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« On devrait les tuer comme des chiens »

Extrait de « Pourquoi l’antisémitisme ? », p.56-60

Pourquoi l'antisémitisme ?

« Il vit les péchés dont le monde est entravé et sali et à cause d’eux se fit homme. C’est vérité qu’il fut Dieu et homme, que la Vierge enfanta un fils conçu par le Saint-Esprit. Dieu en reçut notre sang et notre chair. Ainsi sa divinité fut recouverte de chair d’homme… Il est né de Dame Vierge et prit la forme et l’âme d’un homme avec sa sainte divinité. En un tel jour, par vérité, fut mis en croix et sortit ses amis de l’Enfer. Cette mort fut très sainte qui sauva les vifs et les morts en les faisant passer de mort à vie. Les mauvais juifs dans leur haine – on devrait les tuer comme des chiens – firent leur mal et notre bien quand ils le mirent en croix. »

Ce texte, de 1182, est extrait du Roman du Graal de Chrétien de Troyes. Il exprime sans détours le désir de génocide des Juifs. Le fait n’est pas anodin, il est contemporain des terribles massacres commis pendant les Croisades.

Mais il découvre, dans le même temps, le lien entre les thèmes fondateurs du christianisme qui figurent dans les Épitres de Paul, le véritable inventeur de la religion, et le désir de meurtre des Juifs. Dieu fait homme en la personne de Jésus pour sauver la terre de ses péchés, mère vierge et « immaculée conception » par le Saint-Esprit, Juifs haineux et assassins. Sang et chair de Jésus objets de la communion entre le pécheur et le Sauveur et le souhait de l’élimination des Juifs.

L’obsession de « tuer les Juifs comme des chiens » a donc pris forme. Le désir était certes tapi dans l’inconscient de l’Occident depuis les origines de la chrétienté mais il ne s’était pas affirmé aussi directement et surtout, il ne s’était pas traduit en actes. Le passage à l’acte se fait donc au XIe siècle lors de la première croisade.

De tout désir de mort, il faut en saisir non pas la raison mais la déraison pour en fouiller les abysses. Cela vaut pour la mise à mort des Juifs. On s’attache à rechercher les motifs des pulsions de mort pour les crimes individuels. On doit effectuer une même recherche pour les crimes de société.

Le secret repose dans les Épitres auxquels fait référence Chrétien de Troyes. Ce qui frappe, c’est l’équivalence du statut de la chair et du statut des Juifs. Les Juifs sont déclarés « ennemis du genre humain et hostiles à Dieu » tout comme l’acte de chair lui aussi est décrété « hostile à Dieu ». Un même vocable les désigne et leur confère une équivalence dans le mal. Pour ce qui concerne les Juifs, il est dit :

« Eux qui ont mis à mort Jésus, le Seigneur, et les prophètes, qui nous ont persécutés, qui ne plaisent pas à Dieu, qui sont les ennemis du genre humain, qui nous empêchent de prêcher aux païens pour les sauver. Ainsi comblent-ils la mesure de leurs péchés ; mais la colère a fondu sur eux pour toujours » (Thessaloniciens, I, 2).

Les termes qui désignent l’acte de chair sont, quant à eux, identiques :

« Or les désirs de la chair, c’est la mort ; les désirs de l’esprit, c’est la vie et la paix. Voilà pourquoi les désirs de la chair sont hostiles à Dieu…Ceux qui sont dans la chair ne peuvent donc plaire à Dieu » (Romains, 8).

Il s’ensuit que l’acte de chair est à fuir absolument afin de vivre dans « la pureté » et la fusion avec le Seigneur issu d’une Immaculée conception :

« Ne savez-vous pas que vos corps sont des membres du Christ ?… Fuyez la fornication » (Corinthiens, 6).

