Islamisme : une matrice culturelle mortifère

by Claude Berger on décembre 2, 2015

Fillettes en prière en Malaisie

Article publié par l’agence Menapress le 21 novembre 2015.

Mercredi 11 novembre 2015, le ministre français de l’Intérieur entonne un cocorico. Ses services ont déjoué un attentat dirigé contre la base maritime de Toulon. Il bombe le torse : admirez notre efficacité ! Le vendredi suivant, six attentats coordonnés déciment la population parisienne et révèlent l’imprévoyance coupable des autorités. C’est un carnage : 130 morts, 352 blessés dont 99 au pronostic grave et incertain.

Dimanche, la foule parisienne tient à manifester son émotion en dépit de l’interdiction de se réunir mais elle cède à la panique et se bouscule à la suite d’une rumeur de tirs infondée. Apeurée, elle a compris instinctivement qu’elle n’était pas protégée, qu’un nouvel attentat pouvait survenir à tout moment, et pire, que la classe politique au pouvoir, quelle que soit son orientation, est dépassée par un phénomène qu’elle est amenée à combattre sans le comprendre.

Déjà les « élites » politiques veillent à ce que les médias n’évoquent que des « terroristes » sans les qualifier d’ « islamistes ». Huit millions de musulmans, ça pèse énormément, électoralement parlant. Et puis, ce serait reconnaître que l’islamisme qui assassine en France naît et recrute en France (10.500 individus fichés comme radicalisés). Ce serait avouer que chaque ville possède au moins une zone radicale et sa mosquée salafiste, que les recrues tueuses peuvent aussi provenir, comme on pouvait le prévoir, des flux migratoires venus d’Orient ou d’Afrique. Ce serait admettre, enfin, que c’est par un double aveuglement que la vieille mère France a laissé s’installer sur son sol une culture islamiste qui souhaite son éradication. Mais nos sociétés ne contrôlent pas leur conscience.

Premier aveuglement, nos sociétés ne reposent pas seulement, comme elles le croient, sur les « droits de l’homme et du citoyen », proclamés lors de la Révolution française. A la même époque furent aussi légitimés les droits du marché du travail par la loi Le Chapelier, au détriment du servage et de la corporation.

Impact d’un marché libre : le travail y est une marchandise concurrentielle, qu’on achète ou qui se vend au meilleur prix. C’est le système du salariat. C’est l’Etat qui, dominant la société civile, incarne alors l’hégémonie et prolonge cette concurrence par une citoyenneté désolidarisée : il ne connaît que des citoyens – par ailleurs marchandises sur ce marché du travail.

Et là, second aveuglement, ce marché est ouvert à tous, quelles que soient les cultures mortifères de ceux qui s’y présentent. Dans ces conditions, on recrute des mains d’œuvre qui deviendront consommatrices en les honorant hypocritement du titre de citoyen, mais sans jamais tenir compte de leurs bagages culturels, fussent-ils vecteurs de catastrophes, islamistes ou animistes.

Toutes proportions gardées, l’Eglise moyenâgeuse, initiant les croisades et les bûchers de l’inquisition, puis la contre-réforme, était aussi meurtrière et violente que l’islam radical aujourd’hui, fût-il chiite ou sunnite.

C’est par la contrainte violente que la Révolution française la musela, n’hésitant pas à guillotiner les prêtres réfractaires mettant ainsi fin à son ambition d’hégémonie sur la société civile. Par la suite, c’est l’anticléricalisme parlementaire qui acheva cette rétraction de l’Eglise. L’islam n’a jamais subi une telle contrainte, alors même que la mondialisation galopante et le développement du marché du travail et du salariat bouleversaient les structures hégémoniques religieuses ou tribales des sociétés précédentes.

Cette omerta sur les cultures de mort doit être levée. La République ne peut plus cacher qu’il existe une violence potentielle dans l’islam, tout comme il y en avait une dans l’Eglise du Moyen Âge. Elle ne saurait dissimuler non plus qu’il n’existe pas de frontière hermétique entre l’islam qui se voudrait pacifique et l’islamisme qui se veut violent et totalitaire.

Cela se passe ainsi : il y a en commun le dogme fondateur d’un fils-Dieu ou d’un intermédiaire quasi divin, suivi d’une division de l’humanité en croyants et en mécréants, puis d’une volonté de conversion de l’univers à la nouvelle parole. Cette philosophie totalisante peut, dans certaines circonstances socio-économiques, verser dans un projet totalitaire. Contre ce risque, qui prévaut actuellement dans l’islam, une guerre culturelle doit être menée sans faillir et avec l’aide des intellectuels lucides – il y en a – de l’univers musulman.

