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La gauche et les juifs

by Claude Berger on juin 5, 2005

Chronique publiée dans L’Arche, à l’occasion de la sortie de « Les siècles aveugles de la gauche perdue – Rome, La Mecque ou Jérusalem »

Dans son livre Les siècles aveugles de la gauche perdue, Claude Berger part d’un constat : celui de l’épuisement de la gauche.

Impuissante face au chômage de masse, elle ne développe pour seul programme que le retour au plein emploi, dont l’auteur démontre d’emblée le caractère illusoire : dans une économie mondialisée, la concurrence des salariés sur le marché du travail voue à l’échec les tentatives de la gauche de sauvegarder les emplois par le recours au salariat d’État. L’emploi public renchérit le coût global du travail, ce qui pousse les entreprises à délocaliser vers des pays où la main d’œuvre coûte moins cher.

Or, loin de faire le constat de cette impasse, la gauche s’enferre dans de fausses solutions, qui plus est en rupture avec ses idéaux originels : l’étatisme, le retour au protectionnisme — quand elle ne sympathise pas avec le castrisme ou le modèle social islamiste, vus comme seuls remparts contre la mondialisation.

Une faillite aussi pathétique conduit Claude Berger à s’interroger : n’y a-t-il pas dans le programme originel de la gauche et du mouvement ouvrier des éléments qui expliquent cet effondrement final ainsi que les fourvoiements répétés du passé, en particulier les expériences désastreuses du « socialisme réel » ?

Issu des rangs de la gauche libertaire, Claude Berger avait déjà partiellement répondu à cette question dans les années 70 avec son ouvrage Marx, l’association, l’anti-Lénine où il reliait les échecs de la gauche à son incapacité à concevoir une critique efficace du salariat. Dans son nouvel opus, l’auteur va plus loin et associe cette inaptitude à dépasser le salariat avec l’antisémitisme matriciel des pères fondateurs du socialisme.

DE HESS À WALZER

« Les diatribes anti-juives […] d’un Proudhon ou d’un Marx expriment une orientation essentielle de la pensée occidentale » qui s’enracine dans la théologie chrétienne, écrivait Léon Poliakov. A sa suite, Claude Berger s’attache à montrer comment une christologie laïcisée fonde l’idéologie de la gauche. Ainsi la conception hégémonique du rôle de l’Église dans le catholicisme se retrouve-t-elle dans le socialisme sous la forme du recours au pouvoir transformateur d’un parti ou d’un État totalitaire. Ainsi le schéma paulinien du renversement (« les premiers seront les derniers »), sécularisé dans l’idée de lutte des classes, empêche-t-il de concevoir d’autre alternative au capitalisme privé que le capitalisme d’État et son corollaire, le salariat d’État, c’est-à-dire la conservation de l’ancien système avec de nouveaux maîtres.

Le socialisme naissant s’est emparé d’un autre héritage empoisonné : l’antijudaïsme chrétien, à peine travesti sous la forme de l’antisémitisme de gauche contempteur de la banque juive. Fidèle à la méthode socio-psychanalyste de Gérard Mendel, Claude Berger voit dans ce rejet du judaïsme le refoulement des valeurs juives en position de menacer le schéma idéologique principiel de la gauche. Et l’auteur de montrer que le judaïsme contient effectivement de fortes potentialités critiques du salariat d’État. Au recours à l’étatisme bureaucratique, il préfère l’institution élémentaire du minian, association volontaire et égalitaire de dix personnes réunies autour de valeurs communes. Au salarié, confondu avec l’esclave et le serf dans le langage talmudique sous le terme oved, le judaïsme oppose l’idéal du travailleur libre, aboutissement de la libération entamée à la sortie d’Égypte.

Claude Berger s’inscrit dans la lignée des penseurs du socialisme qui ont tenté de redresser l’idéologie de la gauche en la ressourçant au signe juif : de Moses Hess, qui reprochait à Karl Marx à la fois son antisémitisme et son abandon de l’idéal communautaire, à Michael Walzer, opposant l’universalisme abstrait de la gauche à l’universel de la révélation sinaïque, en passant par Paul Lafargue, critiquant le travaillisme au nom de l’idéal chabbatique, ou Ernst Bloch, dont le Principe Espérance consistait à nourrir de messianisme juif l’utilitarisme trop appuyé des penseurs de gauche.

Les militants juifs de gauche, déboussolés par l’hostilité présente — mais ont-ils finalement connu autre chose ? — de ce qu’ils considèrent comme leur camp politique naturel liront avec profit l’ouvrage stimulant de Claude Berger, qui participe à la refondation d’un socialisme original issu des sources juives.

Daniel Szeftel, L’Arche n°566, juin 2005

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