Le refus du fait juif en terre d’islam et en terre d’Occident

by Claude Berger on juillet 20, 2017

Aliza Bin-Noun, ambassadrice d’Israël en France, rappelle dans un article publié par Le Figaro (21 juin 2017) que « c’est le rejet systématique d’Israël en tant qu’État-nation du peuple juif » qui fait « obstacle à la paix ». Derrière ce rejet, c’est en effet le refus manifeste du fait juif dans l’islam et dans l’islamisme qui est à l’œuvre. La preuve en est que ce rejet est conjugué avec le refus de toute présence juive dans l’État palestinien revendiqué, tout comme il en est ainsi dans tous les pays arabo-musulmans d’où les Juifs ont été chassés ou poussés vers la sortie. Et cela, alors même que près de vingt pour cent de la population d’Israël est d’origine arabe et de culte chrétien ou musulman.

En 1948, le mouvement palestinien dirigé par le mufti Husseini, qui fut deux ans en poste à Berlin près de son ami Hitler, s’ancrait dans le refus du fait juif et d’un État juif sans même songer à faire son propre État sur la partie qui lui était dévolue, ce qui a déclenché l’expulsion et l’exil des Juifs des pays arabo-musulmans, un exil dont l’évocation seule est refoulée.  C’était la naissance de l’islamisme. Aujourd’hui, celui-ci s’en prend au monde occidental, aux chrétiens, aux coptes, aux musulmans modérés qui en sont aussi les victimes. Mais dans sa majorité, le monde européen qui a enfanté le fantasme final d’élimination  du peuple juif « peuple de trop » est aveugle sur l’islamisme, qui pourtant le menace, voire complaisant avec son fantasme et sa diabolisation du « pays de trop ».

Cette ignorance, cet oubli témoignent d’une déficience sévère dans l’analyse des cultures de la part des politiques qui, obéissant au seul credo de la soumission au marché libre et concurrentiel du travail, prônent un modèle  multiculturel  sans garde-fous. De ce point de vue, nos sociétés sont inconscientes d’elles-mêmes. C’est une histoire qui remonte à la Révolution française lorsqu’elle adopte dans le même élan les droits de l’homme, l’interdiction des corporations et la suprématie du libre marché du travail réduit à une marchandise concurrentielle sans tenir compte de la culture des postulants, fût-elle mortifère. La même erreur sera reconduite par Marx qui, tout en s’insurgeant contre le système du marché du travail, réduira la culture, chrétienne et plus particulièrement juive, à une position et à une idéologie de classe.

L’autre fondement de cet aveuglement sur la culture antijuive de l’islam, conjugué avec la diabolisation d’Israël, ressort de l’inconscient culturel chrétien qui a façonné  l’ensemble des citoyens y compris les pères fondateurs de la pensée de gauche. Marx, Proudhon, Bakounine, Fourrier. Les quatre termes issus de la matrice culturelle chrétienne et qui seront sécularisés sont toujours actifs. Une équation mystérieuse issue des Évangiles implique que les Juifs sont à l’origine de la chute, qu’ils sont un corps étranger, ennemis du genre humain et hostiles à Dieu… tout comme l’acte de chair, qu’ils complotent pour rétablir le pouvoir du père juif tué symboliquement. « Vous avez pour père le diable et vous voulez accomplir les désirs du père » est-il écrit dans Jean 8, et en conclusion, il faut souhaiter la disparition des porteurs de l’iniquité… « On devrait les tuer comme des chiens » est-il écrit dans Perceval ou le Roman du Graal de Chrétien de Troyes. On pourra déceler à l’origine de cette mythologie un amour purifié entre une mère vierge et son fils pur a contrario du judaïsme qui ne projette aucun schéma parental au ciel…

S’il est grand temps de poser la question de l’islamisme, de son refus du fait juif et de sa violence de façon objective, il est également temps de lever le voile sur l’origine de la diabolisation d’Israël qui doit énormément à la sécularisation de la matrice culturelle inconsciente. Cette sécularisation qui voudrait faire des Palestiniens des victimes des Juifs, ce qui soulagerait la culpabilité de la chrétienté après la Shoah, permet ainsi de passer sous silence la maltraitance et l’expulsion des Juifs des pays arabes et musulmans.

On ne saurait oublier de ce point de vue qu’avant de devenir compatible avec la République, l’Eglise inquisitoriale dut subir la contrainte révolutionnaire et la lutte anticléricale, admettre la Réforme puis, après la seconde guerre mondiale, faire un travail sur elle-même pour se démarquer d’un antijudaïsme ayant alimenté l’antisémitisme exterminateur.