Les Rafales dans le ciel de Syrie et les discours contre « l’islamophobie » et la « stigmatisation » dans les banlieues de France, ou encore les tremolos sur « les valeurs de la République », ne peuvent se substituer à ce combat nécessaire. Le fait de rejeter cette critique et ce combat invite soit à pencher vers la démission lâche et aveugle, soit à un racisme « anti-arabe » inacceptable.

Pour comprendre les motivations de la violence dans l’islamisme, il faut avoir en mémoire que tous les peuples tentent d’ériger des ancêtres spirituels originels qui régulent la sexualité, la parentalité et le trajet de vie.

Secondement, il faut admettre que lorsqu’un criminel commet un meurtre, on s’empresse de l’allonger sur un divan afin de déceler, dans son schéma parental, l’origine de sa pulsion de mort et la nature du plaisir qu’il y trouve. Le même travail doit être opéré sur le schéma sexuel et parental implicite dans la religion musulmane tel qu’il est raconté dans la vie du Prophète.

Celui-ci, orphelin de père puis de mère, épouse une veuve plus âgée puis une autre veuve, à la mort de la première, ce qui suggère un amour envers une mère de substitution et une disparition du père.

Puis il convole avec une fillette de moins de dix ans, ce qui laisse supposer un rapport de prédation. Ainsi s’explique l’édit sur l’infériorité des femmes et le droit de corriger les désobéissantes. Cette « histoire » de la vie du prophète propose également une explication possible quant à la violence contre les Juifs, qui entretiennent le rôle du père et l’idéal d’une équité sexuelle. Et de la violence à l’encontre les chrétiens, qui vénèrent la pureté, une pureté asexuée induite par l’imagerie de son couple fondateur, de la mère vierge et du fils-Dieu ; une imagerie qui avait pareillement fondé l’ancien antijudaïsme chrétien et sa négation du « père juif ».

Cette matrice culturelle de la violence dans l’islam agit par d’autres moyens que les diktats du texte. Il y a fort à parier que les djihadistes criminels européens recourent peu à la lecture du Coran. Le jeu des rôles parentaux à l’origine leur suffit. L’autorité masculine prédatrice sur la femme soumise, l’inégalité sexuelle, la frustration et la communauté des « frères » suffisent pour remplir la tâche de la « transmission culturelle ».

Il serait souhaitable que cette volonté critique et la réforme qui devrait suivre n’aient pas besoin de recourir à la contrainte qui avait servi contre l’Eglise. Ainsi la spiritualité monothéiste livrée par le judaïsme ou l’éthique de Spinoza pourraient être  enfin entendues. Un seul Dieu  à l’origine de l’univers avez-vous dit ?

Il serait utile que la République ne se réfugie plus derrière le masque de la laïcité et se livre enfin à cette guerre critique, idéologique, contre l’islamisme totalitaire et violent. Et dans la foulée qu’elle ouvre les yeux sur sa curieuse pratique de prétendre lutter contre l’islamisme de façon  uniquement militaire tout en diabolisant Israël qui y est confronté depuis sa naissance.

One comment

On ne peut qu’être d’accord avec le titre de l’article, lorsqu’il énonce que l’islamisme constitue une matrice culturelle mortifère. Mais toute la suite est là pour attester que ce dont il est question ici n’est pas l’islamisme mais… l’islam lui-même ; et ce à travers une affirmation qui -elle- a le mérite de sa franchise : « La République ne peut plus cacher qu’il existe une violence potentielle dans l’islam, tout comme il y en avait une dans l’Eglise du Moyen Âge. Elle ne saurait dissimuler non plus qu’il n’existe pas de frontière hermétique entre l’islam qui se voudrait pacifique et l’islamisme qui se veut violent et totalitaire ». Beaucoup plus grave enfin sans doute est le fait que c’est ici la République, qui est invectivée -et même,en d’autres endroits de l’article, « la Révolution française », rien que ça. Là même où c’est sur… toute la planète que l’islam est concerné par la nécessité, peu contestable, d’un aggiornamento (en attendant que les hommes, et les femmes, cessent de croire à cette chimère que l’on appelle ‘Dieu’).
Bref, même si l’auteur devait s’en défendre : c’est bien… dans leur ensemble, que les musulmans de France se voient ici frappés de suspicion.
Ce n’est pas bien.

by luc nemeth on 14 décembre 2015 at 10 h 40 min. #

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