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Au commencement était l’Église

Extrait de « Pourquoi l’antisémitisme ? », p. 32-36

Pourquoi l'antisémitisme ?

Remonter le cours des mutations de l’antisémitisme. Ouvrir le dossier de l’avant et celui de l’après de l’extermination nazie. Comprendre que la solution finale hier et l’antisionisme aujourd’hui sont les aboutissements de neuf siècles d’antisémitisme dont la continuité est restée sans analyse.
Une histoire qui devrait être enseignée, suivie dans son cheminement et ses motivations.

Au commencement était l’Église.

Sous le règne de l’empereur Constantin (312-337), le catholicisme devient religion d’État. L’Église veut prouver « sa vérité ». Elle cherche à maintenir les Juifs dans le malheur pour les persuader qu’ils y sont à cause de leur « erreur », celle de ne pas avoir reconnu Jésus comme messie, pire, de l’avoir tué.

Il faut préciser un point : pour le judaïsme, le terme « messie » ne signifie pas fils de Dieu, mais celui qui rétablit le royaume de Juda. À l’époque, ce royaume venait d’être défait par les Romains après l’avoir été par les Grecs. Du temps de Jésus, selon Flavius Josèphe (qui ne l’évoque pas) il y aurait eu quatre faux messies. Deux qui croyaient au miracle et deux à la lutte armée pour rétablir le royaume. Tous furent tués par les Romains ; on en conclut donc qu’ils n’étaient pas des messies. Et pareillement pour Bar Kochba, le chef de la révolte de 132, à sa mort en 135 après trois années marquées par des victoires. L’espoir d’une restauration du royaume l’avait lui-même persuadé qu’il devait être un messie. Même Rabbi Akiba, un des maîtres du Talmud, le crut au vu de sa reconquête. Mais sa fin tragique signa la conclusion : il n’était pas le messie. D’autres postulèrent à ce titre, Sabataï Zevi à Amsterdam au XVIIe siècle et, plus tard, Jacob Frank, les deux sans succès.

L’Église catholique agissait donc selon deux axes. Sa vérité s’affirmerait par la démonstration de la chute du judaïsme et par la punition des Juifs. Et sinon, elle entendait les convertir. Telle était la politique de la nouvelle religion d’État. L’opposition de l’Église, et plus tard de l’Islam au judaïsme, n’était donc pas due seulement à la question d’une antériorité gênante du judaïsme ou à un manque originel dans chacune des religions qui serait à l’origine de leur désunion. La destruction de Jérusalem, la dispersion, l’exil malheureux, la persécution témoignaient du châtiment « nécessaire » des Juifs. Ce que soulignait saint Augustin dans son commentaire du psaume XVIII :

« Maintenant c’est fait : par toutes les nations ont été dispersés les Juifs, témoins de leur iniquité et de notre vérité. »

Entretenir le spectacle de la déchéance des Juifs « pervers » devait donc édifier les masses populaires et les convaincre de la vérité du catholicisme. De nombreux « pères » de l’Église ont participé à ce que Jules Isaac nommait « une lapidation morale » : saint Hilaire de Poitiers, saint Jérôme, saint Éphrem, saint Grégoire de Nysse, saint Ambroise, saint Épiphane, saint Cyrille de Jérusalem. Mais outre saint Augustin, une autre figure domine dans l’élaboration du mode de penser cohérent de la chrétienté et de la vindicte conséquente à l’égard des Juifs, il s’agit de saint Jean Chrysostome, nommé évêque d’Antioche en 386.

La vérité historique importait peu à ces pères de l’Église : les quatre cinquième des Juifs étaient déjà exilés hors de Judée à l’époque du Christ. Et ils y étaient encore présents en nombre après, puisqu’ils y fomentèrent deux révoltes, celle de 70 et celle précitée de 132, toutes deux écrasées par Rome.

