés, c’est perpétuer cette démystification.

Sortir du capitalisme ou sortir du salariat ?

by Claude Berger on décembre 29, 2014

La pollution c'est le salariat

« D’ici à trente ans, le capitalisme va disparaître » prophétise Jeremy Rifkin1. Le chantre de l’économie collaborative envisage « un projet hybride de l’Etat, du marché et des communaux ». Le même avait prédit il y a près de vingt ans « la fin du travail ». La réalité lui a opposé un démenti cruel : il n’y a jamais eu autant de travail salarié sur terre avec la mondialisation du salariat et du chômage dans le cadre d’une demande gigantesque sur tous les continents !

Le mirage rêvé perpétue l’erreur d’analyse que la gauche commet, toutes tendances confondues, depuis plus d’un siècle. Elle définit le capitalisme par l’exploitation et par la suprématie d’une classe sur une autre et elle censure le fait qu’il repose sur le salariat, soit la transformation au XIVe siècle du travail en marchandise concurrentielle sur un marché afin de l’acheter au meilleur prix. Le développement du salariat brise les communautés rurales ou tribales. Puis l’Etat pérennise cette concurrence individualiste motivée par l’appât du salaire par une citoyenneté désolidarisée sous sa coupe. Il est alors censé incarner l’hégémonie de la société. Tout le contraire d’une association dans l’existence, la production, le pouvoir.

Pour son omerta, la gauche a censuré Turgot d’abord, Marx ensuite, les découvreurs de la logique du salariat. Et elle a fabriqué le projet d’un capitalisme d’Etat donc d’un salariat d’Etat au bout d’une lutte permanente contre l’exploitation par la revendication. Un salariat d’Etat qui fut dictatorial dans les grands empires paysans, en URSS comme en Chine, partout improductif et démotivé, bien pire que le salariat privé. Tout compte fait, il ne fut qu’un mode d’installation du salariat par la violence afin de transformer les paysans en salariés livrables sur le marché.

« Le capital et le salariat sont liés l’un à l’autre et disparaîtront ensemble. Il est donc absurde de parler de capitalisme sans salariat » énonçait Marx qui raillait l’étatisme et la vanité de la revendication d’un salaire « équitable » au détriment d’un mouvement pour la fin du salariat. Ce Marx-là a été censuré par les lecteurs « absurdes » de gauche, il est donc déplacé de les qualifier de « marxistes », ce qu’a encore fait Manuel Valls à l’égard de ses frondeurs accrochés à la revendication et à l’étatisme. Pour opérer son passage du capitalisme d’Etat à la social-démocratie et à la compétitivité du travail qui sont au fond des querelles de la gauche, il pourra s’appuyer sur un « expert » : Thomas Piketty. Lui aussi, après feu Hessel et Morin, veut réguler le capitalisme privé – désormais accepté – afin de « l’humaniser ». A son tour, il le définit par l’exploitation, d’où son programme « socialiste » pour le conserver en atténuant les inégalités : l’augmentation des impôts !

Une fois levée l’omerta sur le travail-marchandise, il est aisé de décrypter le processus de la crise. Face à la revendication, le capital soucieux de son taux de profit, cherchera des mains d’œuvres concurrentielles, d’où l’immigration sans jamais tenir compte des cultures importées fussent-elles sources de violence et sinon il exportera ses entreprises, appellera la science à son secours pour inventer de nouveaux produits ou pour robotiser afin d’accroître la productivité (ce qui diminuera la part du travail dans la production pour investir ailleurs, sans justifier pour autant la généralisation opérée par Rifkin) . Il transformera aussi toutes les activités sociales en marchandises et en zones de travail salarié, celles des rencontres, du déplacement, du sexe, de l’enfantement (d’où la GPA), celles des services qui profitent de la privatisation et de la mutualisation des tâches du service public.

Résultat, à l’augmentation du chômage et de la dette, aux tensions résultant des cultures importées, s’ajoute l’exaspération de l’individualisme et du consumérisme. Sous l’aiguillon de la revendication, le salariat s’est ainsi étendu au monde entier et la concurrence du travail avec. Nous assistons donc à la crise du salariat par le fait du surnombre sur le marché tout comme il y eut une crise de l’esclavage et une autre du servage et elle se double d’une crise des valeurs humaines. La revendication appuyée par la gauche traditionnelle s’avère ainsi le meilleur agent de l’extension du salariat et de la concurrence du travail au monde entier alors qu’elle croit « lutter contre le capitalisme » !