L’islam repose également sur un dogme clivant : Mahomet est le Prophète et ne pas y croire rejette du côté des mécréants. S’ensuit l’obligation de conquérir l’univers. Mais le schéma parental et sexuel sous-jacent sous le modèle du Prophète, propose un amour entre un jeune homme orphelin et une veuve, substitut maternel, puis à sa mort la prédation de fillettes et la polygamie en proclamant l’infériorité des femmes. Ce schéma, resté sans analyse, implique une oppression des femmes et une pulsion de mort dirigée contre les Juifs, les apostats et les chrétiens. Pulsion qui trouve sa jouissance dans la mort des mécréants. Soumettre la volonté de spiritualité et de morale affichée dans l’islam, à l’instar des autres religions mais contredite par la violence, à une mise sur le divan est une nécessité. Introduire la critique de cette violence conquérante dans les lieux d’éducation est un devoir. On peut, on doit se poser la question pourquoi la violence de l’islam se propose-t-elle maintenant face au monde entier ? La réponse est simple : la mondialisation du marché du travail et du salariat avec la liberté de circulation des femmes qu’elle suppose et l’affirmation de l’État hégémonique qui l’accompagne, signifie pour l’islam la perte de son hégémonie culturelle, d’où sa réaction violente. Son antisionisme et son antisémitisme n’étaient qu’un début. L’islamisme affronte désormais le monde entier.

Une fois entendu ce rejet du fait juif dans le monde musulman, mais aussi dans le monde occidental formaté par un inconscient culturel émanant de la matrice culturelle chrétienne, implique d’être conscient que l’État de la nation juive ne peut être un État comme les autres : il doit se revendiquer de la pensée de Jérusalem comme l’avait magistralement annoncé Moses Hess, auteur de Rome et Jérusalem, qui fut proche puis contradicteur de Marx et d’Engels et qui fut le visionnaire du futur pays juif. Moses Hess, reconnu par Herzl comme le plus grand penseur juif après Spinoza. Dès lors la reconstruction de l’unité du peuple juif qui fut dispersé est impérative. Elle passe par le saisissement mémoriel de toutes les cultures créées par les exilés dans les pays où ils sont trouvés, où ils ont vécus en exil, où ils ont survécu. Elle passe par l’affirmation culturelle de la pensée de Jérusalem. Cette mémoire retrouvée, tant des cultures développées dans les pays de religion chrétienne, musulmane, bouddhiste ou autre, est une exigence tout comme le projet d’un lieu spécifique dédié à la culture des Juifs chassés des pays arabes ou musulmans.

Léon Askenazi aimait répéter que chaque juif diasporique est judéo quelque chose. Nous devons mettre les judéos en commun et ne pas opposer les quelque chose, c’est cette unité du peuple juif que nous devons reconstruire. Autour de la pensée de Jérusalem face à la pensée de Rome et de La Mecque.

Cet article constitue la participation de Claude Berger au Colloque pour la création d’un centre dédié à la culture des Juifs originaires des pays musulmans ou arabo-musulmans qui s’est tenu à Tel Aviv le 26 juin 2017.

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L’islam, l’islamisme et les aveugles

by Claude Berger on juin 21, 2017

Il faut désormais s’habituer à vivre sous la menace permanente d’attentats islamistes réputés « imprévisibles », tel est l’aveu d’impuissance que délivrent les dirigeants du monde occidental face aux attentats récents qui ont endeuillé la Grande Bretagne, la Belgique, la France, l’Allemagne, l’Australie, l’Iran, l’Egypte, l’Afghanistan…

Impuissance, incompréhension et aveuglement face au profil des terroristes assassins qui, pour une bonne part, sont classés dans la case des « déséquilibrés » agissant sans lien direct avec le terrorisme organisé de Daesh ou d’Al-Qaïda.

C‘est ignorer gravement qu’il n’y a pas de frontière hermétique entre l’islam ordinaire dit « modéré » et l’islamisme violent, tout comme il n’y a pas de frontière hermétique entre le terrorisme islamiste commandité et le terrorisme islamiste spontané.

Cette ignorance, cet oubli témoigne d’une déficience sévère dans l’analyse des cultures de la part des politiques qui, obéissant au seul credo de la soumission au marché libre et concurrentiel du travail, prônent un modèle multiculturel sans garde-fous.

De ce point de vue, nos sociétés sont inconscientes d’elles-mêmes.

C’est une histoire qui remonte à la Révolution française lorsqu’elle adopte dans le même élan les droits de l’homme, l’interdiction des corporations et la suprématie du libre marché du travail réduit à une marchandise concurrentielle sans tenir compte de la culture des postulants, fût-elle mortifère.

