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Le Juif et l’argent

Extrait de « Pourquoi l’antisémitisme ? », p. 40-43

Pourquoi l'antisémitisme ?

Il peut paraître opportun d’affirmer que la pratique de l’usure à laquelle les Juifs étaient le plus souvent contraints, fut pour beaucoup dans la haine qui leur était manifestée. Cela est inexact. Non pas que la tentation d’annuler des dettes ne rentrât jamais en ligne de compte dans les motifs de persécution des prêteurs à gages, ni qu’une colère contre un usurier exigeant ne puisse se transformer en haine mais l’antisémitisme chrétien existait avant et il exista après, alors que l’usure pratiquée par les Juifs cessa pratiquement à la fin du XIIIe siècle, remplacée par celle des Lombards et des Cahorsins venus d’Italie après leur départ de la ville de Cahors.

Non, le mythe de « l’usurier juif », associé à ceux du « Juif errant », du « meurtre rituel », de l’appartenance à une espèce démoniaque versée dans la lubricité et le vice, se met en place au Moyen Âge.

Le mythe du « Juif et de l’argent », entre le XIe et le XIIIe siècle, relève à la fois du religieux et du statut des Juifs au sein de la société féodale. L’Évangile selon Saint-Matthieu retrace la trahison de Judas pour « trente pièces d’argent » qui précède l’arrestation de Jésus. Tenus pour responsables du comportement de Judas, les Juifs sont qualifiés de « peuple déicide ». Les termes Juif et Judas ont la même racine. Judas désigne le traître, le fourbe, le dénonciateur pour de l’argent. L’Église par ailleurs condamne le commerce de l’argent et assimile l’usure à une hérésie lors du quatrième Concile de Latran. Les Juifs, assurant alors une des rares professions qu’ils peuvent encore exercer dans cette société féodale, deviennent « le peuple des Judas ».

La caricature du Juif-Judas, assoiffé d’argent, de sang chrétien et de femmes « indigènes » illustre la théologie chrétienne. La première caricature relative au thème du Juif et de l’argent, apparaît en 1233 en Angleterre. Dans la réalité économique, les choses se passent différemment. La société féodale n’offre pratiquement aucun débouché au non-chrétien. Le Juif ne peut être soldat et il ne peut posséder de la terre, sauf exceptions temporaires : on se souviendra que Rachi, commentateur incontournable de la Bible, qui fut rabbin à Troyes au XIe siècle, était aussi vigneron. Mais la quasi-totalité du commerce est entre les mains des guildes marchandes qui exigeaient le serment sur les Évangiles. En Angleterre, les Juifs sont considérés comme étant propriété du roi qui leur doit protection moyennant finances : ils sont collecteurs de fonds et prêteurs sur gages à son service. Dans le reste de l’Europe de l’Ouest, ils assureront cette fonction de prêteurs et pratiqueront le petit commerce qui échappait aux Guildes, celui des épices et des produits d’Orient. Cette économie était alors une économie d’usage et non pas une économie d’échange.

L’évolution échangiste de l’économie médiévale s’avéra fatale pour les positions des Juifs dans le commerce, basées sur l’état arriéré de la production.

De même, leur prêt à intérêt n’était pas celui nécessaire au développement de manufactures et du capitalisme industriel. C’était un crédit à la consommation pour des populations rurales pauvres ou pour des nobles endettés et dépensiers. Dès qu’il y eut un développement des villes et de l’industrie corporative, ils furent évincés des positions économiques qu’ils occupaient. Quant au crédit nécessaire aux bourgeois des villes regroupés, ce furent les Lombards et les Cahorsins qui l’assurèrent.

Cette nécessité d’un crédit à la consommation ayant disparu, les Juifs, devenus inutiles, furent chassés des pays, l’un après l’autre, le premier pays à décréter l’expulsion étant l’Angleterre.