Et puis les Juifs étaient également caricaturés afin d’être haïs pour les besoins d’une imagerie. C’est elle qui est à l’origine d’une véritable pulsion de mort à leur égard car elle mêle dans une même répugnance les Juifs « hostiles à Dieu et ennemis du genre humain » (Thessaloniciens 1,2) et l’acte de chair lui aussi décrété « hostile à Dieu » (Romains 8), les premiers étant supposés porteurs du second. Et cette équivalence des Juifs et de l’acte de chair répudié sera fondamentale (nous y reviendrons), car elle fera du Juif une émanation charnelle du diable. L’évêque d’Antioche ne ménage pas ses propos :

« N’oubliez pas que la synagogue est la demeure du démon, la citadelle du diable, le lieu de toute perdition… et non pas seulement la synagogue mais les âmes mêmes des Juifs. »

Les fêtes juives sont alors déclarées « prétextes à danses et à beuveries » réunissant dans la synagogue « des choeurs d’efféminés et de prostituées ».

Saint Augustin, moins violent que saint Chrysostome, évoque ainsi la mort de Jésus :

« Ils le ligotent, les Juifs,… ils le souillent de leurs crachats… ils fouillent sa chair de leurs lances. »

Le Juif, qu’il faut à tout prix séparer de la population – on va jusqu’à condamner à mort tout prosélytisme –, est alors dénoncé comme l’agent même de la souillure. C’est la naissance d’une obsession occidentale.

Une autre obsession naît dans la foulée et elle ressurgit périodiquement : la disparition nécessaire des Juifs par la conversion ou par l’exil. Saint Avit, à Clermont, tient le discours suivant :

« Je ne vous contrains pas par la force mais il ne doit y avoir qu’un seul troupeau. Si vous ne voulez pas en être, allez-vous-en d’ici ».

Saint Ferréol, à Uzès, fait de même, et Grégoire de Tours, dans son Histoire ecclésiastique des Francs, nous conte ces conversions unanimes qui ne furent pas si unanimes que cela :

« Il y en eut beaucoup dont l’eau sainte lava seulement le corps et non le coeur et qui, menteurs envers Dieu, retournèrent à leur infidélité première. »

Peu à peu, à mesure que l’Église et la papauté gagnent en influence, voire dominent l’autorité royale, le sort réservé aux Juifs s’aggrave. Une accalmie s’installe du milieu du VIIIe siècle au milieu du IXe. Les princes carolingiens, pourtant bons catholiques, s’écartent de la politique intolérante et persécutrice de l’Église d’Espagne et des rois wisigoths. Ils apprécient l’activité et la présence des Juifs, plus instruits et plus entreprenants que leurs sujets chrétiens, plus aptes aussi à l’ouverture commerciale vers l’Orient. Pépin, Charlemagne, et surtout son fils Louis Le Pieux, ouvrent une époque de tolérance et de mixité.

Cette politique de protection suscite de violentes réactions de l’Église. Agobard, évêque de Lyon, ne se satisfait ni de la tolérance populaire, ni de la tolérance royale. Il souhaite mener les Juifs « de l’infidélité à la foi ».

Une interdiction de baptiser les esclaves des Juifs sans l’autorisation de leur maître déclenche le conflit. Eberhard, le magistrat nommé du roi, protecteur des Juifs, et deux de ses commissaires prennent fait et cause pour les Juifs. Agobard en appelle à l’empereur. Il reprend les diatribes de saint Ambroise : les Juifs sont « la pire souillure qui soit » pour les chrétiens… « Antéchrists, fils du diable… impies et ennemis du Fils de Dieu… synagogue de Satan ». Et surtout, hantise du Juif charnel, il révèle ce qui inquiète l’abstinent au nom du Fils-Dieu, il révèle sa crainte de la présence charnelle du père sexué expulsé du modèle de l’immaculée conception :

« Beaucoup de femmes sont employées au service des Juifs comme domestiques ou comme ouvrières. Quelques-unes sont perverties, mais toutes sans distinction, sont prostituées pour satisfaire leurs caprices, assouvir leur passion… ; ces fils du diable les séduisent en déguisant leur haine et en leur prodiguant des caresses trompeuses. »

Souillure, impureté démoniaque, lubricité, permanence d’un complot visant à établir un royaume charnel opposé à la pureté de la religion du Fils-Dieu, nécessité de la disparition du peuple maudit : tous les ingrédients des antisémitismes ultérieurs sont déjà là. (Simple question pour une recherche de filiation : d’où sortaient donc ces affiches et ces BD de la propagande nazie et de celles de la « révolution nationale » du maréchal Pétain ? Elles portaient le titre: « Le Juif corrupteur » et on y voyait des Juifs répugnants s’approprier des femmes blondes et coquettes.)