La même erreur sera reconduite par Marx qui, tout en s’insurgeant contre le système du marché du travail, réduira la culture, chrétienne et plus particulièrement juive à une position et à une idéologie de classe.

De nos jours, cette même inconscience, de droite ou de gauche, oubliera ainsi que les migrants dits « économiques » sont aussi des migrants culturels. Le triste exemple d’un évènement survenu en 2015 est là pour nous le rappeler : sur une embarcation chargée de cent douze migrants et menaçant de sombrer, une quinzaine de musulmans jettent douze chrétiens, surpris en train de prier, à la mer.

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L’agonie de la gauche, Macron et la crise du salariat

by Claude Berger on juin 2, 2017

Macron à l'usine Whirlpool

C’est un coup de maître d’Emmanuel Macron, celui d’avoir compris que la gauche vivait son agonie et que conséquemment l’opposition gauche-droite qui précédait l’élection présidentielle et qui façonnait la vie politique jusque-là, n’était plus viable.

La gauche « socialiste » au pouvoir était fracturée entre d’un côté, les tenants de l’anticapitalisme verbal et de la lutte des classes à l’ancienne et de l’autre, les libéraux mondialistes ralliés au diktat de la compétitivité du travail sur un marché concurrentiel, le tout assorti du fantasme du plein emploi, de la fin du chômage et d’une distribution équitable.

La droite était autant fracturée. D’un côté, les tenants d’un conservatisme moral et national et de l’autre, ceux qui, s’inclinant devant le diktat de la mondialisation du marché du travail et la marchandisation des mœurs, fermaient les yeux, à l’instar des libéraux de gauche, devant la montée des flux migratoires quand ce n’est pas devant l’islamisation de la France et se résignaient devant le terrorisme qui s’en réclame en refusant d’en affronter les fondements sur le sol européen. Les uns et les autres usaient pour cela de la référence aux droits de l’homme et aux avantages prétendus d’un multiculturalisme sans limites raisonnables, abstraction faite des cultures parfois inassimilables des migrants.

Il y avait donc une base objective de réunion des libéraux de droite et des libéraux de gauche, quels que soient les risques conséquents en termes de déperdition culturelle et de terrorisme. La stratégie Macron opère donc sur ce terrain réel.

Les rejetés de la nation, ceux de la ruralité et de ce qui reste de la classe ouvrière malmenée, de la jeunesse inquiète et des adeptes d’une idéologie socialiste moribonde, n’avaient plus qu’à se rabattre sur les extrêmes de droite ou de gauche pour espérer du protectionnisme, des nationalisations, un capitalisme d’Etat à la vénézuélienne ou à la cubaine et des frontières moins ou plus poreuses.

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De la Sainte Gauche et de la pensée-goulag

by Claude Berger on mars 10, 2017

La pensée-goulag

Le 8 février, à l’initiative de la Confédération des Juifs de France amis d’Israël (Cjfai) s’est tenue à Paris une rencontre avec deux représentants du Front National, Gilbert Collard et Louis Alliot qui, soumis au questionnement, ont clairement dénoncé la présence de personnages connus pour leur antisémitisme ou leur antisionisme au sein du FN. Le journal Le Monde a donc titré justement « Gilbert Collard et Louis Aliot s’en prennent à Frédéric Chatillon ».

Cette initiative, qui alimente une controverse apparemment interne au FN, s’inscrit dans une démarche du Cjfai qui soumettra au même questionnement tous les candidats à l’élection présidentielle, dont Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon. La position de ces derniers est connue, elle est anti-israélienne. Elle vise à contester la légitimité d’Israël dans la guerre inaugurée par les représentants des Palestiniens menés dès 1947 par leur chef nazi, le grand mufti de Jérusalem, une guerre perpétuée jusqu’à ce jour. Elle voudrait masquer que l’antisémitisme et le refus du fait juif, répandus de façon culturelle autant que cultuelle, sont à l’origine de l’antisionisme dans le monde arabo-musulman.

Or, chacun devrait savoir que l’autorité palestinienne refuse toujours tout Etat juif et toute présence juive, ce qui est déjà le cas dans les pays arabes et chacun devrait avoir en mémoire que le Hamas et Daesh présents à Gaza, tout comme l’Iran chiite à Téhéran, tout comme le Hezbollah en Syrie et au Liban, affichent clairement leur projet d’éradication d’Israël.

