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Pour l’abolition du salariat

Un recueil de textes, publié aux Editions Spartacus en 1976

La brochure «Pour l’abolition du salariat» comprend en première partie, une série d’articles parus dans «La Gueule Ouverte» (N° 122 et 123, Septembre 1976), en seconde partie un manifeste diffusé une première fois sous forme ronéotée en 1975 et épuisé depuis.

Ce texte résulte d’une volonté collective. Il a été discuté, contrôlé, amendé en groupe. Un groupe qui s’était constitué à la faveur des débats auxquels avait donné lieu la parution de l’ouvrage de Claude Berger «Marx, L’Association, l’Anti-Lénine, Vers l’abolition du salariat» (Payot, Petite Bibliothèque N° 238) en Avril 1974.

Le propos de ce groupe était et reste l’idée ambitieuse de fournir en quelque pages l’essentiel d’une méthode d’analyse radicalement critique de la société actuelle aux acteurs des luttes qui, dans nos sociétés, se laissent de moins en moins impliquer dans les stratégies d’appareils s’auto-intitulant «socialistes», «communistes» ou «révolutionnaires». Tous ces appareils dispensent en effet l’illusion qu’il faut conserver voire développer le capital… pour instaurer «le socialisme». Aussi font-ils des efforts guignolesques pour se transformer en «experts économiques» crédibles et en capitalistes d’Etat. Ils oublient «Tout simplement» qu’on ne peut instaurer le socialisme sans supprimer le capital, sans supprimer le salariat. Et là, il n’y a pas de moyen terme dans la rupture. On ne prétend pas que cette rupture puisse survenir du jour au lendemain. Elle même se prépare. Après elle, suit un long processus. Mais l’essentiel est avant tout de la concevoir dans notre quotidienneté, dans nos luttes : à partir d’elles.

Ce manifeste a donc pour but de préciser quelques points d’analyse oubliés par les propagandistes patentés du «socialisme». A savoir, que nous sommes dans une société de salariat. Que le salariat est de même nature que le servage ou l’esclavage. Que le socialisme véritable ne peut signifier que la suppression immédiate du salariat. Certes, les effets de cette suppression s’exerceront progressivement en vue de l’annulation complète de l’économie de marché, mais la rupture sera immédiate ou ne se fera jamais !

A ce propos, c’est bien en 1968, après les «événements» que la CGT raya l’abolition du salariat qui figurait encore dans ses statuts. Certes, ça n’y figurait qu’à titre de reliquat des temps lointains. Mais quand même ! A-t-on cru que ça pouvait donner des idées folles à des «masses» qui s’étaient révélées trop fugueuses?

(Catalogue Spartacus)