Sept siècles, il a fallu sept siècles pour formater les individus, faire en sorte que ces discours de la chrétienté idéologique ne soient plus seulement des « paroles » mais structurent les individus, conditionnent leurs comportements, orientent leurs pulsions, leur libido, le cadre de leur reproduction et les poussent aux massacres des périodes suivantes, celles des Croisades.

Sur les fondements d’une telle matrice culturelle, peu modifiée à l’âge de raison, il faudra très peu d’années pour que le nazisme conditionne les investissements et les comportements de la majorité du peuple allemand en substituant le mot « race maudite » à celui de « religion du diable ». Très peu d’années pour qu’il emporte l’adhésion de la majorité au projet d’assassinat de plus de six millions de Juifs. Très peu d’années pour qu’il devienne un phénomène européen.

Passé l’an 1000, la morale et les règles de vie et de gestion de la sexualité et de la reproduction sont désormais dictées par l’Église. C’est l’heure de l’hégémonie religieuse. L’Église veut imposer son ordre à la féodalité et à la royauté. Hors de l’Église, une littérature porte la thématique chrétienne et avec elle le désir génocidaire : Grégoire de Tours (qui décède en 594) rapporte, dans son ouvrage De la gloire des martyrs, le récit du miracle « de l’enfant juif précipité dans les flammes » et sauvé par l’intervention de la Sainte Vierge. L’enfant, entraîné par ses camarades chrétiens dans la basilique de la Vierge Marie, a participé à la communion par le pain et le vin. Le père, furieux, le précipite dans les flammes d’un four. Les chrétiens accourus découvrent l’enfant indemne ; il raconte qu’il « a été protégé dans le four par la dame qu’il avait vue dans l’église et qui portait dans son sein le petit enfant Jésus ». L’enfant est converti et c’est le père qui est jeté au four et consumé ! Meurtre du père et célébration de l’amour de la mère vierge et du fils, tout est dit ici du schéma parental qui façonne la chrétienté et en son sein le désir de la fin des Juifs. Les Églises ouvrent un livre d’images. Le rituel et la musique invitent à la célébration de la spiritualité et à la communion avec le Seigneur, loin de toute tentation matérielle et charnelle. Refoulée, elle se libérera dans les expéditions guerrières, les Croisades, les pogroms, les mises à mort, les pillages, les viols.

A lire également :

Présentation de l’ouvrage
Le Juif et l’argent, p. 40-43
On devrait les tuer comme des chiens, p. 56-60

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3 comments

La culture juive et chrétienne sont pour moi dans une continuité totale et ont les mêmes racines.
Quel est le but de stigmatiser un passé d’incompréhension et de préjugés liés aux mentalités de l’époque et non à la réalité des textes qu’il s’agisse de la bible ou de l’évangile ?
On aurait bien mieux à faire aujourd’hui en essayant de se rapprocher et de s’unir sur la base de valeurs communes qui sont finalement fort nombreuses. Ca me semble être l’urgence du moment dans un monde où la spiritualité fait souvent défaut.

by tordjman on 6 avril 2013 at 4 h 17 min. #

Je suis Juif et j’ai eu l’expérience de l’antisemitisme quand j’etais un enfant. J’ai vécu dans une petite ville de l’état de New York aux côté d’enfants catholiques. On a joué ensemble jusque au moment où ces enfants ont commencé l’école catholique. Alors, ils m’ont demandé pourquoi j’avais tué Jésus. Je ne savais pas qui etait Jésus. J’ai demandé à mon père et il m’a dit « Jésus etait un voleur dans le temple ». Après cela, j’ai decidé que la religion n’etait pas pour moi.

by Cyril Robinson on 17 avril 2013 at 7 h 00 min. #

[…] Présentation de l’ouvrage Le Juif et l’argent, p. 40-43 […]

by Claude Berger : « Il est temps de questionner les motifs profonds des crimes de société. » « Le blog de Claude Berger on 29 mai 2013 at 11 h 36 min. #

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