La rencontre du Cjfai relève donc d’un souci citoyen et démocratique, même si le FN que l’on sait en quête de dédiabolisation, abrite quelques diables en son sein (sans responsabilités nous assurent les deux invités). Cette rencontre a pourtant fait l’objet de pressions de la part de certaines institutions juives, dont le CRIF et le Consistoire, qui semblent avoir la mémoire sélective. D’autant que ce qui menace physiquement les Juifs aujourd’hui, c’est la montée du fascisme islamiste. Et ce qui menace Israël, c’est la montée de l’antisionisme, c’est la campagne de boycott et la complaisance de la politique de la France avec « la cause palestinienne », c’est la montée en puissance du Hezbollah et de l’Iran.

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Le suicide français

by Claude Berger on février 12, 2017

François Hollande et Mahmoud Abbas

Article publié par l’agence Menapress le 16 janvier 2017.

Le coup bas porté contre Israël par François Hollande en vue de contraindre l’Etat juif à des « négociations » entérinant l’hostilité islamiste est aussi un coup bas porté contre la France. On ne peut prétendre lutter contre le terrorisme islamiste qui frappe le monde occidental et particulièrement l’Hexagone et ménager l’islam en voie de radicalisation ou lui trouver des circonstances atténuantes allant jusqu’à taire son nom et à chantonner « pas d’amalgame », ou encore soutenir les positions pro-palestiniennes ou le Hamas en place à Gaza, obsédés par l’éradication d’Israël.

Le refus du fait juif dans le monde musulman ne date pas d’aujourd’hui. Statut de dhimmis, statut d’infériorité puis refus de tout Etat juif lors du plan de partage de 1947 sans même envisager d’Etat palestinien sur la partie qui sera occupée par les Jordaniens: le conflit israélo-palestinien fut la première manifestation de l’islamisme avec à sa tête le mufti Amin Al-Husseini, proche d’Hitler deux ans en poste à Berlin, également proche du gouvernement de Vichy, chef palestinien des Frères musulmans, exfiltré par la France pour échapper eux prisons anglaises. Le refus du fait juif dans le monde arabo-musulman, refus culturel n’est que la manifestation d’un refus cultuel. Mais c’est désormais le refus du monde occidental, un monde formaté par une matrice culturelle chrétienne et par la civilisation du double marché du travail et des produits, synonyme de liberté de circulation des femmes, qui sert de cible à l’expansion islamiste.

On peut donc s’étonner : comment Hollande et Ayrault, empruntant la voie tracée par Obama et Kerry, sont-ils aveugles à ce point pour prétendre imposer comme frontière la ligne de 1967, qui n’était qu’une ligne d’armistice avec les Jordaniens, et la partition de Jérusalem ? Aveugles et peu lettrés pour s’inscrire dans l’offensive menée contre la légitimité d’Israël, Etat du peuple juif. Aveugles et peu lettrés pour bafouer l’histoire du peuple juif et ses liens avec la terre d’Israël.

Chateaubriand, en 1806, avait déjà perçu cette tendance antijuive et anti-israélienne avant l’heure, tapie dans l’inconscient culturel français, également formaté des siècles durant par une matrice culturelle chrétienne dirigée contre les Juifs « ennemis du genre humain et hostiles à Dieu » selon Paul , qui ont « le diable pour père » selon Jean. Or l’auteur de l’Itinéraire de Paris à Jérusalem déclarait :

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L’agonie de la gauche et le revenu universel : Marx, réveille-toi, ils sont devenus fous !

by Claude Berger on janvier 31, 2017

Charlie Chaplin - Les Temps-modernes

L’erreur de casting présidentiel n’est pas la seule cause de la faillite de la gauche en campagne électorale. Qu’elle défende la chimère du revenu universel ou la fiche de paye, elle doit cette agonie à la faillite de son idéologie et disons le mot de sa théologie.

Depuis plus d’un siècle, depuis la chute de la Commune,  les gauches ont réduit le rapport du capital au travail à l’exploitation en ignorant qu’il repose avant tout sur le salariat, c’est-à-dire sur la transformation du travail en marchandise concurrentielle sur son marché. L’appât du salaire y joue le rôle de motif du travail. C’est une invention qui succède à la corporation.

Tout commence au XIVe siècle lorsque les marchands s’approprient le travail pour fabriquer par eux-mêmes (premier marché du travail à Auxerre en 1393 selon Braudel). Il a fallu quatre siècles, jusqu’aux décrets d’Allarde de mars 1791 suivis de la loi Le Chapelier de juin 1791 (contemporains des droits de l’homme) pour que soient interdites les corporations affiliées à un ordre religieux et respectueuses de l’ordre féodal et pour que soit libéré le marché du travail.