Mais preuve que c’est la théologie en dernière instance qui décidait, la caricature antisémite perdurait après leur départ. Le Shylock du marchand de Venise date de 1596, alors que la réadmission des Juifs a lieu en 1656, l’expulsion datant de 1290. Ce phénomène d’antisémitisme sans juifs montre bien encore une fois qu’il s’agit d’une projection idéologique et non d’une réaction fondée sur une réalité. En 1969 et les années suivantes, on assista en France à la naissance d’un autre mythe anti-juif, la disparition des femmes à des fins de prostitution dans des magasins de vêtements tenus par des Juifs, ce fut la rumeur d’Orléans, rumeur qui se propagea dans d’autres villes de province dont Amiens. C’était au XXe siècle, après la fin de la guerre ! Le mythe du Juif prédateur sexuel des femmes coexiste toujours avec le mythe du Juif prédateur d’argent.

Le rôle des Juifs expulsés, dans la pratique de l’usure, sauf en Allemagne et en Italie, est donc bien moindre que ne dit la légende. La concurrence de la part des Lombards et des Cahorsins leur fut fatale même si la population les réclama lorsqu’ils furent chassés de Paris à l’avantage des Italiens, autre preuve que ce n’était pas l’usure qui motivait la haine d’autant qu’on ne connait point d’anti- « lombardisme » éternel! Le même scénario s’est reproduit dans les pays de l’Est, Pologne et Russie, où l’économie était arriérée. Appelés par les princes polonais alors qu’ils fuyaient les persécutions en Allemagne, les Juifs outre l’usure, firent fonction d’intermédiaires entre les nobles et la paysannerie et jouirent d’une plus grande liberté dans le choix des professions : intendants, petit commerce, perception des impôts, vente de sel et d’alcool notamment. Mais ce rôle d’intermédiaire entre la noblesse et la paysannerie les rendit particulièrement vulnérables pendant les périodes de difficultés économiques. La Contre-Réforme déclenchera des persécutions à la fois contre les protestants et des flambées de violence contre les juifs.

Enfin la naissance de l’imagerie du Juif usurier et prédateur s’accompagnera d’une autre naissance, celle du Juif errant misérable, colporteur et vendeur de fripes. C’est l’autre versant de la condition juive, la misère. Mais la haine « théologique » délaissera cette image au profit de celle du Juif usurier qu’elle préféra reproduire.

L’association du Juif à l’usure et à l’argent n’émane pas d’une activité réelle, même si une minorité de Juifs parmi la masse des Juifs restés pauvres a joué plus tard un rôle important dans le développement de la société capitaliste. Après la Réforme, le protestantisme, Calvin le premier, a accepté le prêt à intérêt et la Banque protestante a aussi favorisé ce développement sans qu’on assiste à un « anti-protestantisme » éternel. Non, c’est la mythologie chrétienne née des Épitres de Paul qui exige que le Juif soit à la fois une souillure et un comploteur opposé à l’avènement d’un monde pur et tout à la fois l’ennemi du genre humain. L’idéal chrétien veut la pureté et l’eucharistie et sa mythologie réclame l’illustration d’une imagerie qui est déjà dans la tête. Le Juif sera donc caricaturé sous la forme d’un prédateur lubrique. Il est tantôt assoiffé de sang et tantôt d’argent. Il a le nez crochu, la tignasse noirâtre et les mains baladeuses sur le train de femmes plutôt blondes et vénales. Au XXe siècle, ces caricatures seront diffusées en cartes postales et constitueront un véritable phénomène d’édition mais aussi une véritable anthologie des thèmes antisémites colportés durant deux millénaires !*

La méthode de Léon Poliakov pour déchiffrer les antisémitismes est donc plus que jamais d’actualité : « Nous disons pourquoi la notion d’« antisémitisme économique » nous paraît dénuée d’une réelle valeur explicative, dans un domaine où c’est à la théologie qu’à nos yeux revient le rôle primordial (celui d’une « infrastructure », si l’on veut).

A lire également :

Présentation de l’ouvrage
Au commencement était l’Église
, p. 32-36
On devrait les tuer comme des chiens, p. 56-60

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One comment

[…] de l’ouvrage Le Juif et l’argent, p. […]

by Claude Berger : « Il est temps de questionner les motifs profonds des crimes de société. » « Le blog de Claude Berger on 29 mai 2013 at 11 h 35 min. #

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