La seconde omerta que la gauche opère sur l’oeuvre de Marx veut censurer qu’il la qualifie de « vaine » et de  « sans issue ». La troisième affecte le projet de Marx d’une « union révolutionnaire par l’association » qui mettrait fin au salariat.

Quant à la quatrième omerta, elle porte sur son antisémitisme, partagé par les autres pères fondateurs, Proudhon, Bakounine, Fourier. Croire que cet antisémitisme fut sans effets sur la pensée de Marx et sur sa vision stratégique d’une part et sur la pensée de gauche ensuite est une illusion. En assimilant le judaïsme au trafic, au change et à la souillure, Marx niait toute autonomie à la culture pour en faire une extension de l’économie mais il masquait ainsi sa propre matrice culturelle venue de la chrétienté du moyen-âge, une matrice qu’il sécularisait pour l’appliquer aux Juifs et au mouvement social.

Ainsi naissait cette mythologie « révolutionnaire » et sinon « progressiste » qui perdure dans l’inconscient culturel de la gauche. Le renversement de la bourgeoisie par les prolétaires mime celui des premiers par les derniers. La substitution de la droite au pouvoir par la gauche porteuse du « changement » se calque sur l’accès au Paradis céleste, le soir final prend la place du Jugement dernier tout comme le messie prolétarien chasse le messie divin. Quant à la lutte des classes, elle prend la place du péché originel pour expliquer le tout de l’univers sans possibilité d’intégrer d’autres approches, psychanalytiques pour le façonnement des cultures. Quant à la séparation qui divise pêcheurs et repentis, sa sécularisation opposera les réactionnaires aux « progressistes inscrits dans le sens de l’histoire ». La gauche alors imbue de bonne conscience, se voudra souvent antisioniste, éprouvant même de la compassion pour des islamistes du Hamas, érigés en victimes de « l’impérialisme » en remplacement des prolétaires perdus.

Le salariat ne peut disparaître qu’à la condition que naisse un mouvement humaniste qui lui soit contraire. Et non pas pour des raisons technologiques liées aux nouvelles productions induites par la révolution numérique et les nouveaux espaces de services. Un mouvement qui invente des formes d’association à la fois existentielles, politiques et productrices dans lesquelles la motivation communautaire se substituerait à la motivation au travail par l’appât du salaire individuel.

Dès le début du siècle dernier, des villages non-salariaux, les kibboutzim, ont été inventés en Israël, s’il en subsiste près de 70, il est intéressant de noter que des nouveaux kibboutzim se créent en ville afin de transformer les mentalités pour propager le sens du partage et celui du collectif sans étouffer l’individu et sans l’enfermer dans un phalanstère. Un tel mouvement communaliste vers une révolution tranquille peut-il naître en France ? Le Figaro titrait récemment « Comment sortir du capitalisme ? »2 ? Il faudrait modifier : comment sortir du salariat ?

1. Le Figaro du 24 novembre 2014
2. Le Figaro du 18 septembre 2014

Docteur Zemmour au chevet du Maréchal : un manichéisme en vaut un autre

by Claude Berger on octobre 16, 2014

« Il a sauvé des Juifs français, oui… presque à 100% »

Pour soutenir son propos sur le Maréchal Pétain, Eric Zemmour prétend s’appuyer sur une dénonciation du manichéisme. Cette pensée facile, une pensée « pour tous », ignore en effet que des nationalistes antisémites ont rejoint, les premiers, la résistance gaulliste aux côtés de Juifs, et que des politiciens de gauche, ralliés à la « Révolution nationale », sont passés à la collaboration. Mais la ficelle est grosse qui voudrait établir un lien entre la lutte contre le manichéisme et le brevet de sauvetage indûment accordé au Maréchal.

Le manichéisme sévit certes à gauche depuis longtemps. Par exemple, lorsque Paris-Soir claironne après la rafle du 15 mai 1941 : « Plus de trois mille juifs arrêtés en une nuit à Paris… En route vers les camps de concentration », le PC ne dit mot mais tire fierté de la grève des mineurs déclenchée peu après « pour les revendications », avant la rupture par l’Allemagne du pacte germano-soviétique. Mais plus tard, il fera mine de confondre la lutte contre le nazisme avec la solidarité envers les Juifs traqués, tout en se targuant d’être à lui seul « la Nation ». « Mon parti m’a rendu les couleurs de la France » chantera un Aragon qui se voulait national.