L’analyse critique du salariat inaugurée par Turgot puis poursuivie par Marx a été refoulée par la social-démocratie parlementariste ou violente. De Marx, elle n’a lu qu’une ligne sur deux et, dans la foulée, elle a jeté  le projet de l’abolition du salariat. Cette omerta règne toujours. Elle a commencé du vivant même de Marx, à tel point qu’il s’insurgeait :

« Le capital et le salariat sont liés l’un à l’autre et disparaîtront ensemble. Il est donc absurde de parler de capitalisme sans salariat. »

La pensée « absurde » de gauche, qui perdure aujourd’hui de ses deux façons, archaïque et libérale, a également censuré la pérennisation de la concurrence salariale par la division du travail sur les lieux de production et par la citoyenneté désolidarisée sous le chapeau de l’Etat qui prend la place des religions pour prétendre incarner le lien social.

L’appât du salaire individuel engendre à la fois l’idéologie du chacun pour soi et la soumission au pouvoir d’Etat : le contraire d’une association dans l’existence et la production et dans l’exercice du pouvoir.

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Revenu universel ou kibboutz urbain ?

by Claude Berger on décembre 26, 2016

Billet de 100 francs

Une rumeur hante le cercle des penseurs myopes : le travail va disparaître de l’horizon visible. La robotisation, le recours à la science comme force productive, les nouvelles technologies informatiques feraient disparaître son marché. Une candidate à la présidence nous annonce déjà « la fin du salariat » et l’apparition salvatrice d’une nuée d’auto-entrepreneurs, d’autres observent inquiets la mondialisation du chômage, source de migrations massives, et proposent une recette : le revenu universel aux fins d’occuper les sans-travail risquant de virer à la révolte ou à la délinquance et cela sous prétexte que bientôt pour produire,  il n’y aura plus besoin de travailler.

Ces propos témoignent ou bien d’une incompréhension grave de ce qu’est le salariat ou pire d’une ignorance têtue. Le salariat est une invention qui succède à l’esclavagisme et au servage et à la corporation. Tout commence au XIVe siècle lorsque les marchands s’approprient le travail pour en faire une marchandise concurrentielle et pour fabriquer par eux-mêmes (premier marché du travail à Auxerre en 1393 selon Braudel). Il a fallu quatre siècles, jusqu’aux  décrets d’Allarde de mars 1791 suivis de la loi Le Chapelier de juin 1791 pour que soient interdites les corporations affiliées à un ordre religieux et respectueuses de l’ordre hiérarchique féodal et pour que soit libéré le marché du travail sans possibilité d’association des travailleurs.

L’analyse du salariat et le projet de son abolition ont été étouffés. Cette omerta règne toujours. Elle a commencé du vivant même de Marx, à tel point qu’il s’insurgeait : « Le capital et le salariat sont liés l’un à l’autre et disparaîtront ensemble. Il est donc absurde de parler de capitalisme sans salariat ». La pensée « absurde »  a  réduit le capitalisme à l’exploitation en oubliant qu’il repose sur la transformation du travail en marchandise concurrentielle, (le salariat), une concurrence pérennisée par une citoyenneté désolidarisée sous le chapeau de l’Etat qui prend la place des religions pour prétendre incarner  le lien social. L’appât du salaire individuel sert alors de motivation essentielle du travail, il engendre à la fois la soumission et l’idéologie du chacun pour soi.

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BHL, candidat prophète

by Claude Berger on septembre 30, 2016

Bernard-Henri Lévy (photo : Olivier Roller)

Interviewé sur son essai L’esprit du judaïsme, Bernard-Henri Lévy a tenu des propos qui méritent d’être relevés ;  Laurent Fabius mis en cause puis innocenté dans l’affaire du sang contaminé ? Dominique Strauss-Kahn dans l’affaire du Sofitel ? Selon lui, des pièges possibles mâtinés d’antisémitisme ! Au vu de sa carrière, il ne semblait pas que Laurent Fabius ait subi des attaques antisémites à l’instar des Juifs qui vivent à Sarcelles. De même l’image donnée par  Strauss-Kahn dans d’autres affaires hôtelières n’avait nul besoin d’antisémitisme pour être dégradée, lui qui n’avait sans doute pas lu  La femme et le socialisme d’Auguste Bebel et moins encore son analyse de la prostitution « nécessaire » à la société capitaliste, marchande et « bourgeoise ».