Le tabou sur le sexe a pour pendant le tabou sur les Juifs. L’un et les autres sont décrétés intolérables. L’un et les autres sont des émanations du diable. Le tabou sur le sexe est aussi muté en péché originel :

« Par un seul homme, le péché est entré dans le monde et par le péché la mort a envahi tous les hommes […] Il n’y a pas de distinction, tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu et tous sont justifiés gratuitement par sa grâce en vertu de la rédemption qui est dans le Christ Jésus, que Dieu a établi moyen de propitiation par son sang grâce à la foi » (Romains, 5).

Chaque être humain doit donc se sauver du pêché originel, réédité dans l’acte de chair, par l’eucharistie et surtout s’abstenir, même pour un couple dûment marié… Par « concession » et non « par ordre», il est accepté que femme et mari s’acquittent de leur devoir mais

« de peur que Satan ne profite pour vous tenter de votre incontinence » (Corinthiens 1,7).

L’acte de chair a quelque chose à voir avec le diable au même titre que les Juifs. Manger le corps et boire le sang du Christ, fusionner dans son être peuvent seuls assurer le salut céleste. Le Christ, seul ayant été conçu dans la pureté hors du péché avant de se retrouver victime des Juifs diaboliques. Mais cette mort provoquée permet ainsi l’expiation de la faute devenue celle du monde entier.

Quelle faute ? Le péché originel, l’acte de chair – soi-disant défendu – commis par Adam et Ève ! Dans le texte biblique, c’est l’arbre de la connaissance que Dieu interdit et c’est le serpent qui en donne la raison : afin de ne pas prétendre à l’immortalité et à la volonté de puissance tyrannique, sinon vous seriez comme des dieux! Dès que le couple sort du jardin d’Eden, il est dit « qu’ils se connurent », ce qui veut dire en hébreu, qu’ils consomment l’acte ! Le psychanalyste Éric Fromm en a donné un excellent commentaire dans un ouvrage intitulé Vous serez comme des dieux.

Le choix alternatif proposé par le catholicisme est donc réduit : soit on tombe avec l’acte de chair du côté de Satan et de ses suppôts juifs, soit on se sauve par l’eucharistie. Le péché originel et l’obligation de l’eucharistie seront alors les fondements exclusifs de cette vision totalitaire. C’est là un cadre exclusif qui ne peut s’accommoder d’aucune autre interprétation de l’univers et de l’existence. Que l’on veuille bien distinguer ici la parole attribuée à Jésus dans les Évangiles, une parole paisible qui recommande de prêcher vers les brebis perdues de la maison d’Israël et de ne pas aller « vers les païens » (Matthieu, 10) et celle de Paul de Tarse. La parole de Jésus s’inscrit pour l’essentiel dans la continuité avec celles du Lévitique ou du prophète Isaïe.

L’heure finale du Jugement dernier et le retour du Dieu-Messie sur terre ne surviendront qu’après l’élimination de l’Antéchrist : les Juifs qui persistent dans la chair et qui « ont mis à mort Jésus », qui « ne plaisent point à Dieu » et qui sont « ennemis du genre humain ».

Le verset qui prédit l’élimination ne comporte, on l’a vu, aucune ambiguïté :

« Que seulement disparaisse celui qui fait obstacle, et alors se révèlera l’impie que le Seigneur détruira du souffle de sa bouche et anéantira de l’éclat de son Avènement » (Thessaloniciens, II, 2).

En associant le dogme de l’immaculée conception du Fils-Dieu et celui de la mère vierge au tabou sur les Juifs et sur l’acte de chair, on obtient une «équation mystérieuse».

Elle comporte quatre termes.

L’absence d’acte de chair et de semence pour la conception de Jésus raconte une disparition du père terrestre, c’est-à-dire, en fait, un meurtre symbolique du père. La virginité de la mère et la pureté du Fils projettent à l’origine, un amour incestueux du couple. Pour être viable, hors de l’interdit, il doit être vécu au ciel dans la pureté idéale.