On ne le dira jamais assez : le manichéisme de gauche a sa source dans l’omerta qui règne sur la volonté d’en finir avec les Juifs chez les pères fondateurs, Marx, Proudhon, Bakounine, Fourier… « Rendre le Juif impossible » pour le premier, « les exterminer ou les renvoyer en Asie » pour le second, « les dissoudre » pour le troisième. Bref, un antisémitisme qui a pour origine la sécularisation de la matrice culturelle chrétienne avec pour effets de produire une mythologie progressiste qui ne cesse d’agir, notamment en diabolisant Israël. Ainsi hier, l’URSS stalinienne avait activé la théorie du « complot juif », celui des blouses blanches, et l’antisionisme. Ainsi de nos jours, des trotskistes atteints de la même maladie croient voir leurs nouveaux messies prolétariens chez les islamistes, pauvres « victimes colonisées » du sionisme et de l’impérialisme. Et d’autres après feu Hessel, en viennent à soutenir le Hamas aussi islamiste que « l’Etat » massacreur en Irak ou que l’Iran chiite des mollahs qui affiche ses deux pendus par jour sur ses potences.

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Quelle place pour les Juifs et dans quelle France?

by Claude Berger on septembre 10, 2014

ll a fallu la décapitation d’un journaliste par un djihadiste britannique, puis les massacres de chrétiens et de Yazidis ajoutés à ceux des soldats officiels de l’Irak exécutés au-dessus des fosses par les barbares de l’ « État islamique » pour que les yeux des dirigeants de l’occident s’ouvrent enfin sur la réalité : il y a une offensive de l’islamisme radical dans le monde entier. Sa dangerosité est génocidaire, elle s’étend du Nigéria au Mali, au Yémen, au Soudan, au Pakistan, en Afghanistan… et n’oublions pas l’Iran aux mains d’une dictature théocratique, misogyne et antisémite. Elle menace l’occident et ne saurait être traitée au cas par cas sous le coup de l’émotion suite à un égorgement ou des viols en masse.

Lorsque les mouvements islamistes disposeront d’armes de destruction massive, nucléaires ou autres, ces adeptes d’une religiosité de la mort n’hésiteront pas à les manier. Le pape lui-même appelle la classe politique à réagir militairement. Mais curieusement, lorsqu’il s’agit du conflit entre Israël et le Hamas islamiste, l’aveuglement politique le plus courant y verra le combat d’un pays « sûr de lui et dominateur », surpuissant et colonialiste, contre les « pauvres Palestiniens » enfermés dans Gaza, animés d’une « juste révolte » ! Le Hamas est pourtant un mouvement terroriste spécialisé dans les attentats, les tirs de roquettes et de missiles à partir de lieux médicaux et scolaires, un mouvement qui exécute en public ceux qu’il soupçonne de « traîtrise » et qui utilise sa propre population comme bouclier humain dans le seul but de « détruire Israël », qu’importe !

On taira qu’Israël combat l’islamisme à ses portes pour évoquer un conflit « israélo-palestinien ». On taira que l’islamisme est à l’origine du conflit par son refus de tout État juif lors du plan de partage de 1947. On taira que ce refus était dicté par son dirigeant, le mufti de Jérusalem proche collaborateur d’Hitler, adepte convaincu de son projet d’élimination des Juifs. Cette censure a pour effet de qualifier les manifestations pro-islamistes de « pro-palestiniennes » et de ne voir dans leur haine affichée des Juifs qu’une « importation du conflit moyen-oriental» au lieu tout simplement de voir la réalité : l’islamisme, antioccidental, antisioniste, antichrétien et anti-juif a fait souche en France.