On ne savait pas non plus que Spinoza méritait de se voir refuser un certificat de judéité par le « grand maître » alors que Théodore Herzl  déclarait à propos de Moses Hess, l’auteur « si oublié » de Rome et Jérusalem, qu’il était le « plus grand penseur juif depuis Spinoza » ! Mais  ces propos déplacés ne sont que les révélateurs d’un escamotage de la pensée déjà à l’œuvre avec une prétention inégalée dans ses écrits précédents.

A l’été 2008, la revue Le Meilleur des mondes publiait (dans son numéro 8), un article de Bernard-Henri Lévy intitulé Athènes, Rome et Jérusalem, aux sources de la pensée occidentale. Il y tenait déjà des propos consternants sur l’antisémitisme.

D’un seul trait, il y dédouanait la chrétienté de toute implication dans le façonnement des idéologies qui ont fomenté puis accompli l’extermination des Juifs, ne serait-ce que par un conditionnement propice à la pensée d’une solution finale et cela, autant dans l’histoire passée que dans ses fondements idéologiques. Mieux, dans le but de préserver la chrétienté, il en venait à affirmer que le malheur serait arrivé par une insuffisance de christianisation !

« On dit, on répète, que le christianisme, et, principalement le catholicisme ont pavé la voie du nazisme et acclimaté ses énoncés. Eh bien, je ne crois pas cela. […] il faut se résoudre à l’idée que le nazisme n’a été possible, au contraire, que dans une Europe et dans un pays qui avaient été […] mal labourés par le christianisme » (p.13).

Ces propos défient la vérité historique et toute analyse sérieuse. Jules Isaac, Poliakov ? Connais-pas ! Et l’ignorance ou le rejet ne tenaient pas du seul désir d’occuper la scène médiatisée du moment. Dix ans plus tôt, BHL les tenait à l’identique dans Le Testament de Dieu (p.165) Martelés avec constance, ils témoignent en quelle que sorte d’une « idéologie française » fabriquée par la marque BHL.

« L’idée d’extermination, qu’on le veuille ou non était proprement impensable, voire sacrilège, dans un univers monothéiste où l’Alliance nouvelle succédait à l’Alliance  ancienne,: elle devient possible, pensable, raisonnable, scientifique peut-être, dans le monde déchristianisé et voué aux grandes régressions païennes. » (p.130)

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Nice : la niaiserie officielle

by Claude Berger on juillet 29, 2016

Dessin signé Mesia, publié sur Twitter suite à l'attentat de Nice (détail)

Article publié par l’agence Menapress le 26 juillet 2016.

« Il s’est radicalisé très récemment et très rapidement »… c’est la nouvelle niaiserie offerte par le Ministre de l’Intérieur et répétée à longueur d’onde à propos du criminel islamiste de Nice.

Autrement dit, badauds et futurs électeurs, la conclusion s’impose : vos dirigeants, Cazeneuve, Hollande, Valls sont hors de cause, il était impossible de prévoir le passage à l’acte de quelqu’un qui n’était pas fiché et qui selon un fidèle « ne fréquentait pas la mosquée et ne suivait pas le ramadan » !

Autre conséquence, il faut donc vous habituer, Français,  à votre sort de cibles permanentes, à domicile comme pour le couple de Magnanville ou dans vos festivités comme celle du 14 juillet !

En vérité, ce propos du ministre est révélateur de l’aveuglement de la pensée des dirigeants politiques  face à l’islam et à l’islamisme et  face au terrorisme qui s’en réclame. D’une part, même repérés par les services de renseignements, les terroristes islamistes qui ont sévi à Toulouse, à Paris, à Bruxelles ont pu circuler sans problème et opérer à leur guise. D’autre part, on ne peut plus faire « comme si » il n’y avait pas de problème avec l’islam confronté avec l’extension mondiale du marché du travail.

Un marché qui implique notamment une liberté de circulation des femmes et la perte de la mainmise religieuse sur l’hégémonie sociale au profit de l’Etat républicain. Les bombardements ciblés sur Daesh ne règlent pas le problème du basculement des cités à forte implantation musulmane dans la marginalisation insurrectionnelle d’une partie des populations nourries de l’islam.

Ce problème est mondial et concerne également tous les pays musulmans. Ne pas avoir vu ce phénomène témoigne de l’aveuglement qui a présidé à l’importation massive de mains d’œuvre sans tenir compte des matrices culturelles qui les ont formatées.

Or nos sociétés sont fondées sur la transformation du travail en marchandises sur un marché concurrentiel. L’oublier, l’ignorer c’est aller droit vers une crise du salariat par le surnombre sur ce marché et c’est provoquer les crises identitaires non seulement chez les nations importatrices mais aussi chez les populations migrantes. A terme c’est semer les germes d’une guerre civile. Le discours anti-islamophobe ou anti-amalgame veut taire ce conflit et ne fait que servir la cause de l’islamisme.

