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Et le kibboutz fut inventé…

by Claude Berger on novembre 30, 2012

Article publié dans les Cahiers du Cercle Bernard Lazare de novembre 2012.

En 1909 naît le premier kibboutz, Degania, près du lac de Tibériade. Sa structure est révolutionnaire, c’est une communauté humaine fondée sur la propriété collective, la coopération de tous ses membres dans la production, la consommation et l’éducation et le partage égalitaire des richesses produites ou acquises. « A chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins », telle est la règle.

L’esprit pionnier et solidaire du mouvement kibboutzique développé dans la foulée façonne ensuite Israël. Entre les années 1920 et 1950, le nombre des kibboutzim s’accroit en même temps qu’ils s’industrialisent. Le plus grand des kibboutzim regroupe jusqu’à 1.200 membres. Mais entre les années 1970 et 1990, les kibboutzim sont confrontés à des difficultés économiques comme à la perte du soutien de l’Etat avec l’arrivée de la droite au pouvoir en 1977. Les incidences sont d’abord financières mais la crise des idéologies de gauche, qui restent  étatistes hors du kibboutz, une crise qui sévit dans le monde entier, l’affecte tout autant. Et le phénomène est souvent tû. Le bolchévisme marxiste-léniniste dit « communiste » doit mater des révoltes et ne peut plus cacher ses crimes. Sa dramaturgie mène à l’effondrement. Les partis travaillistes qui, jusque-là, souhaitaient conjuguer le salariat d’Etat et la démocratie plutôt que la dictature s’orientent peu à peu vers l’acceptation de l’économie libérale de marché. Non seulement des produits mais des hommes, et ils délaissent le salariat d’Etat pour le salariat privé.  À la fin des années 90, commence alors une vague de privatisations des kibboutzim fragilisés.

Aujourd’hui sur les 275 kibboutzim qui perdurent en Israël et qui représentent 120.000 personnes, 9% de la production industrielle et 40% de la production agricole du pays, seuls 27% d’entre eux conservent le mode coopératif originel. Mais parmi les kibboutzim non privatisés, certains ont mieux prospéré que les privatisés en s’adaptant à la mondialisation du marché des produits et aux exigences individuelles auparavant soumises à trop d’idéologie. Ensuite, un mouvement de retour vers l’habitat au kibboutz s’esquisse en Israël en reprenant un peu de l’esprit communautaire pour gérer non plus la production mais la commune. Enfin fait innovant, de nouveaux types de kibboutzim sont apparus en ville, les kibboutz urbains, qui s’implantent dans des quartiers dits « défavorisés » en vue notamment d’élever la population environnante dans un esprit de culture, de solidarité et de tolérance. La règle du partage n’y fonctionne que pour les membres volontaires et tout est fait pour l’épanouissement de l’individu en écartant ce qui pourrait ressembler à une soumission contraignante à la collectivité.1

Il n’est donc pas certain que l’histoire du kibboutz, une histoire de plus de cent ans désormais, soit une histoire au passé. Il n’est pas certain non plus que ce fut une utopie du XXe siècle. A cet égard, les  salariats d’Etat présentés comme « le socialisme » par la social-démocratie allemande au XIXe siècle (contre les avis de Marx et d’Engels) puis par Lénine de façon insurrectionnelle et dictatoriale et ensuite par les partis socialistes de façon pacifique jusqu’en 1983 ont plus sûrement fait figure d’utopies et de mouroirs des espérances de générations entières.

A contrario, le kibboutz ne fut jamais une idéologie mais une invention… tout comme le salariat fut lui-même inventé au XVe siècle.

Dans sa forme originale, le kibboutz constitue une société non salariale, associative, où la motivation du travail n’est pas le salaire individuel mais le bien de la communauté d’existence. L’histoire du salariat doit être contée car il n’a rien de « naturel ». Une espèce d’inconscience règne même sur sa véritable nature. C’est un mode d’exploitation du travail qui succède au servage et avant lui à l’esclavage. La décomposition de la société de servage qui fonde l’exploitation féodale jette les paysans en surnombre sur les routes tout comme aujourd’hui les salariés en surnombre sont jetés dans la case « chômage ».  Les marchands enrichis qui n’ont pas le monopole du travail – il est  aux mains de la corporation et hiérarchisée – sont alors tentés d’acheter cette main d’œuvre « libre » et de transformer le travail en marchandise concurrentielle qui s’achète au cours le plus bas afin de produire à plus grande échelle dans des fabriques. C’est le début du salariat. Les salariés sont concurrents entre eux sur le marché du travail. Suit la rétribution par le salaire qui induit l’individualisme  du chacun pour soi. Puis  la division drastique du travail et la citoyenneté désolidarisée sous la coupe du pouvoir pérennisent cette concurrence sur le marché tant dans la fabrique que dans la vie civile. Les formes de solidarité ethnique, culturelle, régionale, linguistique sont alors brisées. L’idéal hégémonique d’Etat remplace ensuite peu à peu l’idéal hégémonique religieux et celui-ci  menacé réagira par l’Inquisition face à cette liberté marchande des hommes et surtout des femmes. C’est d’ailleurs face à cette même expansion du salariat dans les pays jusqu’ici hors de son champ et à cette même liberté de circulation des femmes que s’érige l’islamisme radical actuel.