N’oublions pas que parmi les sept morts de Toulouse, les trois premiers étaient ciblés comme militaires français, n’oublions pas les drapeaux français brûlés lors des émeutes anti-juives de Paris. En inversant la réalité, cette censure idéologique devra trouver une « violence israélienne, là-bas » et dans la foulée en trouver une « ici » ! Miracle, on dénichera un groupuscule, la LDJ et on laissera entendre qu’il existe une « violence juive » en France ! Fait qui ne tient pas du hasard, le jour même où le CRIF appelle à soutenir Israël par une manifestation pacifique à Paris, on dénoncera « un massacre » et un « carnage » commis à Gaza par Israël et on annoncera l’interdiction prochaine dudit groupuscule, au lieu de pourchasser et d’interdire les réseaux islamistes en France. Résultat, Israël et les Juifs sont désignés comme ayant une part de responsabilité dans les manifestations anti-israéliennes et anti-juives.

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Le malaise des Juifs de France

by Claude Berger on août 6, 2014

Paris, 31 juillet 2014. La communauté juive appelle au rassemblement et au soutien d’Israël face à l’agression du Hamas, mouvement islamiste et terroriste dont la stratégie est conforme à sa charte : détruire le pays juif.

Le plan est mijoté à l’ombre de l’Europe et de la diabolisation médiatique. Celle qui se tait sur l’usage pervers des boucliers humains. Les pluies de missiles, déjouées, n’ont pourtant rien d’anodin. Et les multiples tunnels n’abritent pas des ateliers de layettes pour relancer l’économie.

Mais le même jour, une nouvelle tombe dont le journal « Libération » se nourrit : la Ligue de Défense Juive, un groupuscule grossi démesurément pour les besoins du propos mais qui a tout de même défendu une synagogue attaquée, serait bientôt interdite.

Curieux hasard, au même moment, le ministre Laurent Fabius dénonce un « carnage » à Gaza qui serait commis aveuglément par les Israéliens.

Monsieur le Président, comment ne pas voir la ficelle ? Dans ce scénario, les Juifs, ici et là-bas, sont mis du côté de la violence, à égalité – pour le moins – avec ceux qui souhaitent leur mort et qui le crient dans les rues de Paris, quand ils n’agressent pas physiquement sans même être condamnés.

Comment ne pas voir la geste d’un trône soumis à son électorat ? Comment ne pas entendre le malaise des Juifs de France, déstabilisés dans leur propre pays, désignés à la vindicte islamiste encouragée par un gauchisme sénile ?

Allez-vous aider les juifs de condition modeste qui vivent sous la menace à quitter Sarcelles ou Villiers-le-Bel, tout comme il faut aider les chrétiens de Mossoul contraints de quitter les terres de non-droit de l’Islam ?

Comment ne pas ressentir l’inquiétude des Juifs quant à leur avenir et leur sécurité en France, voire en Europe ?

Les deux accusations témoignent d’un aveuglement face à la volonté conquérante d’un islamisme qui sévit de l’Irak à la Lybie, de l’Iran à Gaza, du Mali au Nigéria mais aussi d’une régression concernant la place des Juifs en France, une place qui ne fut pas toujours accordée de bonne grâce.

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C’est l’islamisme qu’on importe, pas le conflit israélo-palestinien

by Claude Berger on juillet 19, 2014

1942. Je porte l’étoile jaune rue de la Roquette, une étoile qui m’est décernée le jour de mes six ans.

13 juillet 2014. Dans cette même rue, j’entends les vociférations « Mort aux Juifs ! ». Puis le premier ministre m’assure que la France « ne tolérera jamais que lon essaie, par la violence des mots ou des actes, dimporter sur son sol le conflit israélo-palestinien ».

J’avoue que cette prise de position réitérée par le président Hollande, qui affirme que « le conflit israélo-palestinien ne peut pas simporter » ne me rassure pas quant au devenir des Juifs et de la France car elle est le signe d’un profond aveuglement.

Non, Messieurs Valls et Hollande, ce n’est pas le conflit israélo-palestinien qui s’importe, c’est l’idéologie islamiste qui a fait souche en France et qui menace les Juifs d’abord, la France ensuite.

Le conflit qui a cours aujourd’hui au Proche-Orient est avant tout un conflit Israël-Hamas, le Hamas, proche des Frères musulmans d’Egypte désormais évincés, dont on connait l’intention de « détruire lEtat juif » et qui veut détourner le conflit plus soft mais irrésolu Israël-Autorité palestinienne en déclenchant puis en continuant les hostilités.