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Unesco : le vote de la honte

by Claude Berger on mai 4, 2016

Mur des lamentations

Le 16 avril dernier, la France représentée par Laurent Stefanini a voté à l’Unesco une résolution proposée par l’Algérie, l’Egypte, le Liban, le Maroc, Oman, le Qatar, le Soudan. Elle proclamait, sans nuance, le seul caractère musulman du site de la mosquée Al-Aqsa. Ce site repose pourtant sur le Mont du Temple, celui de Salomon, et domine le Mur dit des Lamentations où les Juifs n’ont jamais cessé de prier depuis près de deux mille ans, de la destruction du Temple en 70 jusqu’à nos jours.

Cette résolution n’obéit qu’à un seul but : transformer Israël en puissance colonisatrice « étrangère » qui serait donc illégitime, diaboliser son existence et entretenir le désir de son éradication. Ce négationnisme de la culture juive et du lien continu des Juifs avec la terre d’Israël est le pendant obligé de l’antisémitisme qui n’accorde aucune place aux Juifs dans les pays de la dispersion. A l’antisémitisme qui a œuvré dans le passé, succède et quelques fois s’adjoint celui qui œuvre dans le présent et qui se nourrit de l’islamisme quand ce n’est pas du gauchisme, un gauchisme qui n’a jamais mesuré les effets de l’antisémitisme des pères fondateurs de la gauche, Marx, Proudhon, Bakounine, Fourier sur sa propre mythologie. On passe ainsi du peuple de trop à pays de trop et inversement. Ce n’est pas tant le nombre des attentats et des actes antisémites commis en France qui mine les Israélites de l’Hexagone, que ce sentiment d’une nouvelle exclusion qui les ostracise comme représentants d’un Etat étranger et les pousse vers la sortie.

Une fois déposées les lunettes de la diabolisation d’Israël et des Juifs, c’est l’islamisme naissant qui en 1947 se révèle la source du conflit israélo- palestinien. Dirigé par le Mufti proche d’Hitler – qui sera épargné par la France d’une arrestation par la Grande Bretagne- le camp palestinien obnubilé par le seul refus islamique d’un Etat juif rejette tout partage et ne songe même pas à construire son Etat dans la partie qui lui est dévolue et qui sera occupée par les Jordaniens vingt ans durant. L’ensemble des media convertis à la diabolisation d’Israël participera à la manipulation des opinions publiques par une sémantique appropriée. On ne parlera plus de Judée et de Samarie mais de « Cisjordanie ». On évoquera des territoires occupés et non pas disputés, pour cacher que ces territoires ont été repris, en 1967, par Israël aux Jordaniens, qui les occupaient depuis 1948. Et que la ligne dite de 67 correspond à une ligne de cessez-le-feu et non pas à une frontière négociée entre Israéliens et Palestiniens. Dans le même temps, les Juifs étaient chassés des pays musulmans suite aux défaites des armées arabes à l’issue des guerres de 1948 et de 1967, dont l’unique but était d’éradiquer le nouvel État d’Israël. Israël dont 20% de la population est arabe est donc confronté à l’islamisme depuis sa création mais fait nouveau la France est désormais elle aussi confrontée au même islamisme que ce soit celui de Daesch, celui qui fait trembler l’Afrique ou celui qui s’agite dans les cités assassines. Un islamisme porté à la négation de l’autre. Ménager l’islamisme aux portes d’Israël et maintenant aux portes de l’Egypte et prétendre le combattre ici témoigne d’une faiblesse, d’un aveuglement ou pire d’une lâcheté. Le vote de la résolution de l’Unesco, ce vote de la honte, a été commis au nom du peuple français et ne fait qu’alimenter l’idéologie islamiste, chiite ou sunnite, qui ne connait pas de frontières. Tant que la France ne changera pas de politique à l’égard d’Israël, on peut légitimement douter du bien-fondé de son action pour la sécurité des Français, Juifs ou non, désormais confrontés au même terrorisme que les Israéliens.

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Le délit d’antisionisme, crime contre l’humanité ?

by Claude Berger on février 7, 2016

Manuel Valls

Article publié par l’agence Menapress le 3 février 2016.