Le kibboutz fut donc une invention spontanée et le fonds culturel juif y fut toujours présent quoique porté par des Juifs le plus souvent athées et matérialistes. Certains de ses membres, fiers de la découverte, rêvèrent d’une « kibboutzification» de la société. Elle n’eut jamais lieu. On est en droit de questionner le pourquoi de ce ratage  et de la régression du mouvement kibboutzique. Les griefs des survivants passionnés de ce mouvement, tant dans les kibboutz coopératifs que dans les kibboutz urbains désignent le plus souvent l’étouffement de l’individu par la chape idéologique, collectiviste et sectaire, venue d’un ailleurs étatiste le plus souvent « marxiste-léniniste », hostile au judaïsme du ghetto. A propos de ces inventeurs « malgré eux » d’une forme d’association non salariale  opposée à l’organisation capitaliste du travail et de l’existence, on invoquait  quelques fois Tolstoï ou bien Kropotkine mais de nombreux observateurs avaient saisi que cette invention devait beaucoup à la pensée de Jérusalem. Celle-ci privilégie le rapport à la communauté – la Kehila – comme champ d’action réel de la spiritualité. Témoin ce message des Juifs de Pologne adressé en 1920 au Congrès sioniste de Londres :

« Le but nest pas seulement daccroître le nombre des Israélites établis en Palestine. On veut que la vie y soit érigée sur la base de la justice sociale, sur le principe éternel dun judaïsme libre et indépendant ».2

Dans son ouvrage « Vivre au kibboutz », David Catarivas , du kibboutz Hanita, évoquait la filiation inconsciente qui reliait les kibboutzim aux Esséniens adeptes du partage.

En fait sans le savoir, les inventeurs du kibboutz donnaient corps à « l’association » anti-salariale que Marx, un Marx censuré et méconnu, opposait au salariat.  La définition du salariat , le travail marchandise et la concurrence des travailleurs entre eux, Marx la reprenait de Turgot. L’association, il l’observait dans les luttes ouvrières du tôt XIX e siècle. Ce n’est pas lui qui invente l’association, c’est l’association qui invente Marx. La social-démocratie par la suite réduira le capitalisme à l’exploitation et proposera tout simplement la revendication comme moyen et  la nationalisation du capital comme but. La nationalisation transforme tout bonnement le salariat privé en salariat d’Etat et produit de nouveaux esclaves salariés : c’était aussi intelligent que de proposer à l’époque précédente de nationaliser les grandes propriétés féodales… en conservant le servage. Quant à la revendication, si elle améliore les conditions de vie des travailleurs, elle  pousse vers l’extension du salariat par délocalisations ou importations de main-d’œuvre. Elle pousse aussi vers l’automation qui chasse le travail du processus de production. Conséquences qui mènent vers la crise du salariat, tout comme il y eut une crise de l’esclavagisme et une autre du servage. C’est la raison pour laquelle Marx déclarait :

« Au lieu du mot d’ordre conservateur «  un salaire équitable pour une journée de travail équitable », ils doivent inscrire sur leur drapeau le mot d’ordre révolutionnaire : abolition du salariat. » (dans Salaire, prix et profit)

En 1881, Engels évoque encore ce :

« […] cycle infernal auquel il n’y a pas d’issue. La classe ouvrière demeure […] une classe d’esclaves salariés […] Ne doivent-ils pas plutôt s’efforcer de briser ce cycle infernal en se fixant pour but de leur mouvement la lutte pour l’abolition du système salarial ? » (dans le journal The Labour Standard).

Marx était donc en attente de l’association. Il crut la voir dans la Commune : elle fut une révolte contre l’Etat lui-même et son décret le plus important fut d’instituer l’association, écrivit-il dans « La guerre civile en France »… En fait, la Commune était plutôt influencée par les Proudhoniens partisans des coopératives. L’importance de l’invention des kibboutzim, tout comme leur inspiration judaïque a donc été refoulée sous l’effet de la domination léniniste. Au sein même des kibboutzim, l’idéologie militante et drastique qui divisait le monde en bourgeois, petits bourgeois et révolutionnaires avait  sa source dans l’autre face de Marx : sa haine anti-juive sécularise  la matrice culturelle chrétienne, ce qui contamine la partie idéologique de son œuvre. Ainsi la division en sauvés du Christ et en infernaux donnera naissance à la division du monde en progressistes et en réactionnaires bons à mettre au ban de l’histoire et plus tard au goulag. Quant au renversement des derniers par les premiers, il servira de matrice aux totalitarismes et à la bonne conscience d’être dans le sens de l’histoire, tout en servant des diplômes de justice aux « victimes » quelles qu’elles soient.

Un autre auteur, Moses Hess, surnommé le rabbin rouge, qui s’était d’ailleurs querellé avec Marx sur la question du judaïsme et de la culture de l’occident, avait prévu que les Juifs persécutés mais ressaisis allaient bientôt découvrir la nouvelle planète du kibboutz. Ainsi, il écrivait en 1860 dans « Rome et Jérusalem » :

« Les Juifs ont la mission particulière de révéler de nouvelles formes de société ».

Nous savons aussi que l’univers est infini.

1. « Le kibboutz urbain, naissance d’une nouvelle société ? », dans Les Cahiers du Cercle Bernard Lazare, septembre-octobre 2006 et novembre 2006 (Claude Berger).

2. Cité par Emile Vandervelde, qui en 1929, dans un ouvrage intitulé « Le pays d’Israël » (un marxiste en Palestine) s’enthousiasme pour l’idéal kibboutzique et l’œuvre de ses pionniers.

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