Ce n’est pas un conflit « Israéliens-Palestiniens ». Faut-il vous rappeler que le refus de tout Etat juif en 1948 lors du plan de partage en deux Etats doit beaucoup au grand Mufti de Jérusalem en place deux années à Berlin près de son ami, Hitler, avant d’être exfiltré d’Allemagne par la France, échappant ainsi aux prisons anglaises ? Bref que l’islamisme est à l’origine du conflit.

Pour l’islamisme, Israël est un pays de trop, tout comme les Juifs sont un peuple de trop. Et les victimes d’hier sont par lui métamorphosées en « bourreaux » des Palestiniens, des musulmans, des Arabes avec la complicité de l’occident coupable.

Cette mythologie est favorisée en Europe par les orphelins des idéologies du renversement totalitaire, aveugles devant les manifestations d’un fascislamisme qui sème la terreur en Orient comme en Afrique.

Le paradoxe veut que la France intervienne contre lui au Mali et qu’elle laisse s’implanter en France des adeptes de cet islamisme.

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Juifs et Roms, une solidarité ?

by Claude Berger on juillet 13, 2014

Le lynchage d’un Rom à Pierrefitte par une bande de vingt jeunes issue de la cité des Poètes, en mal de vengeance pour un vol supposé commis par l’adolescent au domicile d’un habitant de la cité, Mohammed G, puis son abandon dans un caddie de supermarché, ouvre en urgence un champ de réflexions. Il concerne non seulement les Juifs, autres victimes de violences, mais l’ensemble des Français.

Après la réprobation morale de circonstance, « odieux, inacceptable, on ne fait pas justice soi-même en République », on invoquera des circonstances atténuantes, le mal des cités, le chômage des jeunes, la misère économique et le ras-le-bol de la présence des campements de Roms accusés, par les populations sédentaires voisines, de vols à répétition et de risques infectieux. Et on en appellera à l’Etat, « pas assez gardien de l’ordre », aux édiles politiques, soucieux de leurs électeurs, qui répèteront la stigmatisation : « Les Roms ont vocation à revenir chez eux » (Manuel Valls, alors ministre de l’Intérieur) ou, qui ici et là, dénonceront l’installation de camps de Roms et la hausse parallèle des cambriolages (Samia Ghali à Marseille).

Si l’on s’en tient là, au seul problème de la présence des campements de Roms, des accusations de vols et de la mendicité familiale en ville, il n’y a pas d’issue sauf celle de la montée de la violence à leur égard sous le regard impuissant de l’Etat.

L’autre problème, c’est le libre cours de la violence qui n’a pas pour cible que les Roms. L’attentat de Bruxelles, quatre morts, qui redit celui de Toulouse, les agressions multiples contre des Juifs à Créteil, à Sarcelles, à Paris, l’assassinat par torture d’Ilan Halimi, désignent une dérive d’une partie de la population dans le culte de la violence de l’Islam radical mais aussi de l’animisme.

Cette violence affecte en premier lieu les Juifs mais elle peut s’exercer contre d’autres populations ou religions et pour d’autres motifs, y compris contre des musulmans modérés admettant la séparation du culte et de l’Etat.

Or, curieusement, lorsqu’il s’agit de Roms non seulement victimes, comme ici, ou auteurs supposés de délits ou simplement de gêne, ou lorsqu’il s’agit de Juifs victimes d’agressions parfois mortelles , on les désigne par leur nom tandis qu’on tait l’origine des agresseurs le plus souvent d’origine magrébine ou subsaharienne sous le prétexte « antiraciste » de ne pas « stigmatiser ». Bref, les agresseurs sont « français ». Il n’y a donc rien à dire sauf à dénoncer la « misère économique », responsable privilégiée de la délinquance, et l’on ignorera la culture : « quand j’entends le mot culture je sors mon revolver » !

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L’idéologie odieuse, les failles de la République

by Claude Berger on janvier 20, 2014

Article publié dans les Cahiers du Cercle Bernard Lazare de février 2014.

