Charlie Hebdo : honorer la mémoire des victimes, c’est dire la vérité

by Claude Berger on janvier 8, 2015

Je suis Charlie, Strasbourg, 7 janvier 2015 © Claude Truong-Ngoc / Wikimedia Commons

Dire la vérité : après les meurtres de Cabu, de Charb, de Wolinski, de Tignous, d’Honoré, de Bernard Maris, de deux policiers, de plusieurs membres du personnel de Charlie Hebdo dont j’ignore le nom et à qui je rends hommage, c’est la leçon donnée par Philippe Val, lui qui eut le courage de publier la charte du Hamas en place à Gaza. Dire la vérité, c’est cesser pour les politiciens de s’aveugler et pour les journalistes d’aveugler sur la fabrication de l’idéologie islamiste, sur son expansion, sur sa finalité : détruire les démocraties, détruire Israël, tuer les Juifs, installer la charia dans le monde entier et croire au précepte coranique :

« Face à l’armée ennemie […] ce n’est pas vous qui les tuez, c’est Dieu »

Dire la vérité, c’est cesser de diaboliser Israël, de confondre le peuple palestinien avec les islamistes qui les dirigent, de ne faire aucun lien entre les multiples feux génocidaires allumés par l’islam radical non seulement aux portes d’Israël mais au Yémen, au Nigéria, au Mali, en Libye, au Pakistan, en Irak, en Syrie, en Algérie, en Afghanistan, en Indonésie, mais aussi par l’islamisme chiite au Liban avec le Hezbollah, en Iran des ayatollah, un pays rythmé par ses deux pendaisons quotidiennes. Il est temps de rétablir les faits : le conflit israélo-palestinien est né du fait même de l’islamisme qui dès 1948 refusait tout Etat juif sans même songer à faire le sien. Islamophobie ? Alignons les victimes de l’islamisme radical depuis les trois mille morts des tours de New-York, non seulement aux Etat-Unis, en Australie, au Canada, en France, en Europe : les victimes de Merah, de Nemouche, du gang des Barbares : une idéologie totalitaire et conquérante se fabrique devant nous comme s’est fabriquée il y a moins d’un siècle le totalitarisme nazi, inséparable de l’extermination des Juifs, et le totalitarisme bolchevique et ses myriades de camps. L’ « islamophobie » n’a d’autres sources que les crimes commis au nom de l’islam. L’importance des populations d’origine musulmane en Europe ne témoigne pas d’une arabophobie raciste.

Il est de temps de voir, et d’agir. Il est temps de dire la vérité, temps de désigner l’islamisme au cœur de l’Islam sans qu’aucune frontière hermétique ne les sépare. Ce n’est pas rendre service aux musulmans que de cacher que l’islam est source de violence, d’intolérance, de mépris tout comme la chrétienté le fut à l’époque des croisades et de l’inquisition jusqu’au jour où elle accepta de ne plus s’imposer à la société civile et de renier son ambition politique. Jusqu’au jour où elle accepta de se réformer lors de Vatican II, éprouvant de la culpabilité et prenant conscience d’une certaine responsabilité dans la fabrication des idéologies antisémites de droite et de gauche.

Alors cessons de ne pas désigner les choses par leur nom, cessons de nous aveugler sous prétexte fallacieux de ne pas « stigmatiser » les populations musulmanes en France et en Europe à moins comme il semble que le souci de ménager les électeurs l’emporte sur la vérité. Cessons de voir des malades mentaux au lieu de voir des terroristes au volant de voitures-béliers ici quand on décrète que là-bas à Jérusalem, il n’y a que des conducteurs « victimes ». Exiger de l’Islam en France qu’il prenne le chemin du concordat, sévir contre tout déni de la France, cesser les immigrations porteuses d’islamisme, adopter des juridictions contraignantes s’il le faut, pour éradiquer le terrorisme ne doit pas rester un vœu pieux.

Enfin, ouvrir dans les écoles des réflexions sur les cultures religieuses pour neutraliser les violences et les volontés hégémoniques qu’elles peuvent induire. La laïcité telle qu’elle est conçue aujourd’hui est une hypocrisie. Sous prétexte de respecter les croyances, elle ne soumet pas à critique les matrices culturelles qui formatent les individus, en dehors même des textes, dans leur inconscient et par les gestes du quotidien. Procéder à la psychanalyse des matrices culturelles, cela veut dire démonter les schémas familiaux et la gestion de la sexualité par les mythologies qui inaugurent les religions ayant fait ou faisant preuve de violence. La mythologie de la mère vierge et du fils pur suscitait le tabou sur l’acte de chair et favorisait une pulsion de mort contre le Juif symbole du diable confondu avec le père absent et contre les femmes libres, déclarées sorcières et épouses de ce même diable. Le schéma familial latent dans l’islam engendre aussi une telle pulsion source d’une certaine jouissance, la découvrir pour la neutraliser, c’est aussi aider à respecter la spiritualité commune à toutes les religions et les inciter à converger vers une morale pacifique de la solidarité. Les caricatures de Mahomet dans Charlie Hebdo, c’était déjà le refus de cette violence. Honorer la mémoire des journalistes assassinés, c’est perpétuer cette démystification.

One comment

Honorer la mémoire des victimes c’est toujours : poursuivre le combat contre l’oppression -sous toutes ses formes…
Après le ‘Monde’ c’est aujourd’hui ‘Libération’ qui publie un article sur ce qui se passe depuis quelques jours du côté des tribunaux et qui, en attendant on ne sait quel Patriot Act à la française, est édifiant.
A Nantes une gamine de 14 ans a été mise en examen pour APOLOGIE DU TERRORISME et ce pour avoir… menacé, des contrôleurs du tramway, de… « sortir les kalachnikovs » s’ils la verbalisaient.
C’est d’abord parce qu’elle est burlesque et odieuse, que cette mise en examen se doit d’être dénoncée.
Ensuite elle prouve que nos magistrats feraient bien, avant de brandir le Code Pénal, de s’offrir un bon dictionnaire. En effet, si vraiment ils ont du temps à perdre, ils sont en droit de voir ici des menaces, etc. etc. mais sûrement pas de l’apologie du TERRORISME puisque les victimes… en parole, étaient ciblées : or le propre du terrorisme, à la différence de toute autre forme de violence, est qu’il ne choisit pas sa cible.
Mais enfin -et surtout : ces magistrats, sont des schmoques. Non pas, des schmoques ordinaires, mais des schmoques de première grandeur. Car enfin -même une gamine de quatorze ans l’aurait compris : on voudrait radicaliser toute la classe, du mauvais côté, que l’on ne s’y prendrait pas autrement…
Et, quelque abus (quel Cabu, répondit l’écho) qu’il y puisse y avoir à parler au nom des disparus : on renonce à imaginer la caricature, que cette peu républicaine pitrerie aurait inspirée aux dessinateurs de Charlie-Hebdo…

– (copie au Monde et à Libération)

by luc nemeth on 20 janvier 2015 at 11 h 15 min. #

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