De là, l’interdit sur l’acte de chair « hostile à Dieu », péché originel, péché de la chute de l’humanité. De là encore l’importance accordée à la vie céleste. L’ordre terrestre y est inversé sans que rien ne soit changé de l’ordre injuste sur terre. Les derniers y sont décrétés les premiers et les pécheurs sont promis à l’enfer :

« Esclaves, ne vous révoltez point, restez dans l’état où le Seigneur vous a mis ! » (Corinthiens, I, 7, 20) « Car l’esclave qui a été appelé dans le Seigneur est un affranchi du Seigneur, de même l’homme libre qui a été appelé est un esclave du Christ » (Corinthiens, 1, 7, 22).

On assiste ici à la naissance de l’idéologie du « renversement » que l’on retrouvera à l’époque moderne sous des formes sécularisées chez les théoriciens antisémites du socialisme, l’ordre radieux de la dictature des prolétaires et de la justice remplaçant l’ordre injuste des bourgeois.

Cette projection du couple incestueux purifié au ciel, implique alors le rejet et le désir de la mort du Juif, gardien de la puissance sexuée du père terrestre, témoin de son meurtre symbolique, fidèle à la religion des pères.

Le Juif dérange l’idylle originelle de la Vierge et du Fils-Dieu. Il suscite de la culpabilité. Il doit disparaître. La vraie vie se déroulera au ciel. Le statut de la sexualité ou bien contrainte et chaste, ou bien satanique, suscite de la culpabilité liée à la transgression ou une jalousie morbide devant le Juif et son « mystère ». Une pulsion de mort contre le Juif en naît : « On devrait les tuer comme des chiens. » Symbole du fantôme du Père et témoin de son éviction pour la naissance du fils-Dieu, le Juif, prend alors l’aspect de sa semence paternelle inutilisée à l’air libre, hors du ventre de la mère vierge.

Il est visqueux, sale, en un mot : une souillure.

Et il complote par traîtrise, tout comme Judas, pour rétablir le pouvoir du père évincé : « Vous avez, vous, le diable pour père, et ce sont les désirs de votre père que vous voulez accomplir », dit l’Évangile selon Jean à l’égard des Juifs. C’est écrit sans détours ! Le désir de génocide des Juifs ne vient pas d’ailleurs. Il est tapi là, dans l’inconscient culturel de l’Europe. Il lui a fallu certaines conditions pour qu’il se traduise en actes à l’époque des Croisades. Il a dû subir certaines mutations pour qu’il ressurgisse de façon planifiée sous la coupe de l’État au XXe siècle et c’est à cette étude que l’Occident doit se livrer pour exorciser ses penchants criminels.

Le chrétien, même lorsqu’il transgresse l’interdit – et l’histoire des moeurs est celle, permanente, de ses transgressions – est, soit dans la mauvaise conscience, soit dans la contrainte et la fusion mystique. Le Juif, lui, vit une autre vie. Il ne place pas la frontière du bien et du mal au même endroit. Il est pour ainsi dire « naturel » de se soulager contre lui et de le faire disparaître. La vraie vie de toute façon se déroulera au ciel, cette mort du Juif n’étant que justice.

Le Juif est donc toujours gros d’un mystère, celui de la sexualité paternelle et humaine refoulée. Par sa seule présence « étrangère », il est une injure permanente à l’imagerie de la mère immaculée et du Fils, aux référents parentaux de l’origine du monde chrétien « normal ». Shakespeare, fin analyste de l’antisémitisme, avait fort bien compris le problème lorsque, dans Le marchand de Venise, Solanio, apercevant Shylock et Tubal , s’écrie :

« En voici un autre de la tribu ! On n’en trouverait pas un troisième de leur trempe, à moins que le diable lui-même ne se fît juif ! »

A lire également :

Présentation de l’ouvrage
Le Juif et l’argent, p. 40-43
Au commencement était l’Église, p. 32-36

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