Le clown s’excuse. C’est promis, il ne tiendra plus de propos antisémites. La raison ? La loi ne le permet plus. L’instance suprême a sévi. Jusqu’à l’interdiction de son spectacle, la loi aurait pu s’appliquer pour profération de propos antisémites ou négationnistes. Elle ne l’avait pas fait et l’on peut s’interroger. Le désir de tenir de tels propos est-il éteint pour autant ? Sûrement pas ! Le récidiviste, il le fut, s’arrêtera-t-il là ? On peut en douter, quels que soient les habits, griot africain ou imam iranien, dont il s’affublera. Car le rôle qu’il a joué par ses spectacles n’est pas anodin. Il a réussi à faire converger les deux viviers de l’antisémitisme, celui issu de la matrice culturelle chrétienne-nationaliste et celui issu de la matrice culturelle islamiste. L’affaire Dieudonné et le coup d’arrêt porté par Manuel Valls auront révélé, pour ceux qui l’ignoraient, qu’une idéologie odieuse est née qui réunit, dans une même haine, des Blacks, des Blancs et des Beurs, des « indigènes » des cités et des droites extrêmes des beaux quartiers.

Mais la révélation ne s’arrête pas là. Elle fait apparaître au grand jour les failles de la République à l’égard de ce phénomène unique dans l’histoire de l’humanité que fut l’extermination planifiée des Juifs durant la seconde guerre mondiale. En France, il fallut déjà attendre longtemps, trop longtemps, jusqu’au discours de Chirac, pour qu’on reconnaisse la participation française à l’extermination et que l’on s’intéresse au « comment ». Mais jusqu’ici on ne s’est pas trop intéressé au « pourquoi ».

Des historiens, Léon Poliakov, Jules Isaac, des psychanalystes, Karl Abraham, Bela Grünberger, ont pourtant ouvert la voie. Mais la bien-pensance préfère des historiens moins gênants tels Hanna Arendt, qui feront de l’antisémitisme une extension du totalitarisme tout comme d’autres en font aujourd’hui une extension du conflit moyen-oriental. Ce « travail », ce questionnement du « pourquoi » n’a été ni ordonné ni entrepris. Que ce soit dans les écoles ou dans les universités, dans la presse écrite ou dans la médiation audiovisuelle. L’information des faits, la commémoration peuvent donner bonne conscience mais ne suffisent pas. Pire, sans ce « travail » d’analyse de ce dont les civilisations et les matrices culturelles sont porteuses, elles ne peuvent que susciter une culpabilité qui mène au rejet par overdose et à la recherche d’équivalences : « d’autres peuples ont souffert, pourquoi parler tout le temps de la Shoah et des Juifs ? » Et de citer « la traite négrière et les peuples colonisés » !

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A propos du livre de Claude Berger : « Pourquoi l’antisémitisme ? »

by Claude Berger on septembre 12, 2013

Chronique du livre de Claude Berger « Pourquoi l’antisémitisme ? » publiée dans Actualité Juive du 12 septembre 2013.

Pourquoi l'antisémitisme ?

Y a-t-il un « pourquoi » à l’antisémitisme, cette passion qui touche à ce qu’il y a de plus irrationnel chez l’être humain ?

« Poser la question du pourquoi, c’est s’interroger sur les motivations profondes et sur les pulsions inconscientes qui nourrissent les propos et les actes criminels antisémites » répond d’entrée de jeu Claude Berger.

C’est enfin et surtout s’atteler à penser le phénomène antisémite dans sa continuité historique qui est celle de ses soubassements religieux tant il est vrai que la haine antijuive, y compris dans ses formes les plus actuelles, demeure incompréhensible sans une analyse en profondeur des deux religions monothéistes.

L’antisémitisme contemporain ressortit en effet d’une double matrice chrétienne et islamique, laquelle matrice place le signe juif tant du côté de l’origine, comme figure symbolique du père, que de celui de la chute de l’humanité avec la mise à mort du Christ. Forgée par Saint-Augustin, la notion de « peuple témoin » est à cet égard emblématique : « Maintenant c’est fait : par toutes les nations ont été dispersés les Juifs, témoins de leur iniquité et de notre vérité. » écrit alors l’évêque d’Hippöne, ville romaine située de l’autre côté de la Méditerranée dans ce qui n’est pas encore l’Algérie. La persécution des Juifs censée démontrer leur erreur originelle s’inscrit dans cette période, au 4e siècle après J-C, comme un dogme de l’Eglise.

