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Claude Berger : « Il est temps de questionner les motifs profonds des crimes de société »

by Claude Berger on mai 1, 2013

Entretien publié sur le site Culture Com 06 à l’occasion de la sortie de « Pourquoi l’antisémitisme ? ».

Pourquoi l'antisémitisme ?

Claude Berger, vous avez porté l’étoile jaune à l’âge de six ans et vécu caché pendant deux ans. Vous êtes l’auteur d’un livre intitulé « Pourquoi l’antisémitisme ? » (Les Editions de Paris, Max Chaleil). Existe-t-il des motifs rationnels à l’antisémitisme ?

CLAUDE BERGER : J’ai été caché deux années en compagnie des grands-parents dans une maison aux volets fermés dans l’attente d’une arrestation de nuit comme de jour. Je n’avais plus mes parents. Une question agite alors les condamnés : est-ce moi qui suscite ce désir d’extermination ou bien est-ce l’autre, le persécuteur, assisté de l’indifférent voire du consentant, qui projette sur moi ce désir ? Les Juifs étaient expulsés de France entre 1394 et 1791 (ils étaient admis en ghettos dans les terres papales), il n’y avait donc plus de Juifs à Paris sous Louis XIII, et pourtant on recherchait des Juifs à persécuter. On ne trouva que des chiffonniers et on les accusa d’être de la synagogue! Les Juifs étaient expulsés d’Angleterre depuis 1290, il n’y avait donc plus d’usuriers juifs et pourtant Shakespeare met en scène son Shylock , usurier cupide, en 1596, trois siècles plus tard alors que les Juifs ne sont réadmis qu’en 1656! En 1969 on assiste en France, à Orléans et dans d’autres villes à la naissance d’un mythe, celui de la disparition des femmes dans les magasins tenus par des Juifs. En 1946, à Kielce, en Pologne, une rumeur prend forme : les Juifs de retour d’Urss ont fait disparaître un enfant chrétien à des fins rituelles: bilan 42 Juifs assassinés, 80 blessés. L’antisémitisme ne prend pas appui sur des motifs rationnels. Il naît d’une matrice culturelle, chrétienne pour l’Europe, qui produit des fantasmes sans réalité.

Cette volonté d’exterminer le peuple juif existait-elle avant Hitler ?

C.B : Le vœu de la disparition de l’Antéchrist et donc des Juifs, figure dans les Epitres de Paul. Ces mêmes Epitres déclarent que le Juif est « ennemi du genre humain et ne plait point à Dieu » au même titre que l’acte de chair qui lui « ne plait point à Dieu ». Mais c’est après la première croisade, lorsque l’hégémonie religieuse façonne toute la société et qu’apparaît le marché du travail et la libre circulation des hommes et surtout des femmes, que les massacres commencent. A chaque croisade de nombreux massacres puis les accusations de crimes rituels, de profanations d’hosties et de complots par empoisonnements, par diffusion de la peste noire ou de la lèpre. « Les mauvais Juifs, on devrait les tuer comme des chiens » est-il écrit dans Le conte du Graal de Chrétien de Troyes, contemporain de la première croisade. Ce désir naît d’une religion de la mère et du fils qui assigne à l’acte de chair le rôle du péché et du diable au même titre que le Juif représentant du père terrestre interdit. « Vous avez en vous les désirs du père et votre père c’est le diable » est-il écrit dans l’Evangile selon Jean.

Cette matrice gère la sexualité, la reproduction, la filiation, le lien à la spiritualité. Elle formate l’inconscient des individus, elle agit de façon viscérale et non pas selon l’ordre d’un discours. Elle donne naissance à une équation à quatre termes : le Juif est à l’origine de la chute de l’humanité, il souille l’univers, il complote, il faut l’anéantir. Ce fantasme tel un brûlot va parcourir l’histoire en subissant diverses mutations. Il sera sécularisé par Voltaire et passera à droite chez les chrétiens germaniques et à gauche chez Marx, Proudhon, Bakounine, Fourier.

Hitler le transforme en fantasme final. Aux thèses des chrétiens germaniques, il ajoutera l’aryanisme et le nouvel idéal hégémonique d’Etat totalitaire qui prend le pas sur l’ancienne hégémonie religieuse.

Finalement, la Shoah ne serait-elle rien d’autre que l’aboutissement de centaines d’années de haine et de mépris comme l’ont démontré les historiens Jules Isaac et Léon Poliakov.

C.B : Absolument, mais en ayant conscience qu’avant la haine et le mépris, il y a la pulsion de mort de celui qui est, soit dans la frustration et l’obsession, soit dans la transgression du côté du péché coupable. On s’interroge sur les motifs des crimes individuels, il est temps de questionner les motifs profonds des crimes de société.

A l’heure où la bien-pensance assène l’idée de « la banalité du mal » pour ne traiter que du totalitarisme déshumanisant et de la participation de certains Juifs à leur propre extermination selon Arendt, il est bon de rappeler l’actualité de Léon Poliakov et de Jules Isaac. Les nazis ont assassiné pour une grande part « à l’ancienne », ce qui suppose la satisfaction et le plaisir du criminel. L’industrialisation par les gaz et la machine d’Etat n’est venue qu’après, sans rien ôter de ce plaisir, tout en le déculpabilisant davantage. C’est ce qu’avait bien compris Gershon Scholem en observant Eichmann lors de son procès et en critiquant les thèses réductrices de la philosophe.

Cette volonté d’extermination du peuple juif existe-t-elle encore en Occident bien que l’Eglise ait dé-diabolisé le peuple juif ?

C.B : Il est vrai que l’Eglise, après la seconde guerre mondiale, a pris conscience des effets criminogènes émanant du schéma originel et a mis en avant son discours d’amour d’autrui dont la filiation remonte aux Prophètes bibliques. Mais par ailleurs, on est passé de la société du péché à la société de l’individualisme consommateur et de la transgression d’autant qu’au même moment l’Islam se veut conquérant et vit son inquisition alors que se développe le marché du travail mondialisé. L’Eglise peut être tentée par un rapprochement œcuménique des discours spiritualistes et humanistes, ce qui n’exclut pas l’émergence de mouvements chrétiens radicaux prônant l’ancienne idéologie.

Par contre, c’est la sécularisation des quatre termes de l’équation de la matrice d’origine qui sont à craindre à gauche et à l’extrême gauche lorsqu’ils s’appliquent au pays des Juifs puis aux Juifs eux-mêmes. A la chute de l’humanité par l’introduction du change dont, au XIXe siècle, on accusait les Juifs, à la souillure « par le trafic », au « complot » international pour dominer le monde et à la nécessité de l’éradication, il suffira d’ajouter l’idéologie du « renversement » par laquelle les derniers seront les premiers. A l’égard d’Israël, cela donnera ceci : Israël est un Etat de trop comme les Juifs étaient un peuple de trop. Colonialiste, impérialiste, comploteur, bourreau du peuple palestinien tout comme il était autrefois bourreau du Christ. Ce canevas rend aveugle et complaisant face à l’islamisme.

Source : http://culture-com-06.over-blog.com/interview-de-claude-berger

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