Manuel Valls, le Premier ministre français, s’efforce de rassurer la communauté juive et ceux qui, en dehors d’elle, s’inquiètent de la banalisation de l’antisémitisme et de l’augmentation des agressions antijuives. Mais le Premier ministre n’a pas vu que la donne a changé : si l’antisémitisme identitaire se conjuguait jusqu’ici avec l’islamisme, l’islamo-gauchisme et le vieux tiers-mondisme pour nourrir l’antisionisme, c’est désormais la diabolisation d’Israël et l’antisionisme qui nourrissent l’antisémitisme, faisant des Juifs des représentants d’un pays étranger, voire « illégitime », qui n’auraient pas leur place ici.

A tel point qu’il devient méritoire d’afficher en public une simple évocation positive d’Israël, un pays confronté à l’islamisme depuis l’origine de son existence. Alors qu’auparavant, après la Shoah et la culpabilisation des propos antisémites, on a évolué inconsciemment de peuple de trop à pays de trop pour condamner Israël ; on passe désormais de pays de trop à peuple de trop pour ostraciser les Juifs. Ce n’est pas tant le nombre des attentats et d’actes antisémites commis en France qui mine les Israélites de l’Hexagone, que ce sentiment d’une nouvelle exclusion qui les met en porte-à-faux et les pousse à partir.

M. Valls n’a sans doute pas remarqué que c’est son propre gouvernement, encadré par ses mouvances de gauche, qui mène une stratégie de diabolisation d’Israël en ne s’opposant pas à des démarches caricaturalement hostiles à l’État hébreu, auprès de l’UNESCO ou au sein de l’ONU. Des démarches  allant jusqu’à islamiser des sites historiques juifs dans le seul but de faire porter la responsabilité du conflit par Israël,   accusé « d’occupation » et de « répression » de façon à l’assimiler à un État colonial et partant, illégitime.

L’ensemble des media convertis à la même obédience participe à la manipulation des opinions publiques par une sémantique appropriée. On ne parle plus de Judée et de Samarie mais de « Cisjordanie ». On évoque des territoires occupés et non pas disputés, pour cacher que ces territoires ont été repris, en 1967, par Israël aux Jordaniens, qui les occupaient depuis 1948.

Initialement destinés par l’ONU, en novembre 1947, à l’installation de deux pays, les forces arabes et les Arabes de Palestine, obnubilés par leur seul refus d’un État juif, n’ont jamais songé à y constituer le leur, pendant que les « territoires » étaient occupés, vingt ans durant, par les Jordaniens.

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Marx, Mahomet et l’islamo-gauchisme

by Claude Berger on décembre 19, 2015

Karl Marx

L’inquiétude ressentie par la population est fondée : ce n’est pas avec des Rafales lancés sur l’Etat islamique en Syrie et en Irak qu’on éliminera les cellules dormantes de l’islamisation de la France. Son programme ? La charia pour tous ou la mort violente.

Dans notre roman national, il a fallu la contrainte violente imposée par la révolution française puis la lutte anticléricale pour obliger l’Eglise inquisitoriale à ne plus gérer l’hégémonie sociale sur la base de ses dogmes. Et ainsi à privilégier son discours d’amour de l’humanité. Elle devint alors compatible avec la république. Or, aujourd’hui, c’est autant l’islam qui se veut paisible que l’islam qui se veut violent qui affichent chacun à leur façon cette même ambition dogmatique d’hégémonie sociale et aucune frontière hermétique ne les sépare. L’islam radical prolifère sur la base de l’islam paisible. Tant qu’une volonté combative tant dans les pouvoirs publics que dans la population musulmane elle-même ne se manifeste pas pour contraindre l’islam à la réforme, il est illusoire de s’attendre à la rémission du fascislamisme qui s’est développé sur le sol de France parmi la jeunesse des cités.

Que ce fascislamisme trouve des complaisances dans une extrême gauche ou profite de l’aveuglement d’une gauche qui établit de manière simpliste une équation entre chômage et radicalisation dans l’espoir d’y trouver un anticapitalisme et des prolétaires de substitution , c’est certain. Mais de là à y voir une « alliance opportune entre le Coran et le Capital, entre Mahomet et Marx », comme l’écrit Ivan Rioufol (Le Figaro du 27 novembre 2015), le propos est simpliste et le cliché ne permet pas d’élever le lecteur quant aux rapports entre l’oeuvre de Marx et la gauche lénino-stalinienne d’abord, puis la social-démocratie actuelle divisée entre libéraux, frondeurs et anticapitalistes archaïques. Leur « marxisme » n’a rien à voir avec le texte de Marx qui le fustigeait déjà à son époque. Leur erreur suprême réduit le capitalisme à l’exploitation au lieu de le faire reposer sur la transformation du travail en marchandises concurrentielles sur un marché, celui du travail. Cette lecture-censure, cette première omerta opérée par la gauche, toutes tendances confondues, perdure.

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