Cette association du Juif à une féminité jugée diabolique est-elle absente de la religion musulmane, qui n’a jamais admis, on le sait, la mise à mort du Christ ? Si le Coran diffère sur bien des plans des Evangiles, il n’en reste pas moins que celui-ci « n’altère pas de façon significative », le discours islamiste, souligne l’auteur, reprenant à son compte l’ancienne imagerie selon laquelle « la chute de l’humanité est due aux Juifs ».

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Le kibboutz : un message du petit Israël au monde entier

by Claude Berger on mai 31, 2013

Article publié dans les Cahiers du Cercle Bernard Lazare de mai 2013, à loccasion du 65ème anniversaire de lÉtat dIsraël.

Sur une table dressée, un anniversaire allume toujours les bougies du souvenir. Mai 1948, je revois le Pletzel, le quartier juif de Paris. Il s’étendait alors du quai de Seine au bas Belleville, la Place Saint-Paul en était un centre et la Place de la République un autre. L’industrie du tissu et le labeur de la confection mettaient à l’ouvrage les grossistes, les artisans du vêtement, les ouvriers à domicile qui livraient à dos d’hommes les dernières collections façonnées en nocturne. Une ruche dans laquelle les abeilles parlaient encore yiddish. Rue Saint-Antoine, la première immigration des Juifs d’Algérie occupait le marché des quatre saisons. Les deuils impossibles après la décimation, la volonté de regarder vers l’avant avec la douleur aux basques et voilà que la nouvelle déferle : « L’Etat d’Israël est proclamé ! ».

Elle ouvre les portes, elle livre aux fenêtres une clameur, et les Juifs encore meurtris viennent crier de joie dans les cours. Ils sont là, les jeunes orphelins aux études cassées, les rescapés. Ils sont nombreux à s’être jetés dans le champ libre de la brocante et de la chine, un espace ouvert aux nomades en exil incessant. Ils sont là ceux du café Galidie de la rue Charlemagne : Jacquot Tel-Aviv, Moshé le zazou, Albert le Hongrois, Moustache et tous ceux dont j’ai oublié le nom qui s’enthousiasment, éprouvant soudainement une fierté inconnue mais auparavant rêvée: les Juifs de l’exil ont construit leur Etat après un peu moins de deux mille ans d’absence et de persécutions. Les Juifs feront fleurir leur culture et jamais plus ne s’inclineront. Il y a la guerre, ils la gagneront. Le refus de l’Etat juif par les cinq pays arabes qui l’attaquent dès sa proclamation et par les Arabes palestiniens pour ceux qui suivent le grand Mufti ancien allié d’Hitler, annonciateur de la parenté entre le nazisme et l’islamisme, échouera. Il faudra du temps avant que naisse un nationalisme palestinien qui accepte le principe de deux Etats et délaisse véritablement l’ancienne rhétorique maintenue par les fous de Dieu du Hamas. Le souffle de joie s’enthousiasmait autant de la résurrection nationale que du monde nouveau qui naissait. L’image des jeunes pionniers, garçons et filles mêlées qui, dans les kibboutzim, inventaient une forme de vie collective et égalitaire, sans propriété et sans salaire, faisait rêver. Le dévouement à la communauté d’existence et de production se substituait à l’appât par le salaire qui sert de motivation au travail dans la société capitaliste fondée sur le salariat mais il construisait de surcroît la nation dans la continuité. L’Etat d’Israël bénéficiait de cette image et de cette invention qui n’avait rien d’une idéologie et qui s’est faite sur le tas à Degania en 1909.

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Y a-t-il un « pourquoi » à l’antisémitisme ?

by Claude Berger on mai 28, 2013

Chronique du livre de Claude Berger « Pourquoi l’antisémitisme ? » publiée dans les Cahiers du Cercle Bernard Lazare de mai 2013.

Pourquoi l'antisémitisme ?

Y-a-t-il un « pourquoi » à l’antisémitisme, cette passion qui touche à ce qu’il y a de plus irrationnel chez l’être humain ? « Poser la question du pourquoi, c’est s’interroger sur les motivations profondes et sur les pulsions inconscientes qui nourrissent les propos et les actes criminels antisémites » répond d’entrée de jeu Claude Berger.  C’est enfin et surtout s’atteler à penser le phénomène  antisémite dans sa continuité historique qui est celle aussi de ses soubassements religieux.

L’auteur met à cet égard à nu un certain nombre de mythes contemporains qui, à force de vouloir trop « contextualiser » la violence antijuive, finissent paradoxalement par la déshistoriciser, faisant fi de ce « temps long » façonnant l’inconscient collectif des peuples et des civilisations. Ainsi en est-il des violences  judéophobes  qui ont marqué l’actualité française de cette dernière décennie, de l’assassinat d’Ilan Halimi à celui des enfants juifs de Toulouse. La « bien-pensance », note sur ce point l’auteur, « fait de l’antisémitisme moderne une extension du « conflit israélo-palestinien » tout comme elle avait fait de l’antisémitisme exterminateur passé une extension du totalitarisme nazi et un phénomène allemand sans histoire moyenâgeuse  et sans  passé chrétien déterminant. »

L’antisémitisme contemporain ressortit d’une double matrice chrétienne et islamique. La haine anti-juive demeure incompréhensible sans une analyse en profondeur des deux religions monothéistes issues de la même origine judaïque. L’Eglise en tant qu’institutionnalisation du christianisme, devenu religion d’Etat au IVème siècle, pose les fondements de la doxa anti-juive. Selon ce qui deviendra le dogme de l’Eglise catholique, les malheurs des Juifs, les persécutions dont ils sont l’objet, sont sensés démontrer leur erreur originelle, celle de ne pas avoir reconnu la « vraie religion ». C’est ce qu’exprime la notion de « peuple témoin » forgée par Saint-Augustin : « Maintenant  c’est fait : par toutes les nations ont été dispersés les Juifs, témoins de leur iniquité et de notre vérité. »

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La légèreté coupable d’Hannah Arendt

by Claude Berger on mai 18, 2013

Doit-on subir Hannah Arendt ? Le film, bien entendu, apologie pesante de l’auteure, présentée triomphante de ses adversaires, ceux-là ignorés pour les besoins du spectacle. Doit-on subir ses propos, ses interprétations, sans révéler leurs faiblesses et les critiques émises de son vivant ?

Le livre d’Hannah Arendt Eichmann à Jérusalem avance deux idées « marketing ». Premièrement, Eichmann était un être médiocre, banal, un fonctionnaire servile obéissant aux ordres du chef d’un système totalitaire, à mille lieux d’un monstre. D’où le concept de « banalité du mal » et l’accusation de l’extermination des Juifs à porter au seul totalitarisme, ce qui universaliserait l’inhumain dans l’humain, éluderait la spécificité et l’unicité de la Shoah et dispenserait de rechercher les motifs et les pulsions irrationnels d’un fantasme qui, pour se vouloir final, fut porté par l’histoire depuis l’époque des croisades. Secondement, les Conseils juifs, administrations juives des ghettos, accusés d’avoir eux-mêmes collaboré à la destruction des Juifs et la Cour israélienne suspectée à tort de censurer, par idéologie nationaliste, la question qu’elle avait traitée dans un autre procès.

Un philosophe, fort heureusement, a dégainé sa lucidité pour dénoncer l’imposture. Il s’agit de Luc Ferry (Le Figaro du 9 mai) qui relève « la colossale méprise d’une intellectuelle piégée par des abstractions » qui se contente d’observer les justifications du fonctionnaire Eichmann exécutant les tâches qui lui sont assignées : l’extermination des juifs par tous les moyens sans jamais poser la question des motivations qui l’ont fait adhérer à la réalisation d’un tel projet1.

Lorsqu’un criminel assassine, on s’empresse de sonder ses repères familiaux et ses motivations. Il y a lieu d’en faire autant pour les crimes de société. Avant l’industrialisation de l’extermination par les gaz et l’élimination des corps par les fours en 1942, le crime contre les Juifs était pratiqué à l’ancienne, au fusil ou à la mitrailleuse, à même les charniers sur le front d’Ukraine dès juillet 1941, tout comme en Roumanie par une action conjointe allemande et roumaine. L’engagement rapproché des tueurs répond à une passion qui elle-même offre un plaisir à tuer. La participation à un pogrom d’Etat utilisant des méthodes industrielles n’élimine pas la passion d’un projet qui promettait la libération par l’élimination d’un peuple obstacle et « parasite » et la venue d’un âge d’or national-socialiste. La satisfaction y est en apparence plus distante, plus « raisonnée » mais par là plus déterminée dans la durée et